Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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2e déclaration issue de la compartición entre CNI et EZLN

EZLN - CNI : LES MIROIRS DE LA RÉSISTANCE

A PROPOS DE LA SPOLIATION DE NOS PEUPLES.

vendredi 1er août 2014

"LES MIROIRS DE LA RÉSISTANCE"

A PROPOS DE LA SPOLIATION DE NOS PEUPLES.

2e déclaration issue de la compartición d’août 2014 entre le Congrès National Indigène et l’Armée Zapatiste de Libération Nationale

texte lu le 9 août 2014 dans le caracol zapatiste de La Realidad par Venustiano Vázquez Navarrete, wixárika de Popoztlán, et Miriam Vargas Teutle, du front des villages en défense de la terre et de l’eau

"C’est la terre qui nous a vus naître, qui nous donne la vie et en laquelle nous reposons finalement pour l’éternité. C’est pour cela que nous sommes toutes les couleurs que nous sommes, toutes les langues que nos cœurs parlent ; pour cela que nous sommes des peuples, que nous sommes des tribus et que nous sommes nation. Nous sommes les gardiennes et les gardiens de ces terres, de ce pays, le Mexique, de ce continent, et du monde."

(EZLN, août 2014).

A la Sexta nationale et internationale

Aux peuples du monde qui résistent, faisant fleurir des rébellions :

Nous avons été dépossédés de ce que nous sommes en tant que peuples originaires, et c’est là la cause de la douleur qui nous réunit dans l’esprit de la lutte ; cette lutte que nous commémorons aujourd’hui dans le souvenir de notre compañero David Ruíz García, décédé alors qu’il était venu partager la souffrance ressentie par les frères de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale du fait de l’assassinat du compañero Galeano. Et nous nous réunissons pour devenir "un", dans notre histoire et dans notre espoir.

Si notre compañero est mort, il renaît aujourd’hui dans la collectivité de nos 28 peuples, couleurs et langues réunis au sein du Caracol zapatiste de La Realidad, et nous inspire la joie de nous rencontrer dans ce partage entre nos peuples originaires et de nous savoir vivants, vivants comme nous le sommes, nous les peuples, les langues, et notre histoire collective qui se fait mémoire, résistance et droiture envers notre mère la terre, qui est vivante elle aussi, et à laquelle nous devons d’être là.

Nous sommes des luttes diverses mais l’ennemi, nous le nommons "spoliation", parce que c’est cela que nous voyons. Nous vivons et nous mourons tous les jours, de manière collective, comme l’est le maïs, comme l’est le compañero Galeano, comme l’est le compañero David, comme le sont nos frères et nos sœurs auxquels la vie a été arrachée durant cette guerre d’extermination.

Cette spoliation est si diverse qu’elle ne porte qu’un seul et unique nom : le capitalisme.

Depuis le début, le capitalisme s’est développé grâce à la SPOLIATION et à l’EXPLOITATION. SPOLIATION et INVASION sont les paroles qui décrivent le mieux ce que eux ont appelé la conquête de l’Amérique. Spoliation et vol de nos terres, de nos territoires, de nos savoirs, de notre culture. SPOLIATION, accompagnée de guerres, de massacres, de prison, de morts et d’encore plus de morts, qui deviennent vie collective, parce que nous sommes là, nous, les peuples que nous sommes, et que nous sommes toujours.

Dès la guerre d’indépendance et le surgissement de la nouvelle nation, à travers la réforme libérale et la dictature de Díaz, la naissance du Mexique a reposé sur la négation de nos peuples, sur la base de constitutions et de lois qui privatisaient nos terres, et prétendaient légitimer le pillage de nos territoires. Des milliers de nos frères et des dizaines de nos peuples furent exterminés, par le biais de campagnes militaires et de leur exil en masse.

Malgré le million d’indigènes et de paysans morts pendant la révolution, les lois agraires qui en surgirent furent inspirées par Venustiano Carranza et Alvaro Obregón, les assassins d’Emiliano Zapata. Leur but était de protéger les grands propriétaires terriens, d’empêcher la restitution des terres, des eaux, de l’air et des montagnes communales des peuples, et de convertir la propriété communale en ejido. C’est-à-dire qu’on a voulu nous tuer à plusieurs reprises, nous tuer d’abord en tant que peuples, et puis nous tuer au niveau individuel. Et pourtant, après tant de mort, nous sommes toujours les mêmes peuples, vivants et collectifs.

