Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
Accueil du site > Congrès National Indigène > Tlanixco > Deuxième dénonciation publique de Tlanixco

Deuxième dénonciation publique de Tlanixco

mardi 1er décembre 2015

MOUVEMENT POUR LA LIBERTÉ DES DÉFENSEURS DE L’EAU ET DE LA VIE DE LA COMMUNAUTÉ INDIGÈNE NAHUA DE SAN PEDRO TLANIXCO, TENANGO DEL VALLE, ÉTAT DE MÉXICO, 7 DÉCEMBRE 2015

DEUXIÈME DÉNONCIATION À L’OPINION PUBLIQUE

Au Congrès National Indigène

Au Comité Clandestin Révolutionnaire Indigène – Commandement Général de l’EZLN

À la Sexta Nationale et Internationale

Au Réseau contre la Répression et pour la Solidarité

Aux peuples, tribus, quartiers et nations du Mexique et du monde

Aux compañeras y compañeros qui luttent dans le Monde

Aux compas des médias libres, autonomes, alternatifs ou bien quel que soit leur nom

Aux proches, ami.e.s et compañer@s de nos prisonnier.e.s :

Mouvement pour la Liberté des Défenseurs de l’Eau et de la Vie de la communauté indigène nahua de San Pedro Tlanixco, Tenango del Valle, État de México, deuxième dénonciation à l’opinion publique dans le cadre de la journée nationale et internationale pour nos prisonnier.e.s.

Recevez au travers de ces lignes une fraternelle, combative et solidaire salutation adressée à toutes les personnes, compañeras et compañeros qui participent à cette Journée nationale et internationale pour nos prisonnier.e.s. Sachez que nous qui formons le Mouvement pour la Llibération des défenseurs de l’Eau et de la Vie de San Pedro Tlanixco, nous faisons nôtre la douleur et la rage de ceux qui, depuis les prisons du Mexique et du monde, partagent avec nous leur coeur libre, et nous répétons à leurs familles, à leurs ami.e.s et compañer@s, que vous n’êtes pas seul.e.s, que nous nous accompagnons dans cette lutte afin que bientôt nous puissions être dans les rues aux côtés de nos prisonnier.e.s, de nos défenseur.e.s de l’Eau et de la Vie, dans nos villages.

En septembre dernier nous vous racontions ce qui est survenu dans notre village depuis 1989, et qu’au jour d’aujourd’hui ils gardent dans la prison d’Almoloya 5 compañeros et 1 compañera. Nous vous racontions aussi que le 11 août 2014 un recours indirect avait été déposé auprès du conseil de la judicature fédérale pour le cas du compañero Lorenzo. Nous allons vous raconter aujourd’hui ce qui s’est passé avec cet appel, et quelques autres choses qui sont survenues au cours de ces années de lutte.

Le 28 septembre 2015 nous avons reçu une mauvaise nouvelle, car nous a été communiqué la résolution du recours déposé pour Lorenzo. Le soi-disant juge Victorino Hernández Infante, premier juge de district en matière de recours et de jugements fédéraux de l’État de México signait le 25 septembre dernier la négation du recours, argumentant que : “la justice de la nation ne protège ni ne concède de recours à Lorenzo Sánchez Berriozabal contre la résolution ayant déclarée irrecevable l’incident de liberté pour évanouissement d’éléments, émise le 21 août 2014 par le premier juge pénal de première instance du district judiciaire de Toluca”.

Nous voulons aussi vous raconter qu’au fil de ces 12 ans et demi où nous avons lutté pour la liberté de nos compañer@s, nous nous sommes bien rendus compte et cela est désormais très clair pour nous, que la justice véritable nous devons la construire depuis en bas, parce que ni les différentes instances de gouvernement, ni les institutions où sont soi-disant défendus les droits humains ne la construisent. Ils la détruisent plutôt, et ne servent qu’à tromper les personnes qui, au contraire, la cherchons et la désirons. Cela, en plus du fait que tout le temps ils ont voulu nous voir comme des moins que rien, qu’ils nous discriminent, en fait.

Comme par exemple lorsqu’ils nous appelaient depuis le cabinet de gouvernement pour nous dire qu’il y aurait une négociation, parce que tout ce qui concernait notre problème pouvait s’arranger, et que quand nous arrivions, les soi-disantes autorités étaient déjà sur place et nous demandaient qu’on leur raconte ce qui s’était passé et nous nous le faisions, et lorsque ces négociations se terminaient, soi-disant pour arriver à une solution, ils nous disaient que non, qu’eux ne pouvaient rien faire et qu’ils devraient en référer à quelqu’un d’autre. C’est ce qu’ils nous ont fait plusieurs fois, ils nous ont convoqué au sous-secrétariat de gouvernement de Toluca, au palais du gouvernement pareil à Toluca, et à d’autres instances du pouvoir judiciaire. De tout cela, nous nous sommes rendu compte que la seule chose qu’ils cherchaient, c’était à nous épuiser, à nous faire céder, parce qu’ils ne nous prêtaient même pas attention, ils ne nous ont même pas écouté et ils se foutent que justice soit rendue. Mais nous leur disons une fois de plus que nous n’allons ni nous rendre, ni nous vendre, ni céder, et que nous allons continuer à lutter pour que nos compañer@s puissent revenir chez eux, dans notre village.

Ceux qui soi-disant défendent les droits humains ici dans l’État de México nous ont également contacté, et ça a été la même moquerie qu’avec ceux du gouvernement, car ils nous ont dit de leur raconter ce qui s’était passé, on l’a fait une fois, et ils nous ont convoqué pour nous dire simplement que nous devions signer un papier, qu’ils ne pouvaient rien faire de plus pour ce cas, que pour le temps qui s’était écoulé plus rien ne pouvait être solutionné. Nous, nous avons refusé de signer, et nous nous demandons du coup : les droits de l’homme ont une date de validité ? Cela aussi, ça a servi à alimenter notre digne rage et notre engagement de continuer à lutter.

C’est la raison pour laquelle nous avons décidé de faire une seconde dénonciation publique, pour que vous, nos compañeros, puissiez continuer à connaître notre histoire, notre rage, et que nous continuions à nous organiser et à nous accompagner, dans la lutte pour nos prisonnier.e.s.

BIEN À VOUS

MOUVEMENT POUR LA LIBERTÉ DES DÉFENSEURS DE L’EAU ET DE LA VIE DE SAN PEDRO TLANIXCO

JAMAIS PLUS UN MEXIQUE SANS NOUS !

LIBERTÉ AUX DÉFENSEUR.E.S DE L’EAU ET DE LA VIE !

PRISONNIER.E.S POLITIQUES, LIBERTÉ !

C’EST EN VIE QU’ILS LES ONT EMPORTÉS, C’EST EN VIE QUE NOUS VOULONS LES RETROUVER !

QUE CESSENT LES AGRESSIONS CONTRE LES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES !

XOCHICUAUTLA ET HUITZIZILAPAN NE SONT PAS À VENDRE, MAIS À AIMER ET À DÉFENDRE !

MILITAIRES HORS DE SANTA MARÍA OSTULA !

Source du communiqué : https://tlanixcolibertad.wordpress....

Traduction 7NubS)