Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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communiqué de l´EZLN

"ET DANS LES COMMUNAUTÉS ZAPATISTES ?"

samedi 21 mai 2016

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ARMÉE ZAPATISTE DE LIBÉRATION NATIONALE.

Mexique.

Février 2016

Aux Compañer@s de la Sexta :
A qui de droit :
Compañeroas, compañeros et compañeras :

Maintenant nous allons vous parler un peu de comment vont les
communautés zapatistes où résistent et luttent les bases de
soutien.

Ce que nous allons vous relater maintenant vient des rapports des
propres compañeras et compañeros zapatistes, responsables dans
les villages, responsables de commissions (par exemple santé,
éducation, jeunes etc.), autorités autonomes et responsables
organisateurs. Mais avec les Comp@s du Comité nous l’avons
vérifié pour voir si ce ne sont pas des mensonges, ou s’ils ne les
changent pas pour que ça paraisse bien et cacher ce qui ne va pas.
Le travail de ces écrits, ce n’est pas de dire des mensonges à nos
comp@s de la Sexta, ni à ceux qui soutiennent et sont solidaires.
Ni à vous, ni à eux, ni à elles, ni à personne d’autre.

Si nous n’avançons pas correctement, nous le disons clairement,
non pas pour que vous vous sentiez plus tristes que vous ne l’êtes
à cause de tout ce qui se passe là-bas, dans vos géographies et
dans vos calendriers. Nous le disons car c’est notre manière de
vous rendre des comptes, c’est-à-dire de vous informer, et que
vous sachiez si nous prenons le chemin que nous vous avions dit,
ou bien si en fait nous sommes passés à autre chose, peut-être en
répétant les mêmes vices que nous critiquons.

Mais si nous avançons correctement, et bien nous voulons aussi
que vous le sachiez, pour qu’ainsi vous vous réjouissiez avec le
coeur collectif que nous sommes.

Comment savons-nous si nous avançons correctement ou non ? Et
bien pour nous, femmes et hommes zapatistes, c’est très simple :
les peuples parlent, les peuples commandent, les peuples font, les
peuples défont. Au moment où quelqu’un prend le mauvais
chemin, rapidement le collectif lui donne comme qui dirait sa
remontée de bretelles, et ou il se corrige, ou il prend la porte de
sortie.

C’est ça notre autonomie : le chemin c’est le nôtre, c’est nous qui le
prenons, nous qui faisons les bons choix, nous qui nous trompons,
nous qui nous corrigeons.

En résumé nous vous disons la vérité, car vous devez en avoir
vraiment marre des mensonges et en être lassés. Et bien qu’elle
fasse parfois mal, la vérité soulage toujours.

C’est à dire que nous ne voulons pas faire comme les mauvais
gouvernements qui se sont beaucoup maquillé ces derniers jours,
soit-disant pour faire plaisir au visiteur de passage, pour qu’il ne
voit pas ce qu’il se passe en bas [1]. Mais ce maquillage n’a servi qu’à démontrer combien les gouvernements sont faux. Vous croyez
vraiment que n’importe qui de modérément intelligent ne verrait
pas la réalité ? Qu’il se manifeste ou pas par rapport à cette réalité,
et la forme avec laquelle il le fait, c’est autre chose, et c’est son
problème.

Bon, en un peu de mots. Ce que nous vous racontons maintenant
vient en complément de ce qui a déjà été expliqué dans les livres
de la Petite École Zapatiste. Si vous n’avez pas assisté à la Petite
École Zapatiste, que ce soit en communauté ou extra-muros, ou
bien si vous ne connaissez pas ce que disent les livres de texte, et
bien nous vous recommandons de les lire. Á l’intérieur, vous allez
apprendre comment s’est déroulé le processus de construction de
l’autonomie.

Ce qu’il se passe là, c’est nouveau, ce sont des nouvelles choses qui
apparaissent, c’est à dire que ça n’existait pas il y a un ou deux
ans :

- La croissance zapatiste se maintient. Il y a de plus en plus
de jeunes hommes et jeunes filles qui rentrent.

