Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Soutien de l’EZLN et du CNI à Xochicuautla

lundi 3 août 2015

Aux peuples du Mexique et du monde

A la Sexta nationale et internationale

A la communauté indigène ñatho de San Francisco Xochicuautla

En réaction à la digne lutte menée depuis huit ans par la digne communauté de San Francisco Xochicuautla contre le projet d’autoroute payante Toluca-Naucalpan, qui se base sur la destruction de leur forêt sacrée pour connecter les zones de luxe du quartier résidentiel d’Interlomas [banlieue riche à l’ouest de la capitale] à l’aéroport de Toluca, le mauvais gouvernement, représenté par l’assassin Enrique Peña Nieto, a signé un décret d’expropriation par lequel il prétend s’emparer du territoire communal de San Francisco Xochicuautla.

Au fil des ans, nous avons vu à quels intérêts répondent les mauvais gouvernements, vu que leurs forces de sécurité escortent les engins de chantier d’Autovan, filiale du groupe Higa, qui serait chargée de mettre en œuvre la destruction de la forêt ñätho. Grâce à ce décret d’expropriation, ils croient qu’ils pourront imposer la spoliation et la destruction.

Aujourd’hui, nous leur disons que nous savons bien que le mauvais gouvernement a toujours écrasé nos droits en tant que peuples indigènes, qu’il nous méprisent, et que dans toutes les parties du Mexique, le mauvais gouvernement débarque et y impose des projets mortifères. Mais à Xochicuautla, il n’y arrivera pas.

La communauté a mené une lutte légale auprès de différents tribunaux et instances du mauvais gouvernement mexicain, mais la majorité ont démontré leur partialité en protégeant les puissants.

Nous, nous savons bien que San Francisco Xochicuautla a défendu son territoire par le passé et continuera à le défendre, et que, de plus, la communauté a accompagné de nombreux villages et communautés dans leurs luttes respectives.

C’est la raison pour laquelle aujourd’hui, nous lançons un appel aux peuples du Mexique et du monde et aux frères et sœurs de la Sexta nationale et internationale, afin d’être attentifs à ce qui pourrait se passer par le futur par rapport à la lutte menée par la communauté de San Francisco Xochicuautla.

A la communauté de San Francisco Xochicuautla, nous faisons savoir que vous n’êtes pas seuls, dans cette marche qui est la nôtre pour la résistance des peuples indigènes.

Bien à vous.

Jamais plus un Mexique sans nous

Congrès National Indigène

Démocratie, Liberté et Justice

Armée Zapatiste de Libération Nationale

Juillet 2015

source du communiqué : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/...

— -

Communiqué de Xochicuautla, le 15 juillet 2015 dernier

Juillet 2015.

Au peuple du Mexique.

A la société civile nationale et internationale.

Au Congrès National Indigène.

A la Sexta nationale et internationale.

Aux médias.

A l’Armée Zapatiste de Libération Nationale.

Nous, femmes et hommes otomíes ñathos de la communauté indigène de San Francisco Xochicuautla, face à la décision du Président Enrique Peña Nieto d’exproprier une partie de notre territoire, venons apporter la parole de notre peuple, la parole des indigènes et paysans que nous sommes.

Après huit ans de préjudices, de violations constantes à nos droits humains, de violations à nos droits indigènes, de violations à notre droit à l’alimentation du fait de la destruction de nos récoltes, et de violations et de préjudices aux droits des enfants,

Ce 9 juillet, le président Enrique Peña Nieto a émis un décret d’expropriation affectant les biens communaux de notre communauté, nous spoliant de nos terres cultivables et principalement de nos forêts.

Nous voulons signifier au Président que la réponse à l’émission de ce décret de la part de notre communauté en résistance est la même que durant ces huit années d’opposition à ce projet d’autoroute qu’on nous impose aujourd’hui par la force de l’exécutif. Notre réponse est un NON définitif. NOUS NE PERMETTRONS PAS que soit entériné cet acte de spoliation, et nous maintiendrons vive la résistance au projet mortifère et déprédateur que constitue la construction de l’autoroute privée Toluca – Naucalpan.

Deuxièmement. Le décret d’expropriation ment délibérément. Ni notre peuple otomi, ni notre communauté n’ont fait l’objet de consultations suivant les normes obligatoires de consultation des peuples originaires et indigènes, ce qui constitue de fait une violation des conventions internationales en matière de droits indigènes dont le Mexique est signataire.

