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un an après Ayotzinapa

Paroles du Congrès National Indigène le 26 septembre 2015

jeudi 8 octobre 2015

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communiqué CNI brochure

Paroles du Congrès National Indigène sur le zocalo de la ville de Mexico, le 26 septembre 2015


Aux familles et compañeros des étudiants disparus et des assassinés de l’école normale rurale Raúl Isidro Burgos d’Ayotzinapa, Guerrero :

Aux Peuples du Monde :

Nous les peuples, nations et tribus originaires qui formons le Congrès National Indigène, réitérons que les 43 compañeros disparus, les 3 compañeros assassinés et le compañero qui se trouve dans le coma, tous étudiants d’Ayotzinapa, Guerrero, sont de nos disparus et de nos assassinés.

Nous reconnaissons la vérité et la justice portée par l’infléchissable lutte des pères et mères d’Ayotzinapa, qui ont transformé la douleur en détermination afin de ne pas s’accorder de répit jusqu’à ce que les jeunes soient de retour, jusqu’à ce que les coupables paient leur responsabilité, et jusqu’à ce que ne se reproduise plus ce qui s’est passé il y a déjà un an, tissant là où ils se trouvent, en bas, sur les blessures laissées par la guerre capitaliste contre tous les peuples.

Nous voyons également la trahison et le mensonge avec lequel agit le mauvais gouvernement, qui prétend occulter sa culpabilité absolue en mentant et en trahissant, une et mille fois de plus.

C’est pour cela qu’aujourd’hui nous nous concentrons ici, nous les peuples yaqui, guarigio, coca, nahua, p’urhépecha, wixarika, chinanteco, binizha, ñhato, ñu-saavi, maya, chool, tzeltatl, tojolabal, tzotzil, mame, chontal, kumiai, mayo-yoreme, tenek, popoluca, mephaa, raramuri, mazahua, ñomndhaa, ñañh, tepehuano, afin de faire entendre ensemble notre voix, afin de commémorer la rénovation permanente de la détermination à lutter de l’unique forme possible qui soit, dans la dignité.

Si la trahison et le mensonge sont les formes de gouverner de ceux qui en haut tissent la mort pour nos peuples, c’est la vérité et la justice qui sont la forme pour construire à chaque instant le monde que, depuis nos peuples, nous avons l’obligation de ne pas cesser de construire et de tisser.

Chaque fois que nos peuples se sont retournés pour voir et dialoguer avec les puissants, et leur demander pourquoi ils nous attaquent et nous détruisent ? Lui répond avec un sourire cynique, avec une soi-disant disposition à discuter avec des paroles, avec un soi-disant agenda de résolutions, des tables de travail, et des simulations de consultation qui supplantent la volonté de nos peuples. Pendant ce temps, en coulisse, il envoie ses policiers, ses militaires, ses mines, ses barrages, ses éoliennes, ses gazoducs, ses aqueducs, ses centrales thermoélectriques, ses caciques, ses sicaires, ses narcotrafiquants ; il envoie sa mort.

Et, une fois de plus, sa propre parole est trahie, et, lorsque nous nous retournons de nouveau vers lui pour exiger qu’il libère nos compañeras et compañeros prisonniers, qu’il rende justice pour nos morts, qu’il présente en vie nos disparus, qu’il cesse de contaminer la rivière et de détruire la forêt, qu’il cesse de dévier le cours du fleuve, d’assécher les sources d’eau, de contaminer le maïs sacré, qu’il cesse de protéger les narco-paramilitaires qui nous assassinent, qu’il cesse de mettre en œuvre des opérations militaires et policières contre nos familles, qu’il cesse de tuer des enfants, qu’il arrête de nous diviser, de nous calomnier et de semer la haine entre les peuples, qu’il cesse la destruction des sites sacrés desquels dépendent l’équilibre de l’univers, il nous répond de nouveau avec un sourire cynique, et dit qu’il est notre ami, qu’il nous écoute, que nous sommes du même bord.

Dans la lutte menée par nos peuples qui sommes le Congrès National Indigène, le compañero nous est arraché par le mauvais gouvernement, qui l’incarcère, le fait disparaître ou l’assassine, ou encore l’achète avec des faveurs politiques et économiques. Il nous arrache aussi celui qui croit à ses mensonges, qu’il répète et ne fait que répéter, croyant que de cette manière nous finiront par penser que le mensonge est vérité. Mais, malgré cela, malgré la circulation du mensonge et de la trahison, il se trouve que pour nos peuples la vérité surgit de la pensée collective, pensée faite des milliers que nous sommes, de la décision prise dans nos assemblées, qui sont de tous et de personne.

Entre tous, le mensonge disparait et se découvre la vérité de toujours, celle que les mauvais gouvernements cherchent à nous imposer. Et le mensonge que sont les puissants est remis à sa place, celle des menteurs et des traîtres. Et comme le délinquant qu’il est se retrouve à découvert, il réagit de manière plus violente, et son sourire est encore plus cynique lorsqu’il cherche à mener à bien son crime, le vol, la spoliation, la destruction, l’assassinat, l’enlèvement, le génocide, la disparition forcée.

En bas, ce que nous avons, c’est la vérité que nous construisons avec difficulté, avec souffrance, avec jeûne, avec détermination. Et ce que nous avons c’est la justice, qui ne peut briller que depuis là, depuis en bas. Cette vérité et cette justice, c’est notre arme, c’est notre espoir et notre meilleur trésor, car il se trouve de plus qu’elle l’a été aussi pour nos ancêtres, pour ceux qui ont veillé sur ce que nous défendons et ce sur quoi nous veillons aujourd’hui, et qui appartient à ceux qui ne naissent pas encore.

Le mensonge et la trahison des puissants, qu’ils prétendent nous faire passer pour la vérité et que nous devrions accepter comme s’il devrait en être ainsi, comme s’il en aurait toujours été ainsi dans l’histoire de nos peuples. Ce mensonge est en train de nous emporter vers la destruction et la mort de nos peuples, de nos familles.

Reconnaître la vérité et la justice, la défendre jusqu’aux ultimes conséquences et continuer à la construire depuis en bas, c’est ce qui constitue la tâche urgente, le défi qui nous incombe comme peuples de la campagne et de la ville. Nous ne cesserons pas de lutter, pour cette raison, pour la vérité et pour la justice pour les 43 compañeros disparus, pour les 3 compañeros assassinés d’Ayotzinapa, et pour le compañero qui se trouve dans le coma :

Nous exigeons la présentation en vie des compañeros disparus d’Ayotzinapa

Le jugement des coupables des faits survenus il y a un an.

La liberté pour les prisonniers politiques sur tout le territoire national.

L’arrêt de la spoliation et de la répression

L’arrêt de la guerre narco paramilitaire contre tous les peuples

L’arrêt des agressions contre les communautés bases de soutien zapatistes.

MEXICO, DISTRICT FÉDÉRAL, LE 26 SEPTEMBRE 2015

POUR LA RECONSTITUTION INTÉGRALE DE NOS PEUPLES

JAMAIS PLUS UN MEXIQUE SANS NOUS

CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE

Source du texte original : http://enlacezapatista.ezln.org.mx/...

Traduction 7NubS

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