Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Une maison, d’autres mondes.

mardi 18 octobre 2016

Une maison, d’autres mondes.

Juillet – Août – Septembre 2016.

A qui de droit :

Sujet : Invitation au festival “pARTage et conSCIENCES pour l’Humanité

Oui, nous le savons. Des jours et des nuits durant lesquels l’amertume parait être le seul horizon. Les pas traînant de douleur, de rage, d‘indignation, trébuchant régulièrement sous les regards impertinents du cynisme et de la désillusion. La stupidité intronisée sur les sièges du gouvernement et dans les enquêtes électorales. La simulation comme forme de vie. La mythomanie comme tactique et comme stratégie. La frivolité comme culture, comme art, comme science. Et le mépris gradué envers ce qui est différent ( “le mal, ce n’est pas que l’autre existe, mais qu’il se montre”). La résignation au prix de gros sur le marché politique (“tant pis. Il ne reste plus qu’à opter, non pas pour le moins pire, mais pour le moins scandaleux”).

Difficile, c’est sûr. Chaque fois plus difficile. Comme si la nuit devenait plus longue. Comme si le jour reportait son arrivée jusqu’à ce que, non, personne, rien, le vide sur le chemin. Comme si il n’y avait pas de répit. Le monstre qui rôde dans tous les recoins, toutes les campagnes, toutes les ruelles.

Et malgré cela, ou précisément à cause de cela, nous vous envoyons cette invitation.

Oui, il semblerait que ça n’arrive pas à point nommé, mais nous, femmes et hommes zapatistes, nous vous convions vous pour que vous participiez aux festivals pARTage et conSCIENCESpour l’humanité. Ainsi, conformément aux formalités, nous devons vous envoyer une invitation.

Quelque chose qui précise un calendrier et une géographie, parce que vous, vous avez votre propre chemin, votre propre pas, votre compagnie, votre destin. Et l’idée ce n’est pas non plus de rajouter des difficultés à celles que vous affrontez d’ores et déjà. Ainsi donc, effectivement, dans une invitation il faudrait signaler le où et le quand.

Mais vous, vous savez déjà ce que nous sommes. Notre manière de faire, pour le dire autrement. Et donc la question à laquelle, à notre avis, doit répondre une invitation, ce n’est pas tant le lieu et la date. Mais le pourquoi. C’est peut–être pour ça que cette invitation n‘est pas conforme aux formalités d‘usage et vous arrive en décalé, ou trop tard, ou trop tôt. Mais vous verrez, cela n’est pas très grave. Donc c’est pour ça que cette invitation est très autre, et pour cela qu‘elle contient essentiellement cette petite histoire :

UNE MAISON, D’AUTRES MONDES.

Plus qu’une histoire, ce pourrait être une légende. C’est–à–dire qu’il n’y a aucun moyen de confirmer la véracité de ce qui est narré ici. En partie parce que ni les calendriers, ni les géographies ne sont précisées, c’est-à-dire que ça aurait pu se dérouler, ou non, dans n’importe quel endroit, et à un moment indéfini ; mais aussi parce que le soi-disant anti-héros de cette narration est mort, fini, décédé, défunt. S‘il était vivant, il suffirait de lui demander s‘il a dit ce qui se dit ici qu’il a dit. Certes, il est très probable que lui, obstiné à tourner autour du pot, s’étendrait sur la description de ce calendrier imprécis.

Donc nous n’avons pas la date précise, nous vous devons toujours le calendrier, et nous dirons seulement que c’était approximativement il y a déjà plus de deux décennies. La géographie ? Les montagnes du sud-est mexicain.

