Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Tlanixco : forum pour la liberté des défenseurs et défenseuses du territoire

samedi 15 novembre 2014

15 novembre 2014 : tenue du Forum national mexicain pour la liberté des défenseurs et défenseuses du territoire, gardiennes et gardiens des peuples.

Aux peuples originaires du Mexique, regroupés au sein du Congrès National Indigène

Aux communautés zapatistes, qui nous ont écoutés durant la compartición [d’août 2014].

A l’Armée Zapatiste de Libération Nationale

A la Sexta mexicaine et internationale

Aux organisations combatives et de lutte

Avec notre douleur et notre tendresse particulière pour les peuples, familles et amis des emprisonnés pour avoir défendu la vie

Nous sommes celles et ceux qui protégeons ce qui existe aux pieds du grand volcan Xinantécatl. Nous sommes celles et ceux qui avons veillé à ce que les vallées des neuf eaux continuent à étendre leurs veines sur la terre.

Nous, du village nahua de San Pedro Tlanixco, municipalité de l’Etat de Mexico, sommes celles et ceux qui résistons depuis 520 ans à ceux qui ont voulu aspirer à leur profit l’eau, source d’inspiration de notre culture, et base du territoire auquel nous appartenons.

Avec douleur et digne rage, nous communiquons au peuple du Mexique et au monde entier que cinq hommes et une digne femme de notre village se retrouvent en prison depuis déjà plusieurs années pour avoir défendu les veines irrigant le village de Tlanixco contre la voracité des entreprises de floriculture de la municipalité voisine de Villa Guerrero [plus grande zone de production de fleurs du Mexique, exportées dans le monde entier, NdT].

En 2001, nous avons commencé une lutte visant à mettre fin à cette dépossession. Bien que les médias officiels et à la solde, en plus du gouvernement, nous aient alors taxés de « village terroriste » et de «  village violent », notre terre prit de l’importance au sein du Congrès National Indigène. C’est alors que nous vîmes passer par Tlanixco des femmes et des hommes nobles, tels que le purépecha « Tata » Juan Chávez, et une délégation des bases d’appui de l’EZLN.

Mais en 2003 nous avons été réprimés, frappés, et des centaines de policiers et d’anti-émeutes ont constamment envahi notre communauté, durant plusieurs années. Certains de nos proches vivent aujourd’hui hors de nos foyers, et six sont en prison. La peur, la tristesse, la douleur que nous avons vécue durant ces années n’ont pas de nom.

Aujourd’hui, presque dix ans après, nous marchons de nouveau sur les pas d’autres peuples. Nous avons vu, avec rage et douleur, par le biais du CNI, des centres des droits humains, d’organisations et de personnes solidaires, que ce sont chaque fois plus de sœurs et de frères qui sont emprisonnés, partout dans notre pays.

Dans la communauté zapatiste de La Realidad, cet été durant le Moment de Partage qui portait le nom de « David Ruíz García » (compañero - de Xochicuautla - que nous connaissions et que nous aimons, et que nous avons vu partir de nos propres yeux), nous nous sommes vus dans le reflet de beaucoup de personnes, qui souffrent pareillement et qui résistent.

Comme les rebelles et infatigables personnes qui donnent écho à la voix du Loxicha Álvaro Sebastián [emprisonné depuis 10 ans, accusé d’actions de résistance armées] ; comme les villages des flancs du volcan Popocatépetl, qui veillent sur Juan Carlos Flores et sur Enedina Rosas [emprisonnés au printemps 2014 pour avoir tenté d’empêcher la construction d’un gazoduc par l’entreprise italienne Bonatti]. Comme la tribu yaqui [dans le Nord du Mexique], qui défend sa rivière tout comme nous, et qui souffre aujourd’hui de l’emprisonnement de Mario Luna et de Fernando Jiménez. Comme les combatifs Tzeltales de San Sebastián Bachajón [Chiapas], qui résistent à une autoroute et à la spoliation, tout près des cascades d’Agua Azul, et qui ont souffert récemment de l’emprisonnement de Juan Antonio Gómez, Roberto Gómez Hernández et Mario Aguilar. Comme de nombreuses personnes dans tout le pays.

Avec près d’une décennie avec cette douleur dans le cœur, nous avons décidé de lever la voix une fois pour toutes, et de convoquer des familles, des villages ayant des prisonniers, des ex-prisonniers, des centres des droits humains et des accompagnateurs de la liberté, pour un échange et un moment de partage des expériences, au sein du premier Forum National pour la liberté des défenseuses et défenseurs du territoires, gardiennes et gardiens des peuples, ces 15 et 16 novembre, dans la communauté nahua de San Pedro Tlanixco, municipalité de Tenango del Valle, Etat de Mexico, dans les contreforts du volcan Xinantécatl.

Que partagent leur histoire celles et ceux qui ont souffert de la prison et de l’exil. Que les familles expriment leurs sentiments, et que soit contée notre histoire, que nous expliquions les raisons réelles (telles que la spoliation, les mégaprojets, la discrimination, et un large etcétéra) pour lesquels nos personnes chéries nous ont été arrachées de notre territoire, pour être emmenés en prison. Que les prisonnières et les prisonniers eux-mêmes et elles-mêmes nous content leur expérience, leur force, et leurs paroles, en tant que gardiennes et gardiens de nos peuples.

Nous voulons également faire savoir que durant cet évènement, sera constitué le “mouvement pour la liberté des défenseurs de l’eau et de la vie de San Pedro Tlanixco”.

Et donc nous vous y attendons, vous, et vos voix, pour la liberté de toutes et tous, et parce que notre territoire reste incomplet sans qu’ils nous rejoignent à nouveau, pour la libération de nos êtres aimés de Tlanixco : Rómulo Arias Mireles (huit ans de réclusion, condamné à 54 ans de prison), Teófilo Pérez González (11 ans de réclusion, condamné à 50 ans), Pedro Sánchez Berriozábal (11 ans de prison, condamné à 52 ans) et ceux en attente de jugement : Lorenzo Sánchez Berriozábal (8 ans de prison), Marco Antonio Pérez González (8 ans de prison) et Dominga Martínez González (7 ans de prison), accusés y accusée d’assassinat, avec toutes les circonstances aggravantes.

Pour l’annulation également des ordres d’arrestation pesant contre Santos Alejandro Álvarez Zetina et Rey Pérez Martínez.

Les familles et les compañeros de la détenue et des détenus et pourchassés de San Pedro Tlanixco, municipalité de Tenango del Valle, Etat de México.

POUR LA LIBERTE DES DEFENSEURS DE L’EAU ET DE LA VIE !

PRISONNIERS POLITIQUES, LIBERTE !

San Pedro Tlanixco, Etat de Mexico, octobre 2014.

trad 7NubS

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