Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Mobilisations à San Cristobal pour la liberté d’Alejandro Díaz Santiz et des prisonnier.e.s politiques

mardi 26 avril 2016

Les 17 et 18 avril 2016, des mobilisations avaient lieu à San Cristobal de las casas afin d’exiger la libération d’Alejandro Díaz Santiz et des prisonnier.e.s politiques. Comptes-rendus.

Conférence de presse, 18 Avril

Liberté immédiate pour Alejandro Diaz Santiz

Bulletin de presse

San Cristóbal de las Casas, Chiapas, México

18 avril 2016

Aujourd’hui nous nou retrouvons, proches et compañeros d’Alejandro Diaz Santiz, en piquet de lutte afin d’exiger la liberté de notre compañero. Le piquet a démarré hier dans le cadre de la “journée mondiale pour les prisonnières et prisonniers politiques”.

Alejandro Díaz Santiz, indigène tzotzil de 35 ans, originaire de la communauté de Tzopetic (Altos de Chiapas), est emprisonné depuis 1999 et accusé d’un crime qu’il n’a pas commis. Alejandro a été arrêté à Veracruz avant d’être condamné pour ne pas avoir pu se défendre en espagnol. Il a été torturé, n’a jamais eu accès à un traducteur et ne comptait pas sur les ressources suffisantes pour avoir une défense légale adéquate. Lorsqu’il était enfermé dans les prisons de Veracruz il a enduré à plusieurs reprises des traitements discriminatoires du fait d’être l’unique indigène tzotzil parmi les prisonniers.

Après des transferts dans différentes prisons du Chiapas, Alejandro est arrivé au CERESO numéro 5 de San Cristóbal de las Casas où il a connu Alberto Patishtán, où il a appris à parler espagnol et où il s’est organisé avec d’autres prisonniers et prisonnières au sein d’un collectif appelé “Solidarios de la Voz del Amate” qui a adhéré à la Sixième Deçlaration de la Selva lacandona. Après de nombreuses actions entreprises tous les membres du collectif obtinrent leur liberté en juillet 2013, à l’exception d’Alejandro.

Depuis lors Alejandro a continué à oeuvrer à la conscientisation des prisonniers au sujet de leurs droits et des processus d’organisation à l’intérieur de la prison. Il a prêté sa voix afin de dénoncer les abus et la corruption des autorités pénitenciaires à l’encontre de la population carcérale.

Le 10 septembre 2015 Alejandro a été transféré de forcé à la prison fédérale de sécurité maximale de Villa de Comatitlán, à Tapachula, Chiapas. Le transfert a été effectué dans le cadre de transferts massifs de prisonniers réalisés à l’aide de plus de 1000 policiers, durant lesquels près de 400 détenus de différentes prisons furent déplacés sous l’étiquette de détenus “à haut risque”.

Ce transfert forcé est une vengeance politique du mauvais gouvernement contre Alejandro afin de le punir pour aider et conscientiser les autres prisonniers, et ne pas se taire face aux abus des autorités pénitenciaires.

Il est nécessaire de préciser que durant ce transfert les propres lois et codes du système pénitenciaire ont été violées, car le délit don test accusé Alejandro Díaz n’est pas du ressort fédéral et sa conduite au sein de la vie carcérale n’est pas considérée comme “à haut risque”, sauf pour le mauvais gouvernement pour lequel lutter pour ses droits et les droits d’autrui constitue un délit dont la gravité est de cette ampleur. Le transfert a eu lieu malgré la promesse faite par le gouverneur du Chiapas Manuel Velazco Coello, au moment du changement d’exécutif, de solutionner son cas auprès du gouverneur de Veracruz. Nous savons bien que le parti vert, au pouvoir au Chiapas, réalise effectivement les choses, mais ce qu’il réalise c’est le contraire de ce qu’il promet, tout comme tous les partis politiques.

Malgré les conditions difficiles dans lesquels il se trouve Alejandro, qui a été complètement rasé et qui endure l’isolement et des fouilles à corps continuelles, reste debout et mobilisé.

L’exigence de liberté des organisations présentes aujourd’hui s’inscrit dans la résolution prochaine d’un recours effectué en réponse au déni de l’autorité pénitentiaire de l’État de Veracruz de réaliser le rémission partielle de sa peine, qui si il s’avérait positif assignerait à Alejandro Díaz une remise de peine qui lui permettrait de bénéficier de la liberté.

Une forme immédiate à la disposition du mauvais gouvernement qui permettrait de mettre un terme à la longue injustice qu’il subit.

Proches d’Alejandro Diaz Santiz

Solidarios de La Voz Amate

Groupe de Travail “No Estamos Todxs“

Source : blog de No estamos todxs

17 avril : Journée Internationale des Prisonnier.e.s politiques

Cette initiative surgit en 2005 à Donostia, Euskal Herria, lorsque les différentes organisations participantes s’accordèrent sur une journée internationale qui puisse mettre en lumière la situation des milliers et milliers d’activistes sociaux pris en otage pour avoir lutté pour la transformation de leurs divers réalités. Cette date était déjà symbolique pour les mouvements palestiniens depuis 1974, et vécue non pas comme une journée de célébration mais comme une journée de lutte et de mobilisation pour la libération des prisonnier.e.s politiques contre la répression de l’État occupant d’Israël.

Ici au Chiapas, comme chaque année, nous en profitons pour remmémorer ceux qui continuent à être enfermés pour avoir défendu leur territoire, leur communauté, leur famille et leurs droits. Aujourd’hui nous voulons crier une fois de plus notre rage face à la détention injuste et exiger la libération immédiate d’Alejandro Díaz Santiz des “Solidarios de la voz del Amate”, la libéwration immédiate de Santiago Moreno Perez, Emilio Jimenez Gomez et Esteban Gomez Jimenez prisonnniers originaires de l’Ejido de San Sebastián Bachajón, et des autres adhérents à la Sixième déclaration de la Selva Lacandona de l’EZLN enfermés dans tout le pays, comme c’est le cas d’Álvaro Sebastián Ramirez à Oaxaca.

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Antonio Díaz
père d’Alejandro Díaz Santiz
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Juan Collazo
ex-prisonnier du groupe des Solidarios de la Voz del Amate

Il est clair pour nous que la prison politique est un instrument aux mains des puissants afin de faire taire la voix des peuples et de qui, dans les différents recoins de la planète, luttent pour un monde plus digne.

Soutenir la résistance des prisonnier.e.s politiques au Chiapas, tout comme Léonard Peltier et Mumia Abu Jamal enfermé aux Etats-Unis, des prisonniers du mouvement NO TAV en Italie, de Marco Camenisch et des autres anarchistes poursuivis comme celles et ceux détenus par l’État espagnol dans le cadre de l’opération Pandora et Piñata, ou comme les centaines de prisonnières et prisonniers politiques d’Euskal Herria, c’est soutenir l’humanité qui fleurit et lutte jusque dans les recoins les plus obscurs de las mazmorras du pouvoir.

Liberté pour toutes et tous !

No estamos todxs

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