Mais la spoliation et l’extermination eu pour réponse la révolte et la résistance. Des centaines de rébellions eurent lieu dans les Etats de Basse Californie, Sonora, Chihuahua, Nayarit, Jalisco, Guanajuato, Michoacan, Querétaro, Veracruz, dans l’Etat de México, de San Luis Potosí, Hidalgo, Morelos, Puebla, Guerrero, Oaxaca, Chiapas, Yucatán, Campeche et Quintana Roo, et la révolution zapatiste en fut une des plus remarquables ; elles défièrent la société colonialiste et se déclenchèrent toutes après la réforme libérale, débouchant sur le mouvement armé de 1910, et défendant par les armes la possession de la terre communale jusqu’aux temps de la réforme agraire et de l’expropriation pétrolière sous Cardenas.

Actuellement, avec le soutien de tous les partis politiques et des mauvais gouvernements et avec à leur tête le chef paramilitaire et criminel Enrique Peña Nieto, les capitalistes néolibéraux appliquent à grande échelle les mêmes politiques de dépossession que les libéraux du dix-neuvième siècle et que les carranzistes et obrégonistes, en s’appuyant sur la militarisation et la paramilitarisation, grâce aux instructions des services secrets étasuniens, dans les régions où les résistances s’affrontent à la spoliation.

Tout comme les gouvernements d’alors, ceux qui gouvernent actuellement sont en train de céder nos territoires ainsi que les biens qu’on dit être de la Nation aux grandes entreprises nationales et étrangères, cherchant par ce biais la mort de tous les peuples du Mexique et celle de notre terre-mère. Mais parmi nos peuples, la mort se fait renaissance collective.

Nous réitérons ici que nos racines se trouvent dans la terre, et les douleurs dont nous avons dressé le portrait au mois d’août de l’année 2013 durant la Chaire "Tata Juan Chávez Alonso" sont notre douleur et notre rage. Elles sont notre lutte sans renoncement possible, notre vie même. Ce sont des spoliations tout aussi vives qu’elles l’ont été alors, et qui de plus se sont multipliées sous des formes nouvelles, en de nouveaux recoins où elles se font luttes et résistances, dans lesquelles nous voyons des miroirs se refléter dans le miroir que nous sommes :

Miroir 1 : Depuis 2009, sur la côte nahua de l’Etat du Michoacán, la convoitise sur les richesses naturelles a été le motif de 31 assassinats et de la disparition de 5 personnes, perpétrés par les Chevaliers du Temple, un cartel alimenté par la corruption des structures du mauvais gouvernement. Ceux-ci ont couvert aussi bien la spoliation des terres communales par de soi-disant petits propriétaires -qui sont en même temps les têtes du crime organisé dans la région, que le pillage illégal de minerais et de bois précieux, exportés ensuite par des multinationales chinoises depuis les ports de Manzanillo et de Lázaro Cárdenas que gèrent l’administration corrompue du mauvais gouvernement. Tout cela a provoqué une vague de deuil, de douleur et de brutalité qui a peu à peu amené la communauté d’Ostula à se renforcer et à se rebeller, en maintenant la sécurité et en empêchant le saccage de ses ressources. Tout cela, malgré le fait que les mauvais gouvernements ne cessent de menacer de procéder à la désarticulation du droit à l’autodéfense indigène, ainsi que d’incarcérer ou de tuer les leaders communautaires, ce qui constitue un avis de destruction.

Miroir 2 : Le territoire nahua et totonaque de Totonacapan, Veracruz, se retrouve détruit, miné par les galeries verticales, la libération dans l’atmosphère des gaz échappés des puits de pétrole et les épanchements toxiques dus à l’endommagement des canalisations, ce qui a provoqué la dévastation des sources d’eau de la région. Tout cela comme conséquence du Projet "Paleocanal de Chicontepec", aujourd’hui rebaptisé "Aceites Terciarios del Golfo" (Huiles des couches terciaires du Golfe), qui recouvre l’exploitation de 29 champs pétrolifères sur une superficie de 3875 kilomètres carrés, soit 1500 puits de pétrole en exploitation dans 14 municipalités de la région. Cela provoque la mort des rivières et des sources d’eau, à cause des centaines de fuites occasionnées par les 2220 réparations effectuées jusqu’en 2010 dernier, et cela avec la menace de 33 000 réparations supplémentaires, selon les informations communiquées par la Commission nationale des Hydrocarbures. Dans 1737 puits de toute la zone les roches ont été fracturées par détonation explosive de dynamite et par fracturation hydraulique (fracking). Dans cette même frange de nombreuses concessions minières ont aussi été attribuées, mettant en péril l’intégrité du territoire.

