Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Gênes 2001

Après Gênes

mercredi 1er août 2001

Il est important de continuer la discussion : le "mouvement" est dans la tourmente provoquée par une répression de type fasciste [1] qui s’est manifestée à Göteborg, en Suède sociale-démocrate, avant d’être systématisée en Italie berlusconienne. Le sous-commandant insurgé Marcos n’avait donc pas tort quand il analysait dans son Oxymoron, il y a plus d’un an, la formation d’un fascisme libéral, mais, si la pratique policière, à Göteborg et à Gênes, rappelle de vieilles méthodes - fascistes ou staliniennes -, Mumia Abu-Jamal, du fond du couloir de la mort, sait qui mène le carnage : "Pour s’être opposé aux règles du capital, pour s’être opposé à l’empire de la richesse, Carlo Giuliani a été exécuté par les pistoleros du capital."

Du côté des spécialistes et autres experts en globalisation, on s’accorde sur l’origine de la violence et de la répression des manifestations contre le gang des huit.

Susan George, vice-présidente d’Attac, en attribue la responsabilité au "black bloc" : "(...) a los auténticos Blacks (...) ¿Estaís contentos de vuestros manejos unilaterales, antidemocráticos ; de haberos mezclado voluntariamente con unos manifestantes pacíficos que han sido así gaseados y golpeados ; de haber respondido a unas provocaciones policiales (...) ; de haber querido y buscado sus sangrientas respuestas ? ¿Estaís contentos de que, por fin, tengamos un mártir ? (...) Carlo Giuliani (...) iba a esa manifestación con sus convicciones (...) ; no eran las nuestras, pero protestaremos por su ejecucion [2] (El Pais, 29 juillet 2001).

Klaus Schwab, fondateur et organisateur du World Economic Forum de Davos, après un hommage appuyé aux "manifestations pacifiques", qui "peuvent (...) influencer de manière positive le monde des affaires ainsi que les gouvernements", ne dit pas autre chose : "Les manifestants pacifiques (...) sont frustrés par les agissements d’une faible minorité, dont l’unique objectif est la violence. La mort d’un manifestant était atroce et bouleversante pour chacun d’entre nous. Les anarchistes sont à l’origine de cette mauvaise image véhiculée partout, cela au détriment de la majorité pacifique" (Libération, 30 juillet 2001).

Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte entend répondre à ces accusations et publie, après le texte de deux libertaires sur les manifestations contre le "sommet des Amériques" à Québec, des témoignages et réflexions : sur le "black bloc", satanisé après Seattle déjà ; sur les manifestations de Gênes et leurs composantes.

Car c’est bien à partir de nos luttes, ici, que se développe notre solidarité avec les insurgés, là-bas.

Notes

[1] Le terme "fasciste" suscite une sérieuse discussion dans l’assemblée du comité de solidarité, certains voient plutôt un "totalitarisme démocratique"... La discussion reste ouverte.

[2] "Aux authentiques Blacks (sic), vous êtes contents de vos manœuvres unilatérales, antidémocratiques, de vous être mêlés volontairement aux manifestants pacifiques qui ont été gazés et frappés ; d’avoir répondu aux provocations policières ; d’avoir voulu et cherché leurs sanglantes réponses ? Vous êtes contents que, finalement, nous ayons un martyr ? Carlo Giuliani. Il allait à cette manifestation avec ses convictions ; elles n’étaient pas les nôtres, mais nous protesterons contre son exécution.""

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