Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Attaques et destruction de Regeneración Radio

vendredi 2 octobre 2015

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destruction de la cabine de Regeneración Radio
photo Subversiones

L’exil de Regeneración Radio : 4e communiqué

Septembre 2015.

Au peuple du Mexique : A la Sexta Nationale et Internationale : A la communauté universitaire :

Le 21 septembre 2015, le groupe de porros [1] “3 de Marzo” pénétrait à l’intérieur des installations du campus de Vallejo du Collège de Sciences et d’Humanités (CCH) [2] de la UNAM, avec un objectif clair : détruire la cabine de Regeneración Radio ainsi que frapper et blesser (voir tuer le cas échéant) quelques uns de ses membres. Ces porros, expulsés par la communauté du campus en 2003, ont réactivé leurs activités délictueuses. Et leurs menaces sont tout particulièrement dirigées sur le projet Regeneración Radio.

Durant l’attaque, ce sont près de 50 étudiants et quelques professeurs qui furent frappés. Deux étudiants ont été blessés par arme blanche. Un d’entre eux, Jesús Acosta Hernández, de Regeneración Radio, a été transféré en urgence à l’hôpital Magdalena de las Salinas (IMSS), oú il a été hospitalicé. Actuellement, Jesús est en convalescence. Ce jour-là le mobilier de différentes salles a été détruit ainsi que le transmetteur de la radio, et les bureaux des collectifs activistes du campus.

Durant plus de trois heures, les porros sont restés à l’intérieur du CCH. Nous savons aujourd’hui qu’ils étaient menés par Gustavo Isidro Contreras Benítez, alias “El Yogui”, porro actuellement inscrit au CCH. Un autre des dirigeants de l’attaque est un personnage identifié sous le pseudo d’ “El Moicas”, porro expulsé il y a deux ans de cela du campus du fait de ses activités criminelles. Ce sont principalement ces deux porros qui sont les responsables des agressions opérées le 21 septembre.

Avant l’attaque, Regeneración Radio avait suspendu ses activités de communication radiophonique. Cela du fait du harcèlement et des ataques enregistrées durant les jours antérieurs, et dont les autorités du CCH Vallejo étaient informées. Les menaces restent latentes, malgré l’engagement de la direction locale dirigée par la directrice provisoire Delia Gámez Aguilar et de la direction générale des CCHs aux ordres de Jesús Salinas Herrera de réparer les dégâts et de garantir la sécurité des étudiants et de Regeneración Radio.

Les autorités n’ont pas démarré de processus visant à expulser les porros identifiés durant l’attaque, et certains membres de Regeneración Radio sont toujours menacés de mort. Durant les derniers jours, nous avons pu documenté la venue sur le campus du CCH de porros portant des armes, des couteaux, des barres de fer et des capuches, qui déambulent sur le campus et entrent dans les salles de clase à la recherche d’étudiants de Regeneración Radio ou de sympathisants de ce projet de communication radiophonique.

A cette situation, il faut ajouter le fait que certains professeurs menés par Héctor Martín Mora Zebadúa et Salvador Hernández Pelcastre, sympathisants du Parti de la Révolution Démocratique (PRD), ont démarré une campagne de lynchage médiatique et de discrédit contre Regeneración Radio. Il est à noter que Zebadúa figure sur la liste des candidats à la direction du campus, et durant les dernières années il a travaillé au sein d’administrations de style autoritaire, telle que celle de Lucia Laura Muñoz Corona. L’action de ceux-cis, le professeur et l’exdirectrice, a été nulle en ce qui concerne la lutte contre les groupes de porros, et s’est centrée sur le discrédit de la radio et la recherche des bons postes.

Vu les considérations faites antérieurement, nous faisons publiquement savoir que :

1.- Nous exigeons des autorités du CCH Vallejo l’expulsion immédiate des porros ayant réalisé l’attaque du 21 septembre. Nous manifestons notre préoccupation du fait des menaces de mort qui ont été reçues. Nous portons pour responsables les autorités du campus, dirigéees par Delia Gámez Aguilar eet par le directeur général des CCHs Jesús Salinas Herrera de toute éventuelle agression.

2.- Nous exigeons des garanties de sécurité à l’intérieur du CCH Vallejo pour les étudiants membres de Regeneración Radio qui ont été menacés dans les jours suivant le 21 septembre.

3.- Nous appelons la Sexta nationale et internationale et la société civile, les organisations, collectifs, groupes et individus à se solidariser avec Regeneración Radio et à programmer et réaliser des actions de soutien, suivant leurs calendriers et leurs propres formes d’expression et d’organisation.