Miroir 3 : Le peuple Wixarika, bien que recouvert par les limites des Etats de Jalisco, Nayarit et Durango, possède un territoire continu, et son organisation autonome est forte et ancestrale. Il se trouve aujourd’hui confronté à de violentes attaques menées simultanément sur différents fronts, depuis les vieilles invasions agraires, qui, bien que la restitution des terres ait été ordonnée en faveur de la communauté de San Sebastian Teponahuaxtlan, n’a jamais été exécutée, du fait des incertitudes quant au tracé des frontières entre les différents Etats du Mexique. Son territoire est également traversé par des routes dont l’objectif est la spoliation des ressources naturelles de la région, comme c’est le cas pour la communauté de Santa Catarina Cuexcomatitlan, qui a empêché l’imposition de la route Amatitán- Bolaños-Huejuquilla depuis 2008, grâce à de fortes mobilisations ; actuellement, le gouvernement de l’Etat de Jalisco refuse toujours de réparer les dégâts occasionnés par le projet sur leur forêt, leur chemin communal et sur leurs sites sacrés, bien que la communauté ait obtenu des résolutions judiciaires qui lui soient favorables.

Dans l’Etat de Durango, la communauté Wixarika Autonome de Bancos de San Hipolito continue sa longue lutte pour la reconnaissance de son territoire ancestral, exerçant l’autonomie comme unique possibilité pour continuer à exister en tant que peuple originaire.

Le territoire pour nos peuples n’est pas seulement agraire, mais aussi cérémoniel, et le principal site sacré pour le peuple Wixarika se trouve dans le désert de Wirikuta (Etat de San Luis Potosi), qui en plus de se retrouver sous la menace de 5 entreprises minières ayant en leur pouvoir plus de 78 concessions, est, sans aucune autorisation, l’objet du pillage d’antimoine, d’uranium, d’or et d’argent, dans les zones de San José de Coronados et du barrage Santa Gertrudis, au sein des municipalités de Catorce et de Charcas.

Miroir 4 : Bien qu’étant depuis 1733 en possession d’un titre foncier accordé alors par la vice-royauté, la communauté autonome Wixarika-Tepehuana de San Lorenzo de Azqueltán, municipalité de Villa Guerrero (Jalisco), n’a toujours pas obtenu la reconnaissance de son territoire. Au contraire, la surface de terres qui ont toujours été les leurs a été mise à disposition des caciques et des gouvernements. La forêt est rasée, le territoire envahi et les sites sacrés détruits, comme c’est le cas du mont Colotlán, où le mauvais gouvernement a donné son aval et versé de l’argent aux grands propriétaires pour que des centaines de pierres cérémonielles gravées soient utilisées comme blocs de pierre pour de soi- disant chantiers de protection du sol. Ce qui ne constitue pas seulement une dépossession, mais un génocide.

Miroir 5 : Dans l’isthme de Tehuantepec, où habitent les peuples Ikoots et Binniza des communautés de San Mateo del Mar, San Dionisio del Mar, ainsi que les gens de Juchitán et du village d’Álvaro Obregón ; les entreprises Endesa, Iberdrola, Gamesa et Unión Fenosa Gas Natural Fenosa, Demex (filiale de Renovalia Energy), Electricité de France (EDF), Eolicas del Sur, Zapotecas de Energía, Grupo Mar, Preneal et Enel green Power sont en train de spolier les terres communales et de détruire les lieux sacrés de toute la région. Ce sont plus de 32 000 hectares qui ont été occupés de manière illégale et, depuis 2001, 1600 aérogénérateurs ont été installés sur des terres communales, [notamment] les parcs éoliens Biiyoxo et Piedra Larga I et II. Actuellement l’assemblée des comuneros de Unión Hidalgo s’oppose à l’extension de ces parcs sur les terres communales d’El Palmar et d’El Llano, zones de mangroves protégées, situées au sud des communautés Binizaa. Ces territoires sont défendus par nos compañeros de l’Assemblée Populaire du Peuple Juchitèque (APPJ) et de l’Assemblée des Peuples Indigènes de l’Isthme de Tehuantepec en Défense de la Terre et du Territoire (APIITDTT).