C’est le Commandant Tacho qui nous l’a racontée, cette nuit-là où, à l’intérieur d’une paillote, on décrivait la maison du système, la maison du capital, l’orage, l’arche. La paillote dans laquelle est née ce qui ensuite allait être le semillero [1]. Nous pensons qu’alors ils nous ont donné une pause pour prendre un café… ou bien qu’ils ont suspendu la réunion pour continuer le jour suivant… Pour dire vrai, on ne se rappelle plus très bien. Le truc c’est qu‘on est restés à discuter avec Tacho, et c’est lui qui nous a raconté ce qu‘on vous raconte maintenant ici en détail. Bien sûr, c’est vrai, il y a un peu de trucage, car nous ajoutons, arrangeons et accomondons les paroles originales de Tacho. Non pas par animosité, mépris ou envie de repriser les souvenirs déchirés, mais parce que nous deux, qui vous écrivons maintenant, on en connaissait un peu plus du défunt, ce qui fait qu’ainsi on peut reconstruire ses paroles et ses sentiments. Donc voilà :

C’est le commandant Tacho qui parle :

“Je me rappelle pas bien quand, mais c’était quand le défunt Sup n’était pas encore défunt. Le Sup était comme d’habitude en train de veiller tard et de fumer sa pipe. Oui, il mordillait sa pipe, comme d’habitude. Nous étions dans la paillote du soi-disant commandement de l’époque, bien que ce n’était pas encore vraiment une paillote. C’est-à-dire qu’elle n’était pas encore terminée. C’est-à-dire que ce n’était pas encore la commanderie quoi. ça allait peut-être le devenir, mais pas encore. On se racontait des blagues. Oui, des choses qui se passent dans les villages, dans les réunions, dans les tâches de la lutte. Le Sup évidemment ne faisait qu’écouter ; parfois il riait, parfois il posait des questions pour en savoir plus. Avant de le connaître, moi je comprenais pas. C’est plus tard que j’ai compris que ces histoires apparaissaient ensuite dans les communiqués en tant que contes. “Postscriptums“, c’est comme cela qu’il les appelait, je crois. Moi, une fois, je lui ai demandé pourquoi il écrivait comme si c’était un conte ce qui c’était passé pour de vrai. Et lui m’a dit “c’est qu’ils n’y croient pas, ils pensent que j’invente ou que j’imagine, donc je fais comme si c’était un conte car ils ne sont pas préparés à connaître la réalité”.

Bon, mais donc on en était là. Donc lui, il a demandé au Sup…

Oui, Tacho a utilisé le troisième pronom du singulier : “lui”. Pour mettre les choses au clair on lui a demandé si par “lui”, il se référait au Sup. Il nous a répondu contrarié : “non, lui il a demandé au Sup”. On n’a pas voulu insister parce qu‘on savait, peut-être à tort, que là n’était pas l’important de l’histoire, ou que c’était seulement une pièce d’un casse-tête encore en construction. Et donc le Commandant Tacho a utilisé le mot “lui”. Pas “elle”, ni “moi”, ni “nous”. Il a dit “lui” pour se référer à celui qui interrogeait le Sup.

“Eh Sup, et pourquoi donc chaque fois qu’on monte une maison, tu demandes si on la monte par us et coutumes, ou avec la méthode scientifique ?”

Là, Tacho s’est senti dans le besoin de clarifier :

“Chaque fois qu’on construisait une paillote, le défunt SupMarcos arrivait et restait à regarder les poutres et les traverses. Et il demandait toujours : “Cette traverse que t’es en train de mettre là, tu la mets parce que la maison en a besoin ?” Donc moi je lui répondais : “Oui, parce que si on la met pas, ben après le toit il tombe”. “Ah, bon”, disait le Sup, “mais, comment tu le sais que, se si tu la mets pas, le toit tombe ?”. Moi je le regardais sans rien dire parce que je savais que ce n’était pas le sujet du problème. C’était pas la première fois qu‘il posait la question. Donc lui il continuait : “Oui, tu la mets parce que tu le sais scientifiquement que si tu la mets pas, il tombe, ou tu la mets par us et coutumes ?” Moi je lui disait : “par us et coutumes, enfin c’est comme ça qu’on m’a enseigné. Mon papa c’est comme ça qu’il faisait les maisons et lui l’avait appris de mon grand-père et comme ça jusqu’à très loin”. Le Sup n’était pas satisfait, et il finissait toujours par monter sur la poutre centrale, alors que les renforts n’étaient pas encore très solides, et, en se balançant comme s’il montait à cheval, il demandait : “donc si moi je grimpe là, la poutre va tomber ?”. Et vlan, tu peux être sûr qu’il tombait. Il disait juste “Aïe !” et là au sol, il sortait sa pipe, il l’allumait et couché comme ça, il regardait vers le toit, la tête appuyée sur la poutre cassée qui était par terre. Ba bien sûr que tous on rigolait.

