Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Message depuis Tlanixco

dimanche 30 avril 2017

Message envoyé le 19 avril dernier par les compas de Tlanixco pour la soirée des solidarité avec les emprisonné.e.s des Amériques.

Bonne nuit, compañeras et compañeros de la Sexta internationale et des collectifs qui se solidarisent avec les prisonniers politiques d’Amérique, principalement avec les compas mapuche emprisonnés au Chili, en Argentine, et les compas emprisonnés aux États-Unis et dans notre Mexique.

Nous, nous sommes du mouvement pour la liberté des défenseurs de l’eau et de la vie de San Pedro Tlanixco, dans l’État de Mexico de la République mexicaine. San Pedro tlanixco est une communauté indigène nahua qui se situe sur les contreforts du volcan Xinantecatl. Merci compas d’écouter nos paroles :

Nous autres, nous avons lutté pour la défense de l’eau, et notre lutte a commencé en 1989. Depuis lors, nous luttons pour sa préservation, car cette année-là sont arrivés des entreprises horticoles dans la municipalité voisine de Villa Guerrero, qui ont commencé à utiliser l’eau de notre rivière, qui s’appelle "arroyo grande".

Ces entreprises horticoles avaient besoin d’énormes quantités d’eau pour leur production de fleurs. Et nous, nous la voulons pour l’usage d’eau potable. Mais ces messieurs des entreprises n’ont pas été contents que nous utilisions l’eau de nos rivières, et notre lutte a augmenté en force et en organisation en 2000, année durant laquelle ces messieurs des entreprises se sont offusqués qu’on continue à utiliser l’eau. Mais le village s’est organisé et à débuté une lutte au niveau légal, juridique.

Mais la répression a commencé, et ils ont commencé à déposer des plaintes contre les compas du comité d’eau potable, qui sont nommés en assemblée par la communauté. Nous voulons aussi vous dire et vous faire partager que depuis ces jours-là, nous avons commencé à participer au Congrès National Indigène.

Cependant en 2003, un groupe d’horticulteurs avec à leur tête le président de l’association des floriculteurs de Villa Guerrero, ont pénétré dans la communauté afin de se rendre à la source de la rivière, et sur ce trajet, peu au fait des pentes abruptes qui y amènent, le président de cet association, l’ingénieur Alejandro Isaac Basso, est tombé et a perdu la vie. Et dans ce contexte, la première chose qu’a fait le parquet de l’État de Mexico, c’est de perquisitionner les maisons des compas représentants du comité de l’eau potable de la communauté, et les accuser d’avoir commis un homicide... mais nos compas sont innocents.

Après, en juin 2003, des ordres d’arrestation sont délivrés contre des compas et le mois suivant, en juillet, ils arrêtent 2 compas, Pedro Sanchez Berriozabal et Teofilo Perez Gonzalez. Ces compas ont été condamnés à plus de 50 ans de prison. Et plus tard, en 2006, ils arrêtent les compas Romulo Perez Mireles, Lorenzo Sanchez Berriozabal et Marco Antonio Perez Gonzalez. En 2007, ils arrêtent la compa Dominga Perez Gonzalez. Ces compas ont été des représentants du comité d’eau potable de la commission pour la défense de l’eau, et étaient pami les compas les plus visibles durant la lutte. Ensuite, dix ans se sont écoulés, et ces trois derniers compas ont été en attente de leur procès durant 10 ans. L’instruction, qui a duré 10 ans, vient à peine d’être close, et depuis mai dernier, nous attendons les résultats du jugement.

Ce que nous exigeons, c’est que cette sentence soit absolutoire, parce que nos compas sont innocents. Durant tout ce temps, notre communauté indigène nahua a vécu la répression, et une série de harcèlements de la part de la police de l’État. Mais nous avons cependant cependant résisté et lutté depuis en bas à gauche, le long de notre chemin aux côtés du Congrès National Indigène (CNI). Et avec eux, nos compas du CNI et de l’Armée Zapatiste de Libération Nationale, nous avons appris à résister et à lutter, à ne pas nous rendre, ne pas céder et ne pas abandonner. Et maintenant notre lutte, notre lutte décidée vise à libérer nos compas emprisonnés et la libération de tous les prisonniers.

Merci, compas, de nous écouter.

Nous voulons aussi vous faire partager que parmi les activités du Congrès National Indigène, nous sommes convaincus et décidés à participer à la proposition de nommer une compañera indigène pour qu’elle participe aux élections présidentielles mexicaines de 2018. Et qu’au mois de mai prochain, sera nommé le conseil Indigène de Gouvernement. La compañera qui sera candidate sera la porte-parole de notre Conseil Indigène de Gouvernement, du Congrès National Indigène et de tout le Mexique.

Merci compañeros, d’écouter nos paroles.

Prisonniers politiques, liberté !


Depuis lors, les compas de Tlanixco ont envoyé ont fêté le 30 avril dernier le premier anniversaire de leur radio communautaire. voir ici le communiqué envoyé à cette occasion par le CSPCL.