Dans la même zone de l’isthme, la région de San Miguel Chimalapas et de Santo Domingo Zanatepec (Oaxaca) a été envahie par 3 concessions minières, attribuées à la Coopérative Cruz Azul sur ce qu’ils appellent la part minière « el Chincuyal », à l’entreprise minière Cascabel sur la part minière « Mar de Cobre », et à l’entreprise minière Zalamera, filiale de l’entreprise Orum Gold Corporation, sur la part « Jackita », pour une superficie totale de 7310 hectares de terrains appartenant à nos peuples. Une invasion est aussi mise en œuvre par le gouvernement de l’Etat du Chiapas, de riches éleveurs et par l’Armée mexicaine.

Au Nord de l’Isthme de Tehuantepec, dans le sud de l’Etat de Veracruz, le territoire Nahua Popoluca de la Sierra de Santa Martha est menacé par un projet minier qui recouvre 3 concessions, appelées La Morelense 1, La Morelense 2 et Ampliación, qui mettent l’environnement en péril, ainsi que l’intégrité de cette zone indigène.

Miroir 6 : Dans les communautés ñatho de San Francisco Xochicuautla et de Huitzizilpan, tout comme sur une ample frange de terre de la région del alto Lerma (Etat de Mexico), on prétend faire accepter un projet d’autoroute privée entre Toluca et Naucalpan qui serait mis en œuvre par l’entreprise Autovan, ce qui endommagerait un total de 23 kilomètres de forêts, sans compter la construction de milliers de maisons, d’habitation et de clubs de golf dans le cadre du projet dénommé "Gran Reserva Santa Fé". Ce territoire est défendu par nos frères du Front des Peuples Indigènes en Défense de la Terre-Mère.

Miroir 7 : Dans la communauté nahua de Tuxpan (Jalisco) du fait des pressions des mauvais gouvernements et des investisseurs nationaux et étrangers, les indigènes ont dû louer les terres ejidales aux multinationales de l’avocat dont les sièges sociaux sont au Michoacán, et les terres se retrouvent maintenant spoliées par de grandes cultures sous serre qui appartiennent à des groupes étrangers comme Driscolt et Aguacates Los Tarascos, ce qui entraîne une modification climatique vu que la pluie ne tombe plus sur le sol.

Miroir 8 : La communauté coca de Mezcala (Jalisco) souffre toujours et défend son territoire contre l’entrepreneur Guillermo Moreno Ibarra, qui continue d’envahir un grand pré situé au milieu de la zone forestière de la communauté. Celle-ci continue de préserver leur possession et leur droit de propriété ancestral sur l’Ile sacrée, qui n’est envisagée par les mauvais gouvernements que comme un juteux pactole qui pourrait être vendu aux entreprises touristiques étrangères.

Miroir 9 : Sur le territoire chinantèque, dans l’Etat de Oaxaca, ont été imposées des réserves écologiques qui privent les villages du contrôle de leur territoire, alors que pendant ce temps le mauvais gouvernement réalise des projets destructeurs et mortifères, tels que l’autoroute Tuxtepec-Huatulco ou le Couloir Touristique chinantèque.

Miroir 10 : A Huexca, zone nahua située dans l’est de l’Etat du Morelos, a été imposée la construction en pleine zone de péril volcanique d’une des deux centrales thermoélectriques liées au « Projet Intégral Morelos » sous la pression de l’entreprise Abengoa et de la Commission Fédérale d’Electricité, et cela avec l’appui des trois différents niveaux de gouvernement, de l’Armée mexicaine et de la police de l’Etat. De même, dans le cadre de ce même projet, un aqueduc devrait être construit afin d’amener de l’eau depuis la rivière Cuautla, ce qui aurait des impacts pour 22 ejidos de la municipalité d’Ayala.