Donc c’est pour ça que lui il a demandé au Sup pourquoi il demandait toujours ça, si us et coutumes ou méthode scientifique. Parce que ça ne s’est pas passé comme ça qu’une seule fois. A chaque fois que le commandement déménageait et que c’était à moi de diriger la construction de la nouvelle paillote, ça se passait comme ça. Le Sup arrivait, il demandait, je lui répondais, il n’était pas satisfait, il grimpait sur la poutre, elle se cassait, et par terre.

(note : en le commentant entre nous, on en a conclu que le calendrier approximatif de ce que raconte Tacho, c’est les premiers mois de 1995, durant la persécution gouvernementale contre nous, ce qui correspond à quand le commandement déménageait continuellement, accompagnant le village de Guadalupe Tepeyac dans l’exil. Fin de la note, et retour aux paroles deTacho) :

Donc c’est pour que vous compreniez pourquoi lui il lui a demandé ça au Sup. D’autres fois, je lui avais moi-même demandé, mais il ne répondait jamais vraiment. Pas parce qu’il ne voulait pas, mais parce qu’on l’appelait toujours à la radio à ce moment-là, ou parce que quelqu’un d’autre arrivait. Donc moi aussi, je voulais savoir la réponse.

Le Sup a enlevé la pipe de sa bouche et il l’a mise de côté. Nous étions assis par terre, comme on dit. Il faisait très chaud, comme à chaque fois qu’une pluie forte va arriver. Moi j’avais compris qu’il allait dilater la réponse. Parce que quand il répondait vite fait, le Sup n’enlevait même pas sa pipe. C’est-à-dire qu’il parlait comme s’il mordait les mots et elles sortaient comme si elles étaient machées et aboyées.

Donc le Sup a dit… bon, il m’a plutôt demandé :

“Ey Tacho, combien mesure cette paillote ?”

“3 mètres sur 4″, je lui ai répondu rapidement, parce que ce n’était évidemment pas la première fois qu’on faisait ça.

“Et si elle était de 6 mètres sur 8, elle aurait plus de traverses de renfort ?”, il m’a demandé.

“Evidemment”, je lui ai répondu.

“Et si elle faisait 12 mètres sur16 ?

J‘ai pas répondu vite, donc le Sup a continué :

Et si elle faisait 24 mètres sur 32 ? Et si c’était 48 mètres sur 64 ? et si c’était 96 mètres sur 128 ?

Là oui, je vous dit la pure vérité, ben j’ai ri.

Elle est très grande cette maison, je sais pas”, je lui ai dit.

Correct”, a-t-il dit lui, “On construit les maisons selon l’expérience qu’on a ou qu’on hérite. Us et coutumes, donc. Quand il faut faire une maison plus grande, ben on demande ou on essaye.

Mais, disons que personne n’a jamais fait une maison de 192 par 256…"

J’ai ri juste avant que le Sup ne complète :

… kilomètres.”

Arg, et qui veut une maison aussi grande ?", je lui ai dit en riant.

Lui, il a allumé la allumé la pipe et ensuite il a dit : “Bon, plus facile, et si la maison faisait la taille du monde ?”.

Non, ben c’est chaud. Je crois qu’on peut pas imaginer une maison aussi grande, et d’ailleurs pour quoi faire", je lui ai dit, déjà un peu plus sérieux.

"C’est possible. Les arts peuvent imaginer cette maison, et la mettre en mots, en sons, en images, en figures. Les arts imaginent ce qui parait impossible et, en l’imaginant, ils sèment le doute, la curiosité, la surprise, l’admiration, c’est-à-dire qu’ils le rendent possible.

“Ah, bon” je lui ai dit, “mais imaginer c’est une chose, et faire c’en est une autre. Je crois qu’on ne peut pas faire une maison qui soit aussi grande”.

