Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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depuis Paris pour le Mexique

Même sous État d’urgence, nous lutterons pour la liberté !

lundi 14 décembre 2015

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Depuis Paris : même sous État d’urgence, nous lutterons pour la liberté

Compañeras y compañeros prisonnières et prisonniers.

Compañeras y compañeros de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, du Réseau contre la Répression, du Congrès National Indigène, des médias libres et de la Croix Noire Anarchiste.

Compañeras y compañeros qui luttez en bas à gauche :

Sont parvenues jusqu’à notre collectif les invitations aux “journées mexicaines et internationales pour nos prisonniers et prisonnières politiques” qui se déroulent du 6 au 13 décembre 2015, ainsi que les invitations à la campagne “des voix pour la liberté” et à la retransmission radio collective “Nous les voulons libres”.

En tant que CSPCL, nous souhaitons saluer ces efforts, et saluer toutes et tous les prisonnier.e.s, et particulièrement les prisonniers solidarios de la voz del Amate, les prisonnier.e.s de Tlanixco, Cemei Verdia, Mumia Abu Jamal et Leonard Peltier, Alvaro Sebastian Ramirez, Miguel Angel Peralta et les prisonnier.e.s d’Eloxochitlan à Oaxaca, ainsi que leurs familles et leurs compagnon.ne.s, et toutes celles et ceux qui, depuis le bas, luttent contre la prison et l’enfermement.

À cette occasion, nous souhaitons également partager avec vous la gravité de la situation que nous vivons aujourd’hui en France, où les derniers attentats que nous avons subi ce dernier 13 novembre à Paris servent de prétexte à l’État pour renforcer à la fois sa politique de guerre au Moyen-Orient et pour réprimer de manière inédite les luttes sociales, et toute la population de manière générale en France.

Comme vous l’avez peut-être su, le gouvernement français, par soi-disant “mesure de protection” contre les attentats, a décidé au lendemain du 13 novembre de déclarer "l’État d’urgence” durant trois mois, et de procéder à divers changements constitutionnels qui donneront encore plus de pouvoir aux forces militaires et policières françaises. La conséquence immédiate de ces mesures a été la prohibition du droit à manifester dans les espaces publics, les contrôles aux frontières, la réalisation de milliers de perquisitions dans tout le pays, l’assignation à résidence de tous les individu.es declarés suspects par l’Etat, et la neutralisation des droits à la défense.

Comme cela était prévisible, cette répression a accentuée la stigmatisation contre la population immigrée des quartiers pauvres de France, suspectée d’être “responsable” de ces attentats, bien que nous sachions que le terrorisme islamiste est avant tout financé et couvert depuis des dizaines d’années par les monarchies et cartels pétroliers au pouvoir au Moyen-Orient, et que leurs représentants au Qatar, en Arabie Saoudite et en Turquie sont depuis toujours les invités d’honneur de toute la classe politique française.

Dans toute cette agitation, pas un mot sur les conditions sociales qui expliquent le pouvoir de recrutement de Daesh. Pas un mot sur les injustices quotidiennes qui ont fini par donner du sens au départ de milliers de jeunes partis rejoindre les rangs de l’État islamique : choisir une mort glorieuse plutôt qu’une vie misérable... À ce malaise, sévérité à outrance, repli identitaire, fichage et enfermement, renforcement de l’oppression, bombardements aveugles en Syrie, etc.. ont été les réponses prévisibles et dramatiques de l’État français à ces attentats, plongeant délibérement dans le jeu de Daesh.

Mais l’impasse collective poursuit son enracinement sous nos yeux, silencieusement, dans l’isolement, le chômage, la stigmatisation, dans l’organisation même de notre vie sociale. Les discours sécuritaires ne nous font pas oublier que l’appel est saisissant, viscéral pour que les liens et la solidarité se construisent là, tout de suite, qu’ils ont été oublié trop longtemps, et que cet état d’urgence a accru cette réalité déjà violente et percutante. C’est donc à nous plus que jamais d’entendre et de faire entendre ces voix pour défendre nos existences et nos libertés, et réaffirmer qu’il y a là une resistance concrète à la traque des précaires et à l’auto-surveillance.

Nous souhaitons par ailleurs vous faire savoir que ces mesures de répression ont également été déployées contre les participants aux événements et manifestations prévus ces jours-ci contre le sommet climatique mondial, qui a lieu à Paris.

