Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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EZLN - CNI : A PROPOS DE LA RÉPRESSION CONTRE NOS PEUPLES

vendredi 1er août 2014

A PROPOS DE LA RÉPRESSION CONTRE NOS PEUPLES

1ere déclaration issue de la compartición d’août 2014 entre le Congrès National Indigène et l’ Armée Zapatiste de Libération Nationale

texte lu le 9 août 2014 au caracol de La Realidad par Érica Sebastián, fille d’Alvaro Sébastián Ramirez, zapoteco loxicha incarcéré dans l’État de Oaxaca

La guerre contre nos peuples indigènes dure déjà depuis plus de 520 ans. Le capitalisme naquit sur le sang de nos peuples, et aux millions de nos frères et sœurs morts durant l’invasion européenne, il faut ajouter ceux qui sont morts pendant les guerres d’indépendance et de la réforme, avec l’imposition des lois libérales, durant le règne de Porfirio Diaz, et pendant la Révolution.

Dans cette nouvelle guerre de conquête néolibérale, la condition d’existence de ce système réside dans la mort de nos peuples.

Durant les dernières décennies, des milliers et des milliers d’entre nous avons été torturés, assassinés, portés disparus et incarcérés pour avoir défendus nos territoires, nos familles, nos communautés, notre culture, notre vie même.

Nous n’oublions pas. Parce que ce sang, ces vies, ces luttes, cette histoire sont l’essence de notre résistance et de notre rébellion contre ceux qui nous tuent ; dans la vie et dans la lutte de nos peuples, ils restent en vie.

VOICI NOS MORT-E-S LES PLUS RECENT-E-S :

CHIAPAS

*Le compañero Galeano du Conseil de bon gouvernement de La Realidad, Votán de la Petite école de la liberté selon les femmes et les hommes zapatistes, assassiné violemment le 2 mai dernier au Caracol de La Realidad, dans la commune autonome zapatiste de San Pedro Michoacán, par des paramilitaires de la CIOAC-H, protégés par le paramilitaire Manuel Velazco Coello [gouverneur du Chiapas] et par le chef suprême des paramilitaires, Enrique Peña Nieto.

*Le 22 décembre 1997, un groupe de 49 personnes de l’organisation Las Abejas -dont 4 bébés encore dans le ventre de leur mère, ont été assassinées avec violence, alors qu’elles étaient en train de prier dans le hameau d’Acteal. Les responsables sont un groupe de paramilitaires priistes protégés par le gouvernement de l’Etat du Chiapas et par le criminel Ernesto Zedillo Ponce de León.

Les adultes assassinés : Manuel Santiz Culebra, Daniel Gómez Pérez, Victorio Vázquez Gómez, Miguel Pérez Jiménez, Ignacio Pucuj Luna, Alonso Vázquez Gómez, Lorenzo Gómez Pérez, Antonio Vázquez Luna, María Pérez Oyalté, Marcela Capote Ruiz, Marcela Pucuj Luna, Catalina Luna Pérez, Manuela Pérez Moreno ou Manuela Paciencia Moreno, Margarita Méndez Paciencia, Marcela Luna Ruiz, Juana Pérez Pérez ou Florinda Pérez Pérez, María Gómez Ruiz, Verónica Vázquez Luna, Paulina Hernández Vázquez, Susana Jiménez Luna, Rosa Pérez Pérez, Antonia Vázquez Pérez, Marcela Vázquez Pérez, Juana Luna Vázquez, Juana Gómez Pérez, María Capote Pérez, Marcela Capote Vázquez.

Les mineurs assassinés : Martha Capote Pérez, Rosa Vázquez Luna, Loida Ruiz Gómez, Micaela Vázquez Pérez, Josefa Vázquez Pérez, Sebastián Gómez Pérez, Juana Pérez Luna, Roselina Gómez Hernández, Lucía Méndez Capote, Graciela Gómez Hernández, María Luna Méndez, Silvia Pérez Luna, Vicente Méndez Capote, Micaela Vázquez Luna, Juana Vázquez Luna, Alejandro Pérez Luna, Juan Carlos Luna Pérez, Guadalupe Gómez Hernández.

*Juan Vázquez Guzmán y Juan Carlos Gómez Silvano, de la communauté tzeltale de San Sebastián Bachajón, assassinés l’un le 24 avril 2013 et l’autre le 21 mars 2014, pour leur défense du territoire dans le conflit existant avec les autorités de l’ejido et les 3 niveaux du mauvais gouvernement.

*Filemón Benítez Pérez, Antonio Benítez Pérez, María Núñez González et Vicente Pérez Díaz, choles de la communauté de Viejo Velasco (Ocosingo), membres de l’organisation Xi-Nich, assassinés le 13 novembre 2006 par des éléments de la Police de Secteur lourdement armés.