- Pour ce qui est de la santé, les compañeras et les
compañeros sont sur le bon chemin. Ce qu’on voit, c’est que
dans leurs cliniques autonomes il y a moins de personnes
qui arrivent car le travail de prévention a beaucoup
augmenté, grâce aussi au suivi que procurent les
promoteurs de santé autonome. C’est à dire que les gens
sont moins malades. Dans les cliniques zapatistes
autonomes, ceux qui arrivent de plus en plus fréquemment
ce sont les gens des partis politiques.

- Pour ce qui est de l’éducation, pour l’éducation primaire
c’est pareil. Mais maintenant il y a une nouvelle exigence
des communautés : le collège et le lycée. Dans certaines
zones il y a un collège, mais pas partout. Maintenant, il y a
des jeunes hommes et des jeunes femmes qui demandent
l’éducation supérieure. Ils ne veulent pas des ateliers, mais
des études supérieures dans les Sciences et dans les Arts.
Mais pas des études selon le mode capitaliste des universités institutionnelles, mais des études selon notre mode. Sur ce point on a encore beaucoup à faire.

- Pour ce qui est de l’économie, sans vous raconter ce qui
existe déjà et qui se maintient en termes de travaux
collectifs et individuels (milpa, haricot, plants de café,
volaille, banane, mouton, bétail, boutique, miel d’abeille,
potager, achat et vente de bétail, et autres types de
produits), ce qu’on a constaté c’est que leur production a
augmenté, ce qui a amélioré l’alimentation et la santé,
surtout chez les jeunes et les enfants.

- Dans certaines zones les promoteurs de santé autonome
sont déjà en train de se former en échographie, en étude de
laboratoire, en consultation générale, en odontologie et en
gynécologie. De plus des campagnes de santé préventive
sont réalisées dans les régions. Dans une zone, avec les
bénéfices obtenus par le travail collectif, du bétail, du
matériel de laboratoire et des appareils d’échographie ont
déjà pu être acquis. Ils ont déjà des compañeros et
compañeras formés à l’usage de ces appareils, produit de
l’enseignement réciproque entre promoteurs de santé d’un
caracol à l’autre, c’est-à-dire qu’ils se sont donnés des
cours entre eux -mêmes. Et une autre clinique-hôpital est
déjà en construction, pour qu’à partir de maintenant on
puisse y faire de petites chirurgies, comme cela se fait déjà
à la Realidad ou à Oventik.

- Pour ce qui est du travail de la terre, les collectifs de milpa
[culture de maïs et de plantes associées] et de bétail se sont
beaucoup développés. Avec les bénéfices, en plus de se
procurer des appareils et des médicaments pour les
cliniques, ils se sont acheté un tracteur.

- Pour le commerce, les épiceries coopératives ont obtenu
leur indépendance économique, et ont maintenu des prix
bas pour les familles zapatistes. Cela c’est possible car il n’y
a personne qui s’enrichit sur la hausse des produits de
consommation de base.

- Dans les boutiques autonomes, il n’y pas de vêtements de
marques exclusives ni les dernières modes pour s’habiller,
mais il ne manque ni les naguas [jupes traditionnelles],
habits, blouses, pantalons, chemises, chaussures (la
majorité fabriquées dans les cordonneries autonomes), ni
de ce que chacun utilise pour couvrir ses parties intimes.

- Dans les collectifs de production et de commerce, ce sont
les compañeras qui ont le plus avancé. Il y a quelques
années, une quantité résultant du travail collectif de la
comandancia, des comités et des insurgé-e-s, (oui, nous
aussi nous travaillons pour produire et obtenir de l’argent),
a été destinée à chaque municipalité autonome, pour que
les compañeras bases de soutien la travaillent en collectif
dans ce qui serait décidé par elles-mêmes.

Et il se trouve qu’elles s’en sont sorties meilleures
administratrices que les hommes, car dans une
municipalité les compañeras ont non seulement mis en
place avec succès un collectif de bétail, mais maintenant
elles sont tellement avancées qu’elles mettent leurs vaches
« à partager » dans d’autres villages avec des collectifs de
femmes (« à partager » disent les zapatistes, quand ce qui a
été obtenu se partage en deux, et que cette moitié est
donnée à une autre « partie » ).

Il s’est passé la même chose avec les épiceries
coopératives : elles en sont déjà à faire des prêts aux autres
collectifs de région ou aux villages, et même à des
compañeras individuelles.