Apparemment, le gouvernement fédéral ne sait pas et ne comprend pas que nous, les peuples indigènes, nous ne sommes pas seulement des paysans, et confond la notification aux structures de gestion agraire avec notre existence en tant que peuples indigènes, qui n’avons pas même été consultés, méprisant ainsi nos autorités indigènes fonctionnant selon les us et coutumes, et ignorant nos droits en tant qu’indigènes que nous sommes.

Le décret omet évidemment de préciser que notre résistance avait gagné un recours annulant toute autorisation communale antérieure autorisant la mise en place de ce projet, au vu de la non-participation du village et de son caractère manipulateur et illégal. Ce décret présidentiel se fonde sur une autorisation irrégulière, qui avait été désavouée au niveau légal.

Troisièmement. Le décret d’expropriation se contredit lui-même, et reconnaît que l’expropriation a lieu alors que les engins de construction et l’entreprise sont déjà sur place, occupant notre territoire. C’est-à-dire que le président lui-même reconnaît qu’a d’abord eu lieu l’occupation par la force, et que ce n’est que postérieurement que fut décidé la légalisation d’une occupation illégale.

Mais là où il n’y a pas mensonge, c’est au sujet de la soi-disant « utilité publique » du projet, car comme toujours, les puissants confondent marché et bien—vivre, appelant développement la déprédation, et progrès la destruction de nos peuples. A travers l’invasion de nos territoires, ils détruisent nos forêts et notre culture.

En nous spoliant de nos terres, ils renforcent notre pauvreté, annihilant une forme de vie qu’évidemment ils ne comprennent ni ne respectent pas, nous obligeant à devoir travailler dans la mégalopole urbaine.

Cette spoliation, cette destruction, cet appauvrissement et cette annihilation, eux appellent cela les politiques de développement. Nous autres connaissons leurs noms de toujours : colonisation, écocide, ethnocide et violations de nos droits.

Quatrièmement : notre voix qui se lève n’est qu’une résistance parmi de nombreuses autres. Dans tout le Mexique, les gens luttent en défense de la terre, du territoire et des biens communs naturels que sont les forêts, les rivières, les lacs, les forêts tropicales et les mers.

Notre mouvement, tout comme celui des yaquis et de beaucoup d’autres frères, continuera à résister. Notre communauté, tout comme celle des paysans de La Parota, continuera à lutter. Notre peuple, tout comme l’ont fait nos ancêtres depuis toujours, continuera à se défendre et à défendre la terre-mère face aux ambitions des puissants. Notre peuple, tout comme l’ont fait nos guerriers et nos aïeux par le passé, défendra la terre et la vie qui germine en son sein.

Cinquièmement : toutefois pour lutter et résister face à ce qu’ils nomment « décret d’expropriation », et que pour notre part nos paroles nomment « spoliation », pour résister à cette décision gouvernementale que nos paroles nomment injustice, imposition et légalisation de l’avarice, nous savons que nous ne sommes pas seuls.

C’est pourquoi nous appelons la société civile nationale et internationale, les organisations populaires, civiles, étudiantes, de travailleurs, de femmes, de défense de l’environnement, et tout spécialement nos sœurs et frères indigènes à venir soutenir notre digne résistance.

Nous appelons à soutenir le campement et les barricades au sein de la forêt afin d’empêcher que n’avancent les travaux des engins de chantier, ainsi que l’intromission de policiers et de fonctionnaires – campement que nous avons mis en place il y a déjà quelques semaines de cela de manière permanente.

Nous appelons également la société civile organisée ou non à se mobiliser à nos côtés, à la date et suivant les indications que nous ferons bientôt connaître.

Nous appelons les peuples, les communautés et les organisations à nous soutenir et à empêcher cette action des puissants, qui vient s’ajouter à la longue liste des préjudices, des injustices, des entourloupes, des illégalités et des impositions faites par ce gouvernement et par ce régime.

Nous appelons à défendre la forêt, qui est la vie même. Nous appelons à défendre l’eau qui en surgit ; nous appelons à défendre notre village qui a le droit d’exister en tant qu’indigènes que nous sommes.

Nous exigeons la libération de nos frères yaquis Mario Luna et Fernando Jiménez !

Jamais plus un Mexique sans nous.

Bien à vous

Communauté Indigène de San Francisco Xochicuautla, Lerma, Etat de Mexico.

Front des villages indigènes en défense de la Terre-mère.

source du communiqué : http://frentedepueblosindigenas.org/ traduction 7nubS

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