OAXACA

*Héctor Regalado Jiménez, membre de l’Assemblée Populaire du Peuple Juchitèque, mort le 1er août 2013 suite aux blessures infligées par la Police auxiliaire de la banque industrielle et commerciale et par des tueurs à gages de l’entreprise "Gaz Natural Fenosa", embauchés comme surveillants au sein du parc éolien.

*Pablo Jarquín Ruiz, mixe assassiné pour s’être plaint des coups de feu qui avaient apeuré les enfants de l’école primaire du village lorsque l’armée était entrée dans sa communauté, le 17 décembre 2012.

*Maximino Salinas Hernández, président du Bureau de l’ejido de sa communauté, Fuerza Chinanteca Kia-nan, à San Antonio Las Palmas, municipalité de Jocotepec, assassiné le 30 juin 2013, deux mois après que son village se soit emparé des engins de construction de la municipalité afin d’exiger la réalisation des travaux publics.

*Carlos Sánchez López, assassiné le 8 août 2003, à Juchitan dans l’État d’Oaxaca et Manuel Posada Chévez assassiné le 5 avril 2004 à Unión Hidalgo dans le même État, dans le contexte de la lutte menée par le Conseil citoyen d’Unión Hidalgo contre le Plan Puebla-Panamá et la corruption de l’édile priiste de la municipalité, Armando Sanchéz.

JALISCO

*Aristeo Flores Rolón et Nazario Aldama Villa, représentants indigènes de la communauté nahua de Ayotitlán, membres du Conseil des Anciens et Autorités traditionnelles de la Sierra de Manantlán, assassinés en septembre 2001 et en mai 2003.

*Juan Monroy et José Luis Rosales Conteras, des communautés situées sur les hautes terres de l’ejido nahua de Ayotitlán dans la délégation administrative de Telcruz, pourchassés et tués par balles pour leur défense de l’organisation contre les coupes de bois abusives opérées dans la zone.

MICHOACÁN

*Diego Ramírez Domínguez, Simón Pineda Verdía, Simón Pineda (fils), Quintín Regis Valdez, Erik Nemecio Domínguez, Ernesto Nicolás López, Pedro Nazario Domínguez, Pedro Guzmán Ramírez, Ambrosio Verdía Macías, Francisco Verdía Macías, Pedro Leyva, Isidro Mora Domínguez, Feliciano Cirino Domínguez, Jonathan Verdía Gómez, Fortino Verdía Gómez, Nicolás de la Cruz Rojas, Rafael de la Cruz, Juan Faustino Nemesio, J. Trinidad de la Cruz Crisóstomo, Crisóforo Sánchez Reyes, Teodulo Santos Girón, Feliciano Corona Cirino, de la communauté nahua de Santa María de Ostula, Etat du Michoacán, assassinés entre 2008 et 2013.

POUR ELLES ET EUX, NOUS EXIGEONS JUSTICE !

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VOICI NOS DISPARU-E-S :

JALISCO

*Celedonio Monroy Prudencio, nahua de la communauté de Loma Colorada, de l’ejido nahua d’Ayotitlán situé dans la Sierra de Manantlán (État de Jalisco), enlevé à son domicile par de soi-disant policiers du ministère public, le 22 octobre 2012.

*Agustín Mancilla Partida, nahua porté disparu ce mois d’octobre 2012, dans la communauté nahua de Villa Purificación.

MICHOACÁN

*Javier Martínez Robles, Gerardo Vera Orcino, Francisco de Asís Manuel, Enrique Domínguez Macías y Martín Santos Luna, membres de la commune nahua de Santa Maria Ostula, disparus à différentes dates, entre 2010 et 2013.

*José de Jesús Guzmán Jiménez et les membres de la famille Guzmán Cruz : Amafer, Solón, Armando et Venustiano, disparus le 24 juillet 1974. Poursuivis pour leur engagement politique, la famille fut enlevée durant une opération d’incursion de l’armée mexicaine au sein de la communauté purépecha de Tarejero, municipalité de Zacapu, Etat du Michoacan.

MEXICO, CAPITALE

* Teodulfo Torres Soriano, migrant indigène de Oaxaca, disparu, enlevé entre le 23 et le 26 mars 2013, car principal témoin de l’attaque ayant entraîné la mort ultérieure de Juan Francisco Kuydendall, le premier décembre 2012.

VERACRUZ

*Flabio Granado Llanos et Cornelio Viberos Venabidez, originaires de Francisco Agua Fría (municipalité de Tatahuicapan) partis de San Antonio le 21 décembre 2012, et portés disparus depuis lors.

