Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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OAXACA : Message de la IIIe Rencontre contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

jeudi 25 juin 2015

Près d’une vingtaine de collectifs se sont réunis pendant deux jours à Oaxaca s’efforçant de partager, réfléchir, écouter, comprendre et de s’entendre entre ceux qui continuent dans la lutte contre l’emprisonnement politique et pour la liberté de nos compagnon-ne-s.

[Voir Présentation des personnes arrêtées et des collectifs participants à cette rencontre : https://liberonsles.wordpress.com/2... ]

Aux environs de midi Alvaro Sebastián Ramírez, une fois de plus, a rompu l’enfermement en déclarant de façon directe l’ouverture de ces journées de travail. Et y compris depuis les territoires de Ricardo Flores Magón les familles et compagnon-ne-s de Abraham Cortés, Luis Fernando Sotelo, Juan Antonio Gómez, Silvano, Mario Aguilar Silvano,Roberto Gómez Hernández, Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez,Esteban Gómez Jimenez, Fernando Jiménez, Lorenzo Sánchez Berriozábal, Librado Baños y Miguel Peralta Betanzos, ont transmis à chacun d’entre nous leur ténacité.

Fernando Bárcenas et Rómulo Arias Mireles sont arrivés à la rencontre par leurs écrits rédigés de leurs propres mains. Les voix claires et dignes de Alejandro Díaz Sántiz, Mario Luna Romero et Álvaro Sebastián Ramírez ont raisonné pour rappeler que cette lutte n’est pas pour les prisonniers et prisonnières, mais avec eux et elles, ils ont réaffirmé que ce sont nos compagnonnes et compagnons actuellement otages du pouvoir qui sont la colonne vertébrale de toutes les actions et initiatives.

Nous avons à nouveau écouté avec douleur et rage que l’appareil répressif du capital connu sous le nom d’État continue d’engendrer des pratiques, des discours et des ordres proférés par sa voix génocide. C’est en s’abritant derrière ce mur qu’il se permet de poursuivre les détentions de jeunes et d’étudiants qui ont le seul tort d’exprimer leur ras le bol de ce système d’extermination ; les emprisonnements d’indigènes par le biais de mensonges fabriqués de toutes pièces ne sont pas des irrégularités, ils sont l’expression raciste contre leur langue et leur culture pour favoriser les grandes entreprises qui cherchent à transformer la terre et le territoire en une marchandise ; l’expression de leur classe se traduit par le coût exorbitant de ce qu’ils osent appeler « cautions » et qui ne sont qu’une extorsion abjecte par des voleurs de petite envergure ; en toute impunité et démontrant que leurs lois ne servent qu’à maintenir une fiction qu’ils cherchent à présenter comme réalité, les directeurs des maisons d’arrêt agissent comme de parfaits tyrans en empêchant les rencontres entre compagnon-ne-s de lutte ; dans ces centres d’extermination, la culture patriarcale adoptée par le capitalisme est manifeste, se livrant à toutes sortes de vexations contre les femmes lors des fouilles à l’entrée ; de leur côté les soit-disant « juges » ne sont rien d’autre que les nouveaux bouffons d’une cour commandée par les seigneurs de la potence et du couteau.

En résumé, nous réaffirmons que la répression est le rouage le plus ignoble et obscur du système capitaliste, qu’il s’agit toujours de la même réponse donnée lors des actions qui se sont opposées à d’autres grands mensonges du cirque pathétique appelé « démocratie », dans les états du Guerrero et d’Oaxaca. Nous le disons haut et clair, ce n’est pas notre chemin, devant les fausses alternatives, notre option sera toujours celle de l’organisation en bas et à gauche et en marge de toute institution de l’État et du pouvoir financier.