Apres avoir subi le traumatisme de ces attentats qui, comme tant de bombardements militaires, ciblent avant tout des innocents dans l’objectif de terroriser la population civile, aujourd’hui, nous sommes en plus enjoints à devoir supporter la suppression de notre droit de manifestation et d’occupation des espaces publics, les perquisitions généralisées et non justifiées de la police, et l’assignation à résidence totalement arbitraire de plusieurs de nos compañeras et de nos compañeros, impliqués ou non dans les mobilisations contre ce sommet climatique de l’hypocrisie.

Un compañero concerné faisait savoir à ce sujet : “Il faut bien dire que l’assignation à résidence et le contrôle judiciaire trois fois par jour, c’est une peine. Ce n’est pas une mesure préventive, c’est une mesure punitive. Ça s’apparente à une peine d’enfermement ; en fait, c’est à peu près comme le port d’un bracelet électronique. Cette peine est prononcée sans instruction, sans jugement, sans preuve, et même sans infraction. On punit un profil (le mien en l’occurence), c’est-à-dire qu’on ne me sanctionne pas pour quelque chose que j’aurais fait, mais pour ce que je suis (ou ce que je suis supposé être).”

Nous voulons vous faire savoir que l’usage désormais assumé de telles mesures de “neutralisation préventive” par l’État français est particulierement préocupant à nos yeux. Cela encore plus dans un contexte dans lequel on craint pour janvier 2016 une attaque massive des forces de police sur la lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et sa « Zone à Défendre ».

Bientôt se termineront la mascarade internationale du sommet climatique de Paris et le spectacle désolant des élections régionales actuellement en cours, qui ne font que confirmer l’uniformisation des autorités politiques, militaires et policières de ce pays autour des valeurs de l’extrême droite. Dans ce contexte, surtout, nous continuerons de notre côté à lutter pour la liberté et l’autonomie, malgré toute cette propagande médiatique qui cherche à convaincre les gens du peuple de faire confiance à nos bourreaux pour nous "protéger" du chaos mondial.

Nous manifestons en conséquence notre totale solidarité avec tout.e.s les compañer@s touchés par la répression ici en France tout comme au Mexique, et nous vous invitons à dénoncer et à rester attentifs à ce qui pourrait se passer en France et à Notre-Dame-des-Landes dans les prochains mois.

Depuis ce Paris endolori et sous asphyxie,

compañeras et compañeros, nous vous envoyons des milliers d’embrassades !

Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte (CSPCL - Paris)

CARTA EN ESPAÑOL :

Desde París : incluso bajo el Estado de emergencia, lucharemos por la libertad

Compañeras y compañeros presxs.

Compañeras y compañeros del Ejército Zapatista de Liberación Nacional, de la Sexta, de la Red contra la represión, del Congreso Nacional Indígena, de los medios libres y de la Cruz Negra Anarquista.

Compañeras y compañeros que luchan, abajo y a la izquierda :

Llegaron hasta nuestro colectivo las convocatorias para la “Jornada nacional e internacional por nuestras compañeras y compañeros presos políticos”, que se desarrollan del 6 al 13 de diciembre de 2015, así como las convocatorias para la campaña “Voces para la libertad” y para la retransmisión colectiva “Los queremos libres”.

Como colectivo, queremos saludar estos esfuerzos, y saludar a todxs los presxs, particularmente a los presos amigos de la voz del Amate, a lxs presxs de Tlanixco, a Cemeí Verdía, a Mumia Abu Jamal y a Leonard Peltier, a Álvaro Sebastián Ramírez, a Miguel Ángel Peralta y a lxs presxs de Eloxochitlán en Oaxaca, así como a sus familias y sus compañerx, y a todos aquellxs que, desde abajo, luchan contra la prisión y el encierro. En esta ocasión, queremos también compartir con ustedes la gravedad de la situación que vivimos hoy en día en Francia, en donde los últimos atentados que sufrimos el último 13 de noviembre en París le sirven de pretexto al Estado para reforzar, tanto su política de guerra en Medio Oriente, como para reprimir de manera inédita las luchas sociales en Francia y la población en general.

Como quizás se enteraron, el gobierno francés decidió declarar un día después del 13 de noviembre, como supuesta medida de “protección” ante los atentados, el “Estado de emergencia” durante tres meses, y proceder a varios cambios constitucionales que darán aún más poderes a las fuerzas militares y policiacas francesas. La consecuencia inmediata de estas medidas fue la prohibición del derecho a manifestarse en los espacios públicos, los controles fronterizos, la realización de miles de cateos en todo el país, el arresto domiciliario de todos los individuos declarados “sospechosos” por el Estado y la neutralización de los derechos de defensa.