C’EST EN VIE QU’ILS LES ONT EMMENÉS, C’EST EN VIE QUE NOUS VOULONS LES REVOIR !

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VOICI NOS PRISONNIER-E-S :

OAXACA

*Alejandro Regalado Jiménez, binnizá de Juchitán de Zaragoza, détenu le 3 avril 2013 et condamné à 10 ans d’emprisonnement dans le pénitencier de Tehuantepec, arrêté parce qu’il est zapotèque et qu’il vit dans la septième section de Juchitán, où l’Assemblée populaire du peuple juchitèque (APPJ) défendait la terre, le territoire et l’air contre l’invasion opérée par le parc éolien Bii Yooxh’o, appartenant à l’entreprise espagnole "Gas Natural Fenosa".

*Álvaro Sebastián Ramírez, Justino Hernández José, Eleuterio Hernández García, Abraham García Ramírez, Zacarías Pascual García López, Agustín Luna Valencia et Fortino Enríquez Hernández, indigènes binnizá de San Agustín Loxicha, maîtres d’école et paysans, gardiens de leurs peuples, arrêtés depuis 18 ans et condamnés à des peines de 20 à 30 ans de prison.

*Pablo López Alavez, indigène binnizá de San Isidro Aloapan, en prison à Villa de Etla, enlevé en 2010 par de soi-disant fabricants de meubles et retrouvé dans cette prison. Défenseur des forêts, du territoire et des ressources naturelles de sa communauté..

*Dionisio Tapia Isidro, Sixto José Miramar et Filomeno Ortiz Antonio, indigènes mixes de San Lucas Camotlán, dans l’État d’Oaxaca, arrêtés au seul motif d’avoir demandé à l’armée mexicaine la raison de son incursion au sein de leur communauté, le 17 décembre 2012.

PUEBLA

*Enedina Rosas Vélez, commissaire de l’ejido de San Felipe Xonocayucan (municipalité d’Atlixco), indigène nahua membre du Front des peuples en défense de la terre et de l’eau des Etats de Morelos, Puebla et Tlaxcala (FPDTA-MPT), arrêtée le 6 avril dernier et emprisonnée au sein du centre de détention régional d’Atlixco pour avoir défendu et fait respecter la décision de son village lors de la défense de leurs terres contre les spoliations opérées par le Projet intégral Morelos (PIM), suite à une dénonciation de l’entreprise italienne Bonatti.

*Juan Carlos Flores Solís de San Andres Cholula, situé dans la région nahua de la vallée de Puebla, membre du FPDT-MPT, détenu le 7 avril dernier et emprisonné au centre de détention régional de San Pedro Cholula pour avoir défendu le droit des peuples contre la spoliation provoquée par le PIM. Accusé par le mauvais gouvernement de Rafael Moreno Valle, il est l’objet de deux ordres d’arrestation supplémentaires, l’un à cause d’une plainte de l’entreprise italienne Bonatti et l’autre d’une plainte de la Commission fédérale d’électricité.

CHIAPAS

*Alejandro Díaz Santís, tzotzil de Mitontic, condamné à 30 ans de prison, bien que n’ayant commis aucun délit, qui se retrouve enfermé au centre de détention numéro 5 de San Cristóbal de las Casas.

QUERETARO

*Rubén Díaz Orozco, emprisonné depuis 17 ans pour son rôle de dirigeant social, détenu dans la prison de San José El Ato, État de Queteraro, depuis mars 1998. Le compañero a près de 70 ans, et souffre de problèmes de santé sérieux.(Vu son âge et ses sévères problèmes de santé, sa libération est exigée).

ÉTAT DE MÉXICO

*Rómulo Arias Mireles, Pedro Sánchez Berriozabal et Teófilo Pérez González, défenseurs des eaux de la communauté nahua de San Pedro Tlanixco, respectivement condamnés à 54, 52 et 50 ans de prison ; Lorenzo Sánchez Berriozabal, Marco Antonio Pérez González et Dominga Martínez González, actuellement en détention provisoire dans la prison de Santiaguito, à Almoloya de Juárez, pour leur lutte contre la spoliation au profit de grandes entreprises de floriculture des eaux dévalant les flancs du volcan Xinantecatl.

Nous exigeons pour eux qu’ils soient tous LIBÉRÉS !

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Nous exigeons également l’annulation des ordres d’arrestation émis à l’encontre de nos frères et sœurs suivants :

OAXACA

*Mariano López Gómez, Raymundo Regalado Jiménez et Carlos Sánchez Martínez, membres de l’Assemblée populaire du peuple juchitèque, accusés par l’entreprise éolienne "Gas Natural Fenosa" de délits créés de toute pièce, et obligés de vivre depuis sans cesse en état d’alerte.