Face à cette tourmente, les murs des prisons se fissurent, avec l’enthousiasme dans le cœur nous voulons vous faire partager notre connaissance d’expériences qui se livrent depuis les tranchées de la prison. Elles sont nombreuses et les fissures variées, nous en trouvons certaines dans les coordinations internes des prisonnier-e-s ; dans la construction de bibliothèques ; dans l’élaboration de journaux et d’articles d’opinion ; par la participation à des forums, des rencontres, des festivals et des tables rondes, par le biais d’appels téléphoniques et de messages écrits ; par l’enregistrement de messages-vidéos ; de fait, la stratégie d’isolement du pouvoir est mise en échec par les nombreuses tactiques que les prisonnier-e-s ont développé avec créativité et dignité.

Bien des réflexions sont restées en suspens et dans le cœur, mais nous réaffirmons que notre lutte est contre toute forme d’oppression, qu’accompagner ne signifie pas se substituer, que ce qui est important ce n’est pas s’emparer de l’outil juridique mais de s’en servir comme d’un burin pour mettre à nu la mesquinerie procédurière ; que l’échange d’idées et de concepts n’est pas synonyme d’homogénéisation conceptuelle, que nous ne luttons pas pour les prisonnier-e-s mais à leurs côtés.

Tout ce flot de sentiments a été alimenté par les messages envoyés par nos compagnonn@s de l’Europe sociale, nous accusons réception de leurs paroles et de leurs encouragements. Compagnons et compagnonnes de la Confédération Générale du travail (CGT) de l’État espagnol et Les trois passants de France, sachez que vos pas nous accompagnent et nous remplissent de force et de joie, recevez de notre part et pour chacun d’entre vous une forte accolade et continuons à faire de la solidarité un des actes les plus merveilleux qui puisse exister entre compagnon@s, frères et sœurs.

C’est ainsi, nous apportons et emportons nombre de « on doit » et de tâches à accomplir, nous n’en ferons pas l’inventaire point par point, convaincus que nous sommes, que la plus grande expression de la solidarité ne réside pas dans les mots d’ordres et dans les longues listes, mais dans les faits quotidiens, comme l’a toujours été et le sera toujours ce vertigineux chemin vers la liberté.

Nous sommes conscients qu’il nous reste encore beaucoup à apprendre et à marcher, pour cela, nous continuons à déclarer que la lutte contre la prison et pour la liberté nous la construisons nuit et jour, à partir de toutes les formes possibles, moyens et temps de chacun, gardant toujours comme principal repère éthique pour agir, le compagnon, la compagnonne prisonnière, sachant qu’ils ne sont ni des victimes ni des héros, mais tout simplement des compas qui ne se vendent pas, qui ne se rendent pas, qui n’abandonnent pas. Parce que comme l’a déclaré Álvaro Sebastián Ramírez : « Lutter contre la prison c’est lutter contre l’extermination »

Liberté pour Abraham Cortés ! Liberté pour Alejandro Díaz Sántiz ! Liberté pour Álvaro Sebastián Ramírez ! Liberté pour Emilio Jimenez Gomez ! Liberté pour Esteban Gómez Jimenez ! Liberté pour Fernando Jiménez ! Liberté pour Juan Antonio Gómez Silvano ! Liberté pour Librado Baños ! Liberté pour Lorenzo Sánchez Berriozábal ! Liberté pour Luis Fernando Sotelo ! Liberté pour Mario Aguilar Silvano ! Liberté pour Mario Luna Romero ! Liberté pour Miguel Peralta Betanzos ! Liberté pour Roberto Gómez Hernández ! Liberté pour Santiago Moreno Perez !

A bas les murs de toutes les prisons ! Prisonnier-e-s dans la rue !

Liberté pour les prisonnier-e-s politiques !

Contre le pillage et la répression : Solidarité !

Réseau contre la répression et pour la Solidarité (RvsR)

Traduction Amparo Source : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/...

P.-S.

Voir Présentation des personnes arrêtées et des collectifs participants à cette rencontre : https://liberonsles.wordpress.com/2...

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