- Toutes les municipalités autonomes effectuent un travail
collectif de milpa, et d’autres ont du bétail. Toutes les
régions ont un travail collectif qui donne des bénéfices. Par
exemple, lors de la dernière célébration, les régions ont
coopéré pour la vache qu’ils ont mangé durant la fête et
pour les musiciens.

- La grande majorité des villages effectuent des travaux
collectifs. Dans certains villages, les hommes ne travaillent
pas en collectif mais les compañeras si, et il y a des villages
où se sont 2 collectifs, un collectif de compañeros et un
collectif de compañeras. Individuellement tous luttent pour
aller bien, et ils ont réussi à aller de l’avant et s’en sortir.
Tant les milicien-e-s que les insurgé-e-s travaillent dans des
collectifs de production pour subvenir à leurs besoins et
soutenir les villages.

- Dans le caracol d’Oventik, il ont déjà une tortilleria
autonome. Nous ne savons pas combien coûte actuellement
le kilo de tortilla dans vos géographies, mais à Oventik il est
à 10 pesos le kilo. Et elles sont de maïs, pas de farine
industrielle. Les transports publics font même des voyages
spéciaux pour aller y acheter leurs tortillas. Dans la zone de
Los Altos au Chiapas, là oú se trouve le caracol d’Oventik, on
ne produit pas de maïs. Le maïs est produit dans les régions
de la Selva et est commercialisé entre les collectifs de zone,
pour que les familles zapatistes aient du maïs à bon prix et
sans intermédiaires. Pour ça, on utilise des camions qui ont
été donnés aux Conseils de Bon Gouvernement par des personnes bien attentionnées dont on ne va pas dire le nom, mais elles et nous savons de qui il s’agit.

- Dans beaucoup de villages zapatistes, environ 50%
travaille en collectif, et le reste en individuel. Dans d’autres,
la majorité travaille en individuel. Bien que l’on promeuve
le travaille collectif, le travail individuel qui n’exploite pas
d’autres individus est respecté. Tant dans le travail collectif
que dans le travail individuel, non seulement ils se
maintiennent, mais en plus ils progressent.

- Suivant chaque endroit, c’est comme cela que s’organisent
les travaux collectifs. Il y a des collectifs dans les villages, et
dans certains, il y a des collectifs d’hommes, des collectifs
de femmes et des collectifs de jeunes. Il y a des collectifs de
région ou de commune. Il y a des collectifs de zone ou de
Conseil de Bon Gouvernement. Quand un collectif est plus
avancé, il soutient les autres collectifs qui sont plus en
retard. Ou bien, comme dans certaines régions, le travail
collectif de production alimentaire est destiné aux
internats qui existent pour les écoles secondaires
autonomes.

  • -

Tout ce que nous vous racontons sur ces avancées ne vient pas du
commandement zapatiste, c’est-à-dire que ce n’est pas sorti de la
tête de quelques-uns, mais provient des réunions de partage entre
les villages eux-mêmes.

Lors de ces réunions de partage, ils se racontent leurs travaux,
leurs avancées, leurs problèmes et leurs erreurs. De là sortent de
nombreuses et de nouvelles idées qu’ils échangent entre eux. En
d’autres mots, les compañeros et compañeras s’apprennent les uns
les autres.

Et on vous dit bien sûr que nous, en tant que commandants, nous
apprenons aussi, et beaucoup, de nos compañeras et compañeros
zapatistes.

C’est terrible et merveilleux ce que nous regardons et ce que nous
écoutons, ça l’est tellement que nous ne savons pas ce qui va
ressortir de toute cette avancée.

Nous ne vous parlons pas pour le moment du réarmement des
paramilitaires, de l’augmentation des patrouilles militaires,
aériennes et terrestres, et de tout ce que font les mauvais
gouvernements pour essayer de nous détruire. Nous ne vous
donnons pas plus de détails, parce que nous savons bien que pour
vous non plus ce n’est pas facile, que vos résistances et rébellions
endurent des agressions tous les jours, à toutes heures et de
toutes parts. Et que, quoi qu’il en soit, vous restez rebelles et en
résistance.

Mais nous savons que vous savez que tout ce que nous vous
racontons se déroule au milieu des agressions, des attaques, des
harcèlements, des calomnies et des silences complices. Au milieu
d’une guerre, donc.