PUEBLA

*Avelino Velazques Tapia, Eusebio Aguilar Torres, Alejandro Torres Chocolatl, Adela Ramos Villalba, Juan Álvares Tapia et Federico Villalba Ramos, indigènes nahua membres du Front des peuples en défense de la terre et de l’eau des Etats de Morelos, Puebla et Tlaxcala (FPDTA-MPT), accusés par la Commission fédérale d’électricité, à cause de leur opposition au Projet intégral Morelos et de leur défense de la terre et de l’eau.

JALISCO

*Cirilo Rojas López et Casiano Pérez Magallón, Jorge de los Santos Pérez, Vicente Paredes Perales, José Abraham de la Rosa Sanabria, Ismael de los Santos González, Petra Sanabria Claro et Manuel Alejandro Jacobo Contreras, habitants et membres de la communauté coca de Mezcala de La Asunción, sous le coup, depuis septembre 2011, des accusations de l’envahisseur Guillermo Moreno Ibarra et de poursuites judiciaires injustes, à cause de leur défense du territoire communal. Salvador de la Rosa Paredes, accusé lui une première fois puis de nouveau récemment par l’envahisseur mentionné plus haut.

Nous exigeons de manière identique la fin du harcèlement et des menaces à l’encontre de nos frères et sœurs suivants :

PUEBLA

*Le lundi 4 août dernier, alors que nous étions en train de réaliser cette rencontre, 10 fonctionnaires publics de l’Institut fédéral des communications (IFETEL), dirigés par Raul Leonel Mulhia Arsaluz et accompagnés de deux patrouilles et de trois camionnettes de la police fédérale préventive, ont violemment perquisitionné les locaux de Radio Zacatepec, dans la communauté nahua de Santa María Zacatepec (municipalité de Juan C. Bonilla) et y ont confisqué un transmetteur, deux micros, un transformateur, un processeur et une console. Quelques minutes après, dans la communauté nahua de San Bernardino Tlaxcalancingo (municipalité de San Andrés Cholula), huit hommes habillés en civil, portant un pantalon et une chemise blanche sans logo mais avec un badge de l’IFETEL comme identification, accompagnés de trois patrouilles de la police fédérale préventive qui ont bloqué l’accès à la rue, menacèrent la compañera Maria Eugenia Toxcoyoa, opératrice de Radio Axocotzin, de faire usage de la force publique si elle ne leur permettait pas l’entrée dans les locaux de la radio. Six hommes sont alors entrés, endommageant les installations et confisquant le transmetteur, l’écran, trois micros et le processeur qui contenait toute la mémoire historique, social et politique recueillie par la radio auprès du Conseil auxiliaire de Tlaxcalancingo. Ces actions ont été orchestrées par le gouvernement fédéral et le gouvernement de Rafael Moreno Valle, dans le but de freiner la lutte des villages des Etats de Tlaxacala, Puebla et Morelos contre le Plan intégral Morelos.

MICHOACÁN

*Cemei Verdía Zepeda, commandant de la police communautaire de Santa María Ostula, à qui on tente de fabriquer un délit de tentative d’homicide, en réaction à sa lutte contre la spoliation des terres et des ressources naturelles.

ÉTAT DE MEXICO

*Rey Pérez Martínez ex-président du Bureau de l’ejido de San Pedro Tlanixco, et Santos Alejandro Álvarez Zetina, sous le coup d’une répression systématique déclenchée à leur encontre et de la perquisition de leurs foyers à des heures très avancées de la nuit, qui empêche leur retour sur place depuis maintenant 11 ans.

OAXACA

*Carmen Ruiz Martinez, membre de l’APPJ ayant reçu par téléphone des menaces de mort de la part de sicaires de l’entreprise "Gas Natural Fenosa" qui tentent de la séquestrer.

*Raul Javier Gatica Bautista, indigène mixtèque exilé hors du Mexique à cause des constantes menaces de mort qu’il recevait en réaction à sa lutte pour la défense du droit des villages membres du Conseil indigène populaire d’Oaxaca Ricardo Flores Magón (CIPO-RFM).

De notre douleur est née notre rage, de la rage notre rébellion, et de la rébellion naîtra la liberté des peuples du monde.

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DEPUIS LA REALIDAD ZAPATISTE, AOÛT 2014

POUR LA RECONSTITUTION INTÉGRALE DE NOS PEUPLES

JAMAIS PLUS UN MEXIQUE SANS NOUS

CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE

ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE

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