Como era previsible, esta represión ha acentuado la estigmatización de la población inmigrante de los barrios pobres de Francia, sospechosa de ser “responsable” de estos atentados, aunque bien sabemos que el terrorismo islamista es, antes que nada, financiado y protegido desde hace decenas de años por las monarquías y carteles petroleros que controlan el Medio Oriente, y cuyos representantes en Qatar, Turquía y Arabia Saudita han sido desde siempre los invitados de honor de los políticos franceses.

Dentro de toda esta agitación, ni una palabra sobre las condiciones sociales que explican el poder de reclutamiento de Daesh. Ni una palabra sobre las injusticias cotidianas que terminan por dar sentido al hecho de que miles de jóvenes salieron de Francia para unirse a las filas del Estado Islámico, y elegir así una muerte “gloriosa” más que una vida miserable... Ante este malestar, la severidad a ultranza, el repliegue identitario, el fichaje y el encierro, el reforzamiento de la opresión, los bombardeos sin sentido en Siria, etc.. fueron las respuestas previsibles y dramáticas del Estado francés ante estos atentados, sumergiendóse deliberadamente en el juego de Daesh.

Pero el callejón sin salida continúa su enraizamiento ante nuestros ojos, silenciosamente, en el aislamiento, el desempleo, la estigmatización, en la organización misma de nuestra vida social. Los discursos sobre la seguridad pública no nos hacen olvidar que el llamado es sobrecogedor, visceral, para que los lazos y la solidaridad se construyan ahí, rápidamente, en donde fueron olvidados por mucho tiempo, y que este estado de emergencia ha acrecentado esta realidad ya violenta y contundente. Nos toca entonces a nosotrxs, ahora más que nunca, escuchar y hacer que sean escuchadas esas voces para defender nuestras existencias y libertades, y reafirmar que ahí existe una resistencia concreta ante la persecución de aquellos que están en la precariedad y ante la autovigilancia.

Nos gustaría, por otro lado, hacerles saber que estas medidas de represión fueron también desplegadas en contra de los participantes en los eventos y manifestaciones previstos en estos días contra la cumbre climática mundial, que tuvo lugar en París.

Después de haber padecido el traumatismo de estos atentados que, al igual que los bombardeos militares, tienen como objetivo, antes que nada, a los inocentes, con el fin de aterrorizar a la población civil, hoy, además, se nos impone soportar la supresión de nuestro derecho a manifestarnos y a ocupar los espacios públicos, los cateos generalizados e injustificados de la policía y el arresto domiciliario totalmente arbitrario de varios de nuestras compañeras y compañeros, implicados o no en las movilizaciones contra la cumbre climática de la hipocresía.

Un compañero afectado expresaba al respecto : “hay que aclarar que el arresto domiciliario y el control judicial tres veces por día, es una condena. No es una medida preventiva, es una medida punitiva, que se asemeja a una condena de encarcelamiento ; de hecho, es un poco lo mismo que estar forzado a llevar una pulsera de vigilancia electrónica. Esta condena es impuesta sin indagación previa, sin juicio, sin pruebas e, incluso, sin infracción. Se castiga un perfil (en este caso, el mío), es decir, no me sancionan por algo que haya hecho, sino por lo que soy (o lo que se supone que soy).”

Queremos manifestarles que el uso, desde ahora asumido, de tales medidas de “neutralización preventiva” por parte del Estado francés es especialmente preocupante para nosotrxs. Aún más en un contexto, en el cual tememos, para enero de 2016, un posible ataque masivo de las fuerzas policiacas en contra de la lucha que se opone a la construcción del aeropuerto de Notre-Dame-des-Landes y su “Zona por defender”.

Están a punto de terminar la farsa internacional de la cumbre climática de París y el espectáculo desolador de las actuales elecciones regionales, que no hacen sino confirmar la uniformización de las autoridades políticas, militares y policiacas de este país alrededor de los valores de la extrema derecha. En este contexto, sobre todo, continuaremos por nuestra parte luchando por la libertad y la autonomía, a pesar de toda esta propaganda mediática que busca convencer a la gente del pueblo para que confiemos en nuestros verdugos para “protegernos” del caos mundial.

Por lo tanto, manifestamos nuestra completa solidaridad con todxs lxs compañerxs afectados por la represión, tanto en Francia como en México, y los invitamos a denunciar y a permanecer atentos a lo que pudiera pasar en Francia y en Notre-Dame-des-Landes durante los próximos meses.

¡Desde este Paris adolorido y bajo asfixia, compañeras y compañeros, les enviamos miles de abrazos !

Comité de Solidaridad con los Pueblos de Chiapas en Lucha (CSPCL – Paris)

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