Miroir 11 : A Amilcingo et à Jantetelco, dans la zone nahua de l’est de l’Etat du Morelos, et au sein de la región nahua de la vallée de Puebla, dans les communautés de San Geronimo Tecuanipan, San Lucas Atzala, San Andres Calpan, Santa María Zacatepec, San Lucas Tulcingo, Santa Isabel Cholula, San Felipe Xonacayucan, Santa Lucia Cosamaluapan, San Isidro Huilotepec, San Buenaventura Nealtican, San Juan Amecac, ainsi que dans d’autres communautés des Etats de Puebla et de Tlaxcala, on prétend imposer la construction d’un gazoduc de 160 kilomètres de long dans une zone de péril volcanique, là aussi dans le cadre du “Projet Intégral Morelos”, promu par la CFE, les entreprises espagnoles Elecnor et Enagas, ainsi que l’entreprise italienne Bonatti. Dans toutes ces communautés, les trois différents niveaux de gouvernement des Etats en question ont exercé une répression brutale ces deux dernières années.

Miroir 12 : A Tepoztlán, village du Morelos appartenant au peuple nahua, on prétend déposséder le territoire de la communauté non seulement de ses terres, mais aussi de sa culture millénaire et de la biodiversité de son territoire. Cela à cause de l’agrandissement de l’autoroute La Pera-Cuautla, qui entraîne la démolition de sites sacrés et la disparition d’arbres ancestraux, présents sur le territoire depuis de nombreuses générations. Ce qui est recherché à travers ça, c’est l’arrivée d’entreprises privées et l’industrialisation des zones les plus riches en ressources naturelles de l’Etat du Morelos. Pour justifier cette spoliation, la réponse des mauvais gouvernements a été de fomenter une campagne de dénigrement contre les villages originaires.

Miroir 13 : Sur le territoire nahua de la communauté d’Ayotitlan, dans la Sierra de Manantlán (Etat du Jalisco), les bois précieux et deux millions de tonnes de minerai de fer ont été pillés grâce au soutien du crime organisé, qui a assassiné et fait disparaître des comuneros et des ejidatarios de la région.

Miroir 14 : Durant les derniers mois, dans la communauté nahua de Zacualpan (Etat de Colima), un investisseur appellé Verduzco a tenté, avec la complicité du gouvernement de l’Etat ainsi que du Tribunal Agraire, d’imposer l’exploitation d’une mine de fer, d’or, d’argent et de manganèse dans la montagne dite « Cerro Grande », bien que de ses forêts jaillissent la totalité des eaux alimentant les villes de Colima et de Villa de Alvarez. Le gouvernement y promeut de pseudo programmes de "conservation écologique", prétexte de plus pour spolier la communauté de ses eaux communales.

Miroir 15 : La communauté de Cherán, située sur le plateau purhépecha de l’Etat du Michoacán, a été victime de la dévastation et du vol de milliers d’hectares de forêts par des exploitants forestiers liés à la délinquance organisée, qui ont déployés contre les comuneros de Cherán une violence sans précédents. C’est la raison pour laquelle, dans le cadre de l’autonomie et de la libre détermination, ceux-ci ont exercé leur droit ancestral à l’auto-défense de leur territoire, et ont construit leur propre mode de gouvernement, basé sur les us et coutumes.

Miroir 16 : Sur le territoire maya du Campeche, dans les communautés de la région de Los Chenes, la spoliation apparaît sous le déguisement de la location des terres par des groupes qui se disent mennonites, à qui le mauvais gouvernement distribue de l’argent afin de renforcer la spoliation des territoires, en plus d’y imposer la culture de soja transgénique. Pendant ce temps, dans les régions indigènes de ce qu’ils appellent la « Riviera Maya », ont été mis en place des processus de privatisation des terres qui profitent à des projets touristiques nationaux et étrangers et entraînent la destruction d’une quantité innombrable de lieux sacrés.

Le peuple maya de Bacalar, dans l’Etat du Quintana Roo, est en train de subir l’imposition de cultures de soja transgénique qui mettent en péril leurs semences natives ainsi que la santé et l’alimentation de leur peuple originaire, du fait des entreprises Monsanto, Singenta et Pioneer et de la complicité des mauvais gouvernements.

Le peuple maya du Yucatán est quant à lui menacé par différents mégaprojets comme le parc éolien Dzilam de Bravo, la culture de maïs transgénique, le projet de train transpéninsulaire et le développement immobilier, qui ne bénéficient qu’à une poignée de patrons et de politiciens corrompus.

Miroir 17 : Dans le village tzeltal de Chilón, Chiapas, on prétend imposer la construction de l’autoroute San Cristóbal-Palenque sur le territoire de la communauté.