4.- Regeneración Radio relance son site web (www.regeneracionradio.org) et son activité de production de contenus centrés sur les résistances culturelles et politiques qui se vivent au Mexique et dans le monde. Cela, malgré le fait que notre cabine radio a été détruite, et que la réparation des dégâts, tel que stipulé dans la liste des accords signés par directrice provisoire Delia Gámez Aguilar le 22 septembre 2015 n’a pas eu de résultats concrets.

5.- Notre collectif renforce ses objectifs, et son engagement à continuer à travailler ; afin d’apprendre du chemin parcouru et, évidemment, afin d’avancer. Nous ne mourrons pas ni ne nous tairons. Nous nous organisons et continuons à aller de l’avant. La fleur de la parole ne mourra pas.

Regeneración Radio.

Communication contre le pouvoir.

Exilés depuis un certain lieu de la planète Terre.

Septembre 2015.


Communiqué du Réseau pour la Solidarité et contre la Répression en solidarité avec Regeneración Radio et le collectif “Revuelta”

Nous condamnons la vile et lâche attaque perpétrée par un groupe de porros d’à peu près 80 personnes contre nos compañeros de Regeneración Radio et du collectif Revuelta.

Cet acte eut lieu à l’intérieur des installations du Collège de Sciences et d’Humanités du campus Vallejo de la UNAM, dans la ville de México, et a consisté à frapper des étudiants et blesser à l’arme blanche trois compañeros et maintenir séquestréEs plusieurs d’entre elles et eux bloqués à l’intérieur de la Direction du Campus, à déambuler en totale impunité des armes blanches à la main à travers tout le campus, et brûler la cabine radio de nos compañer@s de Regeneración Radio. Faisant ainsi régner un climat de terreur dans un espace destiné au dialogue.

Jusqu’à présent aucune autorité de cette maison d’études ne s’est prononcé à ce sujet ; dans ce contexte, le silence reflète la complicité entre le Rectorat de la UNAM et les différents groupes de porros financés et promus par le Rectorat, car nous savons bien par exemple, que face à une banderole de lutte ou une petite assemblée les vigiles, le secteur juridique et parfois même la police apparaissent avec rapidité et que les cris d’indignation des autorités sont immédiats.

Depuis le Réseau contre la répression et pour la solidarité nous portons pour responsables de ces faits de répression José Narro Robles, recteur de la UNAM ; Jesús Salinas, directeur général des CCH’s ; Delia Gámez, directrice provisoire du campus mentionné ; Laura Lucía Muñoz, ex-directrice de Vallejo et candidate à la direction générale des CCH’s ; Víctor Hugo Lobo, titulaire de la délégation métropolitaine de Gustavo A. Madero, dirigée par le PRD ; et Miguel Ángel Mancera, chef de gouvernement du District Fédéral, qui s’est distingué pour son instrumentalisation en toute impunité de la politique de Tolérance Zéro héritée de Marcelo Ebrard.

A nos compañer@s de Regeneración Radio et du collectif Revueltas, nous vous faisons savoir que vous n’êtes pas seuls. Nous serons attentives et attentifs à vos initiatives et vos appels, et nous savons que seront récupérés les espaces qui durant des années se sont maintenus grâce au travail et à l’organisation.

Nous lançons un appel urgent à nos compañer@s adhérent.e.s à la Sixième Déclaration de la Selva Lacandona, aux élèves de la Petite École Zapatiste et aux membres du Réseau pour la Solidarité et contre la Répression à réaliser selon ses temporalités, ses formes et ses modes d’organisation, des actions de solidarité et de compañerismo avec Regeneración Radio et le Collectif Revuelta.

La UNAM est un espace nécessaire pour la réflexion, la discussion et l’articulation des mouvements. L’attaque d’aujourd’hui au sein du CCH –Vallejo est une menace exercée contre tous les espaces organisés, et pas seulement universitaires. Face à cette destruction du capital, la réponse sera toujours l’auto-organisation et la reconstruction depuis en bas à gauche.

¡ porros hors de la UNAM !

¡Vive les medias libres !

Contre la spoliation et la répression : la solidarité !

Réseau pour la Solidarité et contre la Répression (RvsR)

texte original : http://www.redcontralarepresion.org... trad. 7nubs

Notes

[1] groupes violents, liés aux autorités, et formant des sortes de milices étudiantes à l’intérieur des universités

[2] Les Collèges de Sciences et d’Humaités sont de sorte de lycée public de dimension universitaire - plusieurs dizaines de milliers d’étudiants- sous l’administration de l’Université Nationale Autonome du Mexique (UNAM).

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