Et bien que lors des périodes sombres, comme celle qu’on subit en
ce moment, surgissent des « commerçants de l’espoir », nous, l@s
zapatistes, nous ne nous laissons pas emporter par les balivernes
ecclésiales, séculières ou laïques de soi-disant « nouveaux
constituants » qui veulent « nous sauver » et qui ont recours aux
mêmes vieilles méthodes de coercition qu’ils disent critiquer, et
qui mentent sur de soi-disant soutiens de l’EZLN, tandis qu’ils
tentent de rééditer l’histoire avec le soutien d’ « avant-gardes »
obsolètes, qui ne sont plus depuis longtemps à la hauteur de leur
propre héritage.

L’EZLN ne soutien aucune vente de bijoux de pacotille. Nous
sommes en 2016, pas en 1521, réveillez-vous.

  • -

Compas de la Sexta, Frères et Soeurs du Congrès National
Indigène :

De toutes nos forces, et au milieu de toutes ces turpitudes, nous les
femmes et les hommes zapatistes nous nous préparons au pire,
pour ce qui arrive.

Nous n’avons pas peur. Pas parce que nous sommes téméraires,
mais parce que nous avons confiance en nos compañer@s.
C’est comme si, face à la tempête qui secoue déjà les ciels et les
sols du monde, les bases de soutien zapatistes avaient grandi. Que
c’est maintenant que brille le plus leur habilité, leur sagesse, leur
imagination et leur créativité.

En réalité ce que cherche ces paroles, plus que d’informer ou de
rendre des comptes, c’est de vous embrasser, vous tous, vous
toutes et touzes, et vous rappeler qu’ici, dans ce recoin du monde,
vous avez des compas qui ne vous oublient pas, malgré les
distances entre les calendriers et les géographies.

Mais tout ne va pas bien. Pour être clair, il faut vous dire qu’il y a
un défaut que nous voyons : les femmes zapatistes sont en train
d’avancer plus que les hommes. C’est-à-dire que ça n’avance pas
au même rythme.

Le temps où l’homme était le seul à rapporter la paye pour la
maison s’estompe de plus en plus. Maintenant, dans certaines
zones, les collectifs de femmes donnent du travail aux hommes. Et
ils sont nombreux, les foyers zapatistes où la femme est celle qui
va donner de l’argent à l’homme pour qu’il s’achète tant sa
chemise que son pantalon, son bandana et puis son peigne, pour
qu’il soit bien bel homme, lors des prochaines activités que nous
annoncerons bientôt.

Parce que, peut-être que nous sommes sales, laids et mauvais,
mais en tous cas : nous sommes bien peignés.

Depuis les montagnes du sud-est mexicain.

Sous-commandant Insurgé Moisés.
Sous-commandant Insurgé Galeano.

Mexique, février 2016.

— -

Du Carnet de Notes du Chat-Chien :

Fragment de la conversation entre quelques partidistes et
quelques zapatistes :

Partidistes : En tant qu’EZLN, vous ne recevez pas de programme du
gouvernement comme Procampo, Prospera, Nuevo Amanecer de
los Ancianos ?

Zapatistes : Non.

Partidistes : En tant qu’organisation, qui les subventionne ?

Zapatistes : Nous sommes organisés et nous avons des bases de
soutien qui travaillons ensemble et nous gouvernons, et nous
avons des travaux collectifs et avec ça nous obtenons des
ressources économiques pour soutenir notre résistance.

Partidistes : -Et de quelle manière nous en tant que société civile
pouvons-nous nous organiser, et comment pouvez-vous nous
conseiller, nous guider et nous enseigner ?

Zapatistes : Faites-vous votre idée de la situation avec les médias
libres ou avec le Congrès National Indigène. Nous nous ne sommes
pas là pour dire et pour décider comment vous allez vous
organiser ni pour donner un nom à votre organisation. Que le
peuple pense et décide quoi faire et comment il va s’organiser.

Partidistes : Que devons-nous faire ?

Zapatistes : Notre idée est de faire tomber le système capitaliste.

  • -

Rapport sur la discussion tenue, un matin très tôt du mois de
février, entre celui qu’on appelle Sous-commandant Insurgé
Moisés et le dénommé SupGaleano :

SupMoy : Le rapport dit qu’il y a des menaces de mort et que le
gouvernement veut attaquer les caracoles pour en finir une fois
pour toutes avec le zapatisme, que c’est parce qu’ils font mauvaise
impression aux gouvernements.