Miroir 18 : La communauté nahua de San Pedro Tlanixco, dans l’Etat de México, a été spoliée des cours d’eau de la rivière Texcaltenco par le biais de concessions accordées aux riches patrons du négoce agricole de la municipalité voisine de Villa Guerrero, ce qui a valu aux leaders communautaires d’être emprisonnés.

Miroir19 : Dans les municipalités de Xochistlahuaca, Tlacoachistlahuaca et Ometepec (Guerrero), des centaines de communautés amuzgas, mixtecas et afrométisses se retrouvent menacées par les travaux de captage et de canalisation de la rivière San Pedro, entrepris afin d’approvisionner en eau la ville de Omotepec, ce qui porte atteinte au droit basique à la vie dont nous disposons en tant que peuples.

Miroir 20 : La communauté nahua de Xoxocotla, située aux environs du site archéologique de Xochicalco (sud-ouest de l’Etat de Morelos), est menacée par un projet minier comportant 7 concessions minières dans 3 municipalités différentes, recouvrant au total une superficie de 15 000 hectares à Xoxocotla et sur les municipalités de Temixco, Xochitepec et Miacatlán, dans les communautés de Tetlama, Alpuyeca, Coatetelco, La Toma et Xochicalco.

Miroir 21 : Sur le territoire Yaqui, dans l’Etat de Sonora, le désir de s’emparer de l’eau de la Rivière Yaqui a été le motif d’agressions inédites contre la tribu, dont l’eau est menacée d’être emmenée vers la ville de Hermosillo via l’aqueduc "Independencia", au détriment tant des Yaquis que de centaines d’hectares appartenant à la tribu mayo yoreme et aux agriculteurs de la Vallée du Yaqui.

Miroir 22 : Le Peuple Nayéri, dans l’Etat de Nayarit, a été historiquement le gardien de la rivière San Pedro, où se situe leur site sacré appellé "Muxa Tena", aujourd’hui menacé par la construction du barrage "Las Cruces".

Miroir 23 : Dans l’Etat de Sonora, avec la construction du barrage "Los Pilares", les sites sacrés du peuple Guarijio seront détruits

Miroir 24 : Le village Tzeltal de Bachajón (Chiapas) est dépossédé de sa terre, de son eau et de sa culture afin de permettre la construction de complexes touristiques au niveau des cascades d’Agua Azul ainsi que la construction de routes et d’hôtels, cela grâce à la répression opérée par des groupes paramilitaires.

Miroir 25 : Le peuple Ch’ol de Xpujil, Etat de Campeche, a été déplacé de son territoire à cause de l’imposition par décret de la "Réserve de la Biosphère de Calakmul" qui a délimité la zone-noyau de la réserve sur la communauté, ce qui restreint totalement l’accès à leur territoire.

Miroir 26 : Sur le territoire Nahua et Totonaco de la Sierra Norte de Puebla, dans les municipalités de Tlatlaqui, Zacapoxtla, Cuetzalan, Zoquiapan, Xochiapulco, Tetela, Zautla, Ixtacamaxtitlán, Olintla, Aguacatlán, Tepatlán, Xochitlán, Zapotitlán, Zoquiapan et Libres, les projets capitalistes mortifères cherchent à s’approprier de chaque recoin du territoire à travers l’extraction à ciel ouvert des minerais et la construction de barrages hydroéléctriques. Aujourd’hui 18% du territoire de la Sierra Norte de Puebla est attribué en concession aux entreprises minières, vu que le gouvernement a déjà accordé 103 concessions aux entreprises mexicaines Grupo Ferrominero, Industrias Peñoles et Grupo Frisco, ainsi qu’à l’entreprise canadienne Almaden Minerals. D’autre part il existe six projets de barrages hydroélectriques, qui auraient un impact sur 12 rivières et sur une superficie globale de 123 milles hectares, répartis sur 18 municipalités différentes.

Miroir 27 : Le Territoire du peuple Kumiai a été massivement envahi à cause de la non-reconnaissance de leur territoire, de l’imposition d’ejidos, et des diverses déclarations de biens nationaux affectant leurs terres. Ces dernières années, des projets éoliens ont été imposés sur leurs terres et sur le territoire du peuple Kiliwa.

Miroir 28 : La communauté de Nurío (Michoacán), située sur le plateau Purépecha, a été dépossédée de la majeure partie de son territoire par d’anciennes résolutions dictées par les autorités agraires de l’Etat Mexicain, ce qui a engendré de nombreux morts du fait des affrontements entre communautés limitrophes.

