Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Retour sur 1 mois et demi de lutte des comp@s de Bachajon

mercredi 25 février 2015

Mexique / Chiapas : #Bachajón : résistance indigène contre un mégaprojet touristique

Fotos@Valk

La digne lutte des peuples autochtones tzeltal de l’ejido* de San Sebastián Bachajón, adhérents [en grande partie – ndt] à la Sixième Déclaration de la Forêt Lacandone, dans la défense de leur territoire ancestral, la culture, la tradition et de l’identité, est devenue quelque chose de presque légendaire. Ils ont souffert de l’assassinat de deux de leurs dirigeants communautaires : Juan Vázquez Guzmán, le 24 avril 2013, et Juan Carlos Gómez Silvano, le 21 mars 2014, ainsi que la violence, la torture, l‘emprisonnement injuste, la disparition forcée, les attaques, les menaces, le harcèlement, l’intimidation et la présence continue de la police… Mais sa digne résistance contre la dépossession de leurs terres pour la construction d’un mégaprojet touristique demeure.

Le 21 Décembre 2014, plus de 400 ejidatarios ont récupéré pacifiquement les terres d’usage courant dont ils avaient été dépouillé illégalement le 2 Février 2011 par les “trois niveaux de gouvernement” et leurs partisans locaux. La date de la reprise est très symbolique : le deuxième anniversaire de la marche silencieuse des zapatistes et le jour de l’inauguration du Festival mondial de la Résistance et Rebeldías, organisée par le Congrès National Indigène (CNI) et l’Armée Zapatiste de Libération Nacional (EZLN).

Fotos@Valk

Au coeur de la terre volée par le gouvernement passe la route d’accès au centre d’écotourisme des cascades spectaculaires de Agua Azul, située dans la ville de Tumbalá, entouré par une belle, riche faune forestière et des ressources naturelles. Par conséquent, les gouvernements et les entreprises privées sont impatients de profiter de ces terres et installer un projet touristique d’élite, des hôtels de luxe, terrains de golf et une autoroute. Mais l’usage des terres communes appartient éthiquement et pénalement aux propriétaires fonciers que sont les peuples autochtones.

Les terres de Bachajón sont légalement protégées par la suspension du plan accordé en appui “274/2011″. La décision juridique de cet appel doit être prise dans les prochaines semaines et est très susceptible d’être favorables à la protection des droits collectifs des indigènes autochtones. Surtout, les propriétaires ont choisi de passer par des moyens légaux et pacifiques, cherchant toujours le dialogue au sein des communautés locales.

Pendant 18 jours et nuits, 500 femmes, hommes, jeunes et vieux ont formé des cordons pour surveiller par rotation leur territoire récupéré. Ils ont reçu plusieurs menaces et intimidation, et il ya une crainte constante d’une attaque et d’une expulsion par la police et les groupes paramilitaires contrôlés par l’élu Alejandro Moreno Gómez et le conseiller à la sécurité Samuel Díaz Guzmán.

Dans la matinée du 9 Janvier 2015 ; plus de 900 membres des forces étatiques et fédérales ont violemment expulsé les ejidatarios, forçant beaucoup à fuir vers les collines et les forêts. Dénonçant l’attaque, les villageois ont confirmé que cela ne fait que renforcer leur conviction de continuer leur lutte et leur résistance.

Fotos @Valk

Le 11 Janvier 2015, les Indiens de San Sebastián Bachajón, en signe de protestation et de résistance pacifique, ont bloqué la route Ocosingo-Palenque, au croisement de la cascade de Agua Azul. La police de l’Etat du Chiapas a tiré sur les ejidatarios pendant 20 minutes, en utilisant des armes de gros calibre ainsi que des balles de caoutchouc. Trois personnes ont été blessées. Malgré cela, après une heure de résistance, les indigènes de Bachajón repoussèrent les forces gouvernementales et maintiennent toujours leur présence à ce jour.

Les ejidatarios et leurs compagnons du monde entier ont déclaré qu’ils rendent responsables les trois gouvernements de toute atteinte à leur vie et à leur sécurité dans leurs actions pour la défense de la terre. Actuellement ils demeurent dignes dans leur lutte et appellent à la solidarité et aux actions nationales et au soutien international. Un exemple de ces actions est le Forum mondial qui a eut lieu le 18 Janvier dans le CIDECI Unitierra à San Cristobal de Las Casas au Chiapas.

Fotos@Valk

Dans une déclaration le 10 Janvier 2015, les ejidatarios ont dit sans détour ce qui motive leur combat : “Nous voulons dire au mauvais gouvernement (…) que notre terre n’est pas à vendre ; dans notre territoire, ils ne feront pas leur grand projet d’écotourisme et d’autoroutes, nous n’allons pas permettre que les communautés soient déplacées et que cela augmente la pauvreté seulement pour que vous vous enrichissiez au détriment de notre souffrance”.

Article de Ricardo Lagunes et Jessica Davies

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