Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Lettre de solidarité pour San Pedro Tlanixco

jeudi 1er septembre 2016

Dans le cadre de la campagne de solidarité avec San Pedro Tlanixco, proposition a été faite d’envoyer une lettre de solidarité collective.

Le CSPCL se propose de recueillir les signatures francophones avant le 24 septembre pour les envoyer à l’évènement public organisé à San Pedro Tlanixco le 25 septembre, au courrier : cspcl@samizdat.net. Des courriers ou des signatures de soutien peuvent également être directement envoyés avant le 29 septembre prochain, fin de la campagne, au mail : tlanixcolibertad.contacto@gmail.com (écrire en espagnol).

Lettre de solidarité pour San Pedro Tlanixco

Depuis différents endroits du Mexique et du monde, nous nous sommes rendus compte des injustices et de la spoliation dont la communauté indigène nahua de San Pedro Tlanixco a été victime depuis près de 30 ans, d’abord du fait de la construction de l’autoroute privée reliant Tenango à Ixtapan de la Sal, et ensuite du fait de la spoliation de l’eau de ses sources par des chefs d’entreprises de production horticole mexicains et étrangers installés dans la municipalité de Villa Guerrero, ce qui a abouti à la mort d’un de leurs dirigeants et à la séquestration par l’Etat mexicain depuis 2003 [de cinq de] nos compañeros et d’une compañera :

- Rómulo Mireles condamné à 54 ans de prison
- Pedro Sánchez Berriozábal condamné à 52 ans de prison
- Teófilo Pérez González condamné à 50 ans de prison
- Lorenzo Sánchez Berriozábal en attente de sa sentence
- Marco Antonio Pérez González en attente de sa sentence
- Dominga González Martínez en attente de sa sentence

Le 28 mai dernier, après 10 ans d’emprisonnement injuste, l’instruction de nos compañeros Lorenzo et Marco Antonio et de la compañera Dominga a été close, la liberté de nos compañeros et de notre compañera étant désormais aux mains d’un juge qui, selon ses propres termes “regardera le dossier lorsqu’il en aura le temps”. Durant ces 10 années de séquestration, nous savons que les compas sont tombés malades sans avoir eu accès à des soins médicaux, ou bien de manière insuffisante, comme c’était récemment le cas de la compañera Dominga, qui a dû subir une opération chirurgicale durant ces derniers jours. Nous soutenons que la responsabilité de cette maladie et de celles qu’ont subi nos compañeros sont de la responsabilité du mauvais gouvernement qui les réprime et les maintient isolés loin de leur communauté, de leurs compas et de leurs familles.

Comme s’est démontré tout au long de l’histoire du Mexique, la justice ne viendra jamais d’en haut, car de leur part seuls arrivent le mépris, la spoliation, la répression, la discrimination, l’enfermement. C’est pour cela que, en bas, nous devons construire la justice, à nos manières, depuis la solidarité nationale et internationale, en nous jumelant avec les luttes des peuples qui défendent la vie et construisent leur autonomie et leur dignité.

C’est pour cela que nous avons décidé depuis nos géographies de faire écho à la voix de nos compas du Mouvement pour la Liberté des défenseur.e.s de l’eau et de la vie de San Pedro Tlanixco et à leur exigence de justice, parce que si une personne est touchée, tout le monde est touché.

Avec notre digne rage, nous exigeons une sentence absolutoire pour ces compañeros et compañeras, l’annulation des ordres d’arrestation pour ceux qui après tant d’années n’ont toujours pas pu revenir chez eux, et la libération immédiate des compañeros qui ont déjà reçu une sentence. Nous savons que le cas des compañeros et de la compañera n’est qu’une des têtes de la satanée Hydre [capitaliste], que c’est quelque chose qui a lieu et se répète non seulement au Mexique, mais dans tous les recoins du monde où nous nous levons pour défendre la vie, et, comme nous l’avons appris au fil de nos luttes, nous maintenons que nous non plus nous ne nous vendons pas, nous ne nous rendons pas et nous ne cédons pas. Nos compañeros et notre compañera défenseur.e.s de l’eau et de la vie de Tlanixco ne sont pas seuls, parce que depuis chacun des recoins où nous sommes nous n’allons pas cesser de nous mobiliser jusqu’à obtener la liberté et la justice pour nos compas de Tlanixco.

Prisonnier.e.s politiques, LIBERTE !

Que vivent les peuples du Congrès National Indigène !

Signatures : ...

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