On peut", a-t-il dit, et il a mis de côté la pipe cassée.

Car les sciences savent comment. Bien que jamais une maison de la taille du monde n’ait été construite, les sciences peuvent dire, avec certitude, comment serait une construction comme celle-ci. Je ne sais pas comment on l’appelle, mais je crois que ça à voir avec la résistance des matériaux, la géométrie, les mathématiques, la physique, la géographie, la biologie, la chimie et je sais pas combien d’autres trucs du genre. Mais, même si on a pas eu d’expérience antérieure, c’est-à-dire sans us ni coutumes, et bien la science peut dire combien de poutres, de renforts et de traverses il faut pour faire une maison de la taille du monde. Avec la connaissance scientifique, on peut dire quelle profondeur pour les fondations, quelle hauteur et quelle largeur pour les murs, quelle inclinaison doit avoir le toit s’il est à deux pentes, de quel côté doivent être les fenêtres selon le froid ou la chaleur, où doivent être les portes, et combien doit-il y en avoir, de quel matériel chaque partie doit être faite, et combien elle doit avoir de poutres et de renforts, et où ils doivent être.

Le défunt était-il déjà en train de penser à la transgression de la loi de la gravité et de toutes les lignes droites qui y sont attachées ? Imaginait-il ou connaissait-il déjà la subversion du cinquième postulat d’Euclides ? Non, Tacho ne le lui a pas demandé. Et, pour dire vrai, nous deux non plus, nous ne lui aurions pas demandé. Il semble difficile qu‘en ces jours sans lendemain, avec les engins aériens et leurs artillerie faisant trembler ciel et terre, il y ait eu le temps de penser à l’art, et encore moins aux sciences. Tous avaient garder le silence, se rappelle Tacho. Nous aussi. Après un moment de silence et du tabac, il a continué :

Le Sup a repris sa pipe, et il a vu avec chagrin que le tabac était terminé. Il a cherché dans ses poches. Il a sourit et a sorti un petit sac en plastique contenant un peu de brins d’herbes noirs. Il a tardé à allumer sa pipe, je crois que c’est parce que le tabac était humide. Ensuite, il a continué : Mais ça ne m’intéresse pas de savoir si les arts peuvent imaginer cette maison, les couleurs qui l’habilleront, ses formes, ses sons, où sera le jour, où sera la nuit, où sera la pluie, où sera le vent, où sera la terre. Ça ne m’intéresse pas non plus de savoir si la science peut résoudre comment elle peut devenir réalité. De fait elle le peut. Elle en a les connaissances… ou bien elle va les avoir.

Ce qui m’intéresse, c’est que cette maison, que ce monde, ne soit pas identique à celui-ci. Que la maison soit mieux, encore plus grande. Qu’elle soit si grande qu’en elle il n’y ait pas de la place pour un, mais pour beaucoup de mondes, tous, ceux qui sont déjà là, et ceux qui vont naître encore.

Bien sûr, il faudra rencontrer ceux qui font des arts et des sciences. Ça ne va pas être facile. Au début ils ne vont pas vouloir, non pas par hostilité, mais par méfiance. Parce que nous rencontrons beaucoup d’opposition. Parce que nous sommes ce que nous sommes.

Ceux qui sont artistes croient que nous allons fixer un thème, une forme et un temps pour leur savoir-faire ; que dans leur horizon artistique, il ne devra y avoir que des mâles et des femelles (jamais d’autrEs), que du prolétariat puissant, exhibant ses muscles et ses regards lumineux en images, en sons, en danses et en cartes postales ; qu’ils n’insinuent même pas l’existence de ce qui est autre ; que, s’ils réussissent, ce sera des chants et des louanges, et que, s’ils ne réussissent pas, ce sera l’enfermement physique ou le rejet. En d’autres mots, que nous allons leur ordonner de ne pas imaginer.