Miroir 29 : Des gens de Bochil, Jitotol et Pueblo Nuevo, communautés appartenant au peuple Tzotzil des Hautes-Terres du Chiapas, dénoncent l’existence de projets de barrages menaçant ce territoire.

Ces miroirs, ce sont les spoliations dont nous sommes victimes, qui nous font savoir être dans une situation dramatique qui porte atteinte à notre vie. Et aujourd’hui, nous faisons savoir aux puissants, aux entreprises et aux mauvais gouvernements dirigés par le criminel chef suprême des paramilitaires Enrique Peña Nieto, que nous ne nous rendons pas, que nous ne nous vendons pas, et que nous n’allons pas flancher.

Notre mémoire est vive, parce que c’est elle que nous sommes, et c’est envers elle que nous avons un devoir. Et nous signalons qu’il n’y a pas de meilleure mémoire que celle de nos peuples, et que, comme aujourd’hui nous nous sommes réunis pour nous voir l’un dans l’autre, notre lutte ne va pas s’éteindre, car s’ils n’ont pas réussi à nous tuer en 520 ans de résistance et de rébellion, ils n’y arriveront ni aujourd’hui ni jamais, car nous qui sommes de maïs, nous savons que la milpa est collective et de couleurs diverses, si diverses que nous voulons aussi nous nommer en une seule parole, rebelle et anticapitaliste, avec ceux qui sont nos frères de la Sexta nationale et internationale.

Aujourd’hui tout comme le maïs, nous allons nous renouveler dans notre décision de construire depuis en bas à gauche un monde où il y ait place pour de nombreux mondes.

"LE COEUR DE NOTRE TERRE-MERE VIT DANS L’ESPRIT DE NOS PEUPLES"

ANDIÜMAATS NANGAJ IüT MEAWAN NÜTs KOS NEJ ÜÜCH IKOOTS MONAPAKÜY

(LANGUE OMBEAYETS/IKOOT)

NA MA JOIIY RA PUIY Y RA VENI GUI JIINI

(OTOMÍ)

LADXIDO GUIDXILAYU NABAANI LU XQUENDA CA GUIDXI XTINU

(LANGUE DIIDXAZA/BINNIZA)

I PUJUK’AL LAK´ÑA LUM KUXUL TYI CHULRL LAK LUMALO’

(CHOL)

TE YO TALN TEJ NANATIL LUM CUXUL SOL XCHULEL TEJ LUMALTIC

(TZELTAL)

LI YOON JMETIK BALUMILÉ KUXUL XCHULEL TAJ TEKLUMALTIK

(TZOTZIL)

JAS J’UJOL JAJ NANTIK LU’UM ZAK’AN JAB’AYALTZIL JAJ CHONA B’LLTIK

(TOJOLABAL)

IN YOLOTL TO TLALTICPAC NEMI IEKAUILKOPA TO ALTEPEUAN

(NAHUA)

TA TEI YURIENAKA IYARIEYA TAKIEKARIPA YEYEIKA (WIXARIKA)

U KUXTAL K-LÚUMIL TÍAN TI U YÓOL LE KÁAJILO’OB.

(MAYA PENINSULAIRE)

JUCHARI MINTSÏTA P’ARHAKPINIRHU IREKASÏNI TSÏPIKUANIRHU JUCHARI IRETA

(LANGUE PURE/P’URHEPECHA)

TU TLAL UI NANA IYULO ISTOK I TUNAL PAN CHINANKOME

(NAHUA)

XNAKU KIN TSEKAN TIYAT STAKGNAMA CHI KGALHI LISTAKGNI NAK KIN PULATAMANKAN

(TOTONACO)

BI MAMA NAX BI TZOKOY JEJPA NETZANKUYJO BI KOXEN KUMKUYDE KAY JENAN

(ZOQUE)

UU JIAPSI Y iiTOM AYEE VUIAPO ITOM JIPSICO JIAPSA ITOM PUEBLOMPO

(MAYO YOREME)

NA’ T’SATSÓOM TYUAA MAYA NA’ MÁA NAQUII´ NTAAYA JA NA NNA NCUEE

(ÑOMDAA/AMUZGO)

Depuis La Realidad zapatiste, août 2014.

POUR LA RECONSTITUTION INTEGRALE DE NOS PEUPLES JAMAIS PLUS UN MEXIQUE SANS NOUS !

CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

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