SupGal : …

SupMoy : Qu’ils nous cherchent toi et moi pour nous tuer.

SupGal : « Nous tuer » ? C’est pas plutôt « nous arrêter » ?, « nous
capturer » ?

SupMoy : Non, le rapport dit, « pour les tuer ».

SupGal : Ptain d’sa mère, et pourquoi moi ? Ça c’est du racismecolonialiste-hétéro-patriarcal-eurocentré. Si c’est toi le porteparole,
c’est toi qui prends. Moi je suis que le dernier bastion du
machisme zapatiste, et t’as vu qu’on est en franc déclin. En plus,
pourquoi la violence ? Avant, ils disaient seulement « arrêter »,
« convocation », « détention », maintenant « tuer ». Et en plus moi je
suis déjà mort plusieurs fois, ils ne me le prennent pas en compte ?
C’est bon, qu’ils le classifient et mettent « mission accomplie ». Mais
ne change pas de sujet, je te dis qu’il ne faut pas mettre dans le
communiqué l’histoire des collectifs de femmes.

SupMoy : Et pourquoi non ?

SupGal : Ben parce que si on le dit on va avoir des problèmes avec le
genre masculin. Toute une tradition de films de Pedro Infante et de
chansons de José Alfredo Jiménez risquent de disparaître. Toi tu es
d’accord avec le fait que disparaissent des cultures ancestrales ?
Non, n’est-ce pas ?

SupMoy : Ben comme disait le défunt : les dés sont jetés, parce que je
l’ai déjà mis.

SupGal : Comment ?!! Et la solidarité de genre ?

SupMoy : Vaut mieux que tu réfléchisses à quoi faire pour que les
hommes se motivent plus et fassent avancer leurs collectifs.

SupGal : Ok, ok, ok. On a besoin de retourner à nos racines, comme
on dit. Je vais faire un programme spécial pour Radio Insurgente.
Rien de Games of Thrones ni rien de rien ; que des chansons du
grand camarade et dirigeant, premier du nom, roi de Garibaldi,
père des dragons, et seigneur des sept lieux : Pedro Infante.

SupMoy : Hahahahahaha. Ils ne vont pas te le diffuser. C’est une
compañera qui s’occupe de la programmation.

SupGal : P’tain d’sa mère, maudite loi révolutionnaire des femmes !
Et de José Alfredo Jiménez ?

SupMoy : Uuy ! De lui encore moins.

SupGal : Mmh… Les Bukis alors ?... Les Téméraires ?... Brindis ?... Los
Tigres del Norte ? Piporro ?

La discussion a continué jusqu’à ce que le chat-chien, se faisant les
ongles, conclue : ouaf-miaou.

C’était tôt le matin, il faisait très froid et, malgré le fait qu’une
ombre se dressait sur la face de la terre, une petite lumière
réchauffait le mot « résistance ».

J’atteste sur l’honneur de genre.

Note : Cet écrit a été réalisé sur un logiciel libre de traitement de
textes à code source ouvert, avec un système d’exploitation
GNU/Linux sous distro UBUNTU 14.04 LTS, sur un ordinateur de la
marque très célèbre et très select « La Migaja Z.A. de C.V. de R.L »
(note : « Z.A » ce sont les initiales de « Zapatiste Autonome » ;
« C.V » de « Coopération Virtuelle » ; « R.L. » de « Rébellion
Ludique »), modèle « Deus Ex Machina 6.9 », reconstruit (c’est-àdire
qu’il s’est cassé, mais qu’on l’a remonté comme un casse-tête)
au Département de Haute Technologie Alternative Zapatiste
(DATAZ, de par ses initiales en espagnol). Ok, ok, ok, au final ça
donne une figure géométrique tridimensionnelle que nous
appelons « KEKOSAEDRO » -parce que personne ne sait ce que
c’est-, et il y a quelques câbles et quelques vis qui nous sont restés
dans les mains, mais il marche bien… jusqu’à ce qu’il ne marche
plus. « UBUNTU », en langue zoulou, signifie aussi « Je suis parce
que nous sommes ». Dîtes « OUI » au logiciel libre. Fuck Microsoft,
Apple and so forth (if you know what I mean) ! Linux rules !
.


[1Référence à la visite du pape François au Chiapas durant le mois de février 2016.