Ceux qui font des sciences croient que nous allons leur demander qu’ils conçoivent des armes mécaniques, électroniques, chimiques, biologiques, interstellaires, de destruction massive ou bien individuelle ; que nous allons les obliger à former des collèges pour surdoués mentaux dans lesquels, bien sûr, seront placés les descendants des dirigeants avec une place réservée avant même qu’ils ne soient conçus ; qu’on reconnaîtra la filiation politique et non la capacité scientifique ; que, s’ils réussissent, des chants et des louanges ; que s’ils ne réussissent pas, le rejet ou l’enfermement physique. C’est-à-dire qu’on va leur demander de ne pas faire de science.

Et, de plus, comme nous sommes des peuples originaires, certain-e-s pensent que ce qu’illes font, c’est de l’art et de la culture, et que ce que nous faisons nous, c’est de l’artisanat et des rituels, que ce qui pour elles et eux est de l’analyse et de la connaissance, pour nous c’est de la croyance et de la superstition. Ils ignorent que nous, nous peignons des couleurs qui, des centaines d’années plus tard, défient encore les calendriers ; que quand dans la “civilisation” ils croyaient encore que la terre était le centre et le nombril de l’univers, nous, nous avions déjà découvert des astres et des nombres. Ils croient que nous aimons l’ignorance, que notre pensée est simple et conformiste, que nous préférons croire au lieu de connaître. Que nous, nous ne voulons pas le progrès, mais la régression.

C’est-à-dire que, comme on dit, ils ne se regardent pas plus qu’ils ne nous regardent.

Le problème, donc, va être de les convaincre qu’ils se regardent comme nous les regardons. Qu’ils se rendent compte que, pour nous, ils sont se qu’ils sont et quelque chose de plus : un espoir.

Et les espoirs, amis et ennemis, on ne les achètent pas, on ne les vend pas, on ne les obligent pas, on ne les enferment pas, on ne les tuent pas.

Il s’est tu. J’ai attendu de voir si lui allait demander autre chose au Sup, mais il n’a rien dit, alors je lui ai demandé : “et donc nous, qu’est-ce qu’il faut qu’on fasse ?” Le Sup s’est contenté de soupirer et de dire :

"Nous, avant tout, il faut qu’on sache que cette maison est possible et nécessaire. Et ensuite, et bien le plus facile : il faut qu’on la construise. Et pour cela nous avons besoin du savoir, de la perception, de l’imagination, nous avons besoin des sciences et des arts. Nous avons besoin d’autres coeurs.

Le jour arrivera où nous rencontrerons ceux qui font des sciences et des arts. Ce jour-là, nous les embrasserons et, en signe de bienvenue, nous les recevrons avec pour seule question : “Et toi alors ?” [“Y tu que ?“]

Et alors moi, comme on dit, je ne ne me sentais pas satisfait, et donc j’ai demandé au Sup : “et après les avoir rencontré ces gens, on va faire quoi ?” Le Sup a sourit et dit :

Ecétera.

-*-

C’est là que se termine l’histoire ou la légende que nous a raconté le commandant Tacho à l’aurore.

Et tout cela vient à point, ou à pointe, c’est selon, parce que nous voulons vous inviter, vous, pour que vous veniez, ou bien, d’une forme ou d’une autre, manifestiez votre présence sur cette terre que nous sommes.

Et c’est que, comme on dit, nous avons cette curiosité que nous portons sur les épaules depuis de nombreux calendriers, et nous pensons que peut-être vous, vous accepteriez l’invitation et nous aideriez à résoudre un doute :

De quoi a-t-on besoin pour construire une nouvelle maison, tellement grande qu’en elle puissent tenir non pas un, mais de nombreux mondes ? C’est tout, ou pas. Cela dépend de vous.

Depuis les montagnes du Sud-est mexicain.

Au nom des enfants, anciens, femmes et hommes zapatistes.

Sous-commandant insurgé Moisés. Sous-commandant insurgé Galeano.

Mexique, juillet-août-septembre 2016.

Notes

[1] “la pépinière”, nom parfois donné par les zapatistes au séminaire “la pensée critique contre l’hydre capitaliste”, organisé durant une semaine en mai 2015, à San Cristobal de Las Casas, à l’invitation de l’EZLN

SPIP | squelette | | Plan du site | Suivre la vie du site RSS 2.0