Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Libération immédiate de Miguel Peralta !

lundi 22 octobre 2018

Depuis ce vendredi 19 octobre, notre compa Miguel Ángel Peralta Betanzos, incarcéré depuis 2015 dans l’Etat de Oaxaca, est en grêve de la faim. Miguel est un compa libertaire originaire du village mazatèque de Nguixo (Eloxochitlán), où est né à la fin du 19e siècle le célèbre anarchiste mexicain Ricardo Flores Magon. En attente de son procès depuis déjà plus de trois et demi suite aux conflits secouant sa communauté et à la répression politique qui s’est abattue sur plusieurs dizaines de membres de l’assemblée communautaire de son village, il exige que "justice" soit enfin rendue, les preuves à son encontre étant totalement inexistantes. Toute marque de solidarité est plus que jamais nécessaire...

Message de Miguel

“Grève pour la liberté ! Faim de vérité !

J’okupe mon corps comme un outil de guerre.

Mes anticorps seront l’arme pour cette bataille.

La solidarité pour roc, et l’eau comme boucliers du naxinandá,
qui sillonneront le temps pour purifier les mensonges.

Aujourd’hui je continuerai à résister sans aliments jusqu’à mettre à nu les mises à l’index mensongères.

Mais la rage et le feu survolant les frontières veilleront sur mon esprit, lui donnant de l’énergie.

Nous ne céderons pas avant d’avoir récupérer la liberté.

A bas les murs des prisons

Miguel Peralta

Salut, et liberté.

NOTE SUPPLEMENTAIRE :

Ce lundi 22 octobre, 15 jours ont passé depuis l’engagement prononcé par le juge León Montiel de rendre dans les deux semaines le jugement de Miguel. Engagement non exhaucé... Pendant ce temps, Miguel est en grève de la faim depuis maintenant plusieurs jours, n’ingérant que de l’eau, des vitamines et du miel.

Ses proches lancent un appel urgent à prendre communication avec le Juge mixte du Tribunal de première instance de Huautla de Jiménez ou de lui envoyer un courrier électronique afin d’exiger qu’il ne laisse pas plus de temps s’écouler pour rendre à Miguel sa liberté ! Il est aussi possible de s’adresser au pouvoir judiciaire de l’Etat de Oaxaca, qui n’a jusqu’à présent exercé aucune pression sur le juge pour qu’il accomplisse son travail en temps et en heure. Ses proches les rendent responsables de l’état de santé de Miguel, car chaque jour supplémentaire voit son état de santé être un peu plus en péril. Plus de 3 ans et 5 mois lui ont déjà été volés, il n’y a pas de raison qu’il reste plus longtemps. Miguel restera en grève de la faim jusqu’à sa liberté !
Contacts :

Juzgado Mixto de Primera Instancia de Huautla de Jiménez Juez Juan León Montiel (0052) (01)236 378 03 24 juan.leon@tribunaloaxaca.gob.mx

Poder Judicial del Estado de Oaxaca Presidencia (0052) (01) 951 501 66 80 ext. 1 twitter : @Tribunal_Oaxaca

Dirección de Derechos Humanos del Poder Judicial del Estado de Oaxaca (0052) (01) 951 688 58 97

Communiqué suite à la mobilisation du 28 septembre 2018 dernier, afin d’exiger la libeération immédiate de Miguel Ángel Peralta Betanzos, prisonnier politique d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca.

Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca, 28 septembre 2018

Aux collectifs et aux organisations nationales et internationales

Au peuple en général

Aux médias

"On n’ouvre jamais les fenêtres, mais derrière, le feu s’agite et les illumine. Nous nous retrouvons hors du monde, dans la révision intense du passé, caressant la mémoire collective, réinventant l’essence de la liberté, noyés au plus profond de l’expresion naturelle. De la rage et de l’impuissance en cascades recouvrent peu à peu les murs. L’absence nous pousse à bout, tandis que les bottes écrasent notre identité”

Miguel Ángel Peralta Betanzos, prisonnier politique d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca.

Eloxochitlán de Flores Magón est une commune située dans la Sierra mazatèque de l’Etat de Oaxaca. La majorité de ses habitants parlent le mazatèque, et se gouvernent au travers d’un système normatif interne. Cependant depuis 2010, les partis politiques ont tenté de s’immiscer dans la vie communautaire de différentes manières. L’une d’entre elles a consisté à protéger les agissements d’une famille de caciques du village qui, depuis cette année-là, a maintenu son contrôle politique sur la commune ; la famille Zepeda Lagunas.

Cela fait déjà huit ans que cette famille s’est chargé d’imposer son pouvoir par le biais de la répression, de la persécution et de l’incarcération [de ses opposants], fabriquant des délits factices à l’encontre des personnes qui se sont organisées afin de dénoncer leurs abus, et employant à son service des hommes de mains originaires de l’Etat de Mexico ou bien des municipalités des alentours. Ceux-ci ont occupé la mairie par la force afin de s’imposer comme autorités municipales, sans respecter l’Assemblée communautaire (qui est l’organe suprême de prise de décision de la communauté). Ils se sont enrichis par le biais de l’exploitation des ressources naturelles d’Eloxochitlán tels que les gravats, revendus par leur propre entreprise pour réaliser de soi-disant chantiers dans la municipalité.

Ils ont été accusés de torture, de coups et blessures, de spoliation des terres, de commettre des embuscades contre des personnes de la communauté, et même de coups et blessures contre un journaliste. Et cependant, malgré le fait que des plaintes aient été déposées et que des procédures juridiques soient en cours, aucun membre de cette famille n’a jamais été jugé pour cela.

En contrepartie, ce qui s’est effectivement passé c’est que leur pouvoir continue à s’accroître ; à Eloxochitlán de Flores Magón se vit la corruption et la plus totale impunité, appuyée sur le soutien dont peut compter cette famille de la part de différentes institutions de l’Etat, de partis politiques, des médias et de soi-disantes organisations des droits de l’Homme. Le dernier exemple en date est la permission accordée par MORENA durant les dernières élections afin qu’une de ses candidates en tant que député locale soit Elisa Zepeda Lagunas, membre de cette famille, et qui s’est fait passer pour une défenseuse des droits de l’homme avant de s’imposer par la suite comme présidente municipale d’Eloxochitlán, en violant à nouveau les formes d’élection internes, avant d’abandonner cette responsabilité quelques mois plus tard, pour acheter sa candidature pour plus de 5 millions de pesos.

Et tout cela, tandis que son père, Manuel Zepeda Cortés, a été convoqué par la chambre des comptes supérieure de l’Etat de Oaxaca afin de s’expliquer au sujet des dépenses publiques de la municipalité durant l’année 2013, dont le montant s’est élevé à près de 21 millions de pesos seulement pour ce qui concerne les ressources fédérales réparties au travers du mécanisme “28”, et alors que David Tello (époux d’Elisa) et d’autres membres de la familles sont accusés d’avoir commis des actes de torture à l’encontre des membres de l’Assemblée communautaire durant la période de leur imposition à la tête de la présidence municipale (2011-2013).

C’est la raison pour laquelle nous sommes ici aujourd’hui, afin d’exiger une fois de plus la liberté des sept prisonniers d’Eloxochitlán de Flores Magón, qui aux côtés de 28 autres personnes membres de l’Assemblée communautaire, ont été accusées en décembre 2014 par la famille Zepeda Lagunas. Ceux-ci, grâce au soutien économique et politique sur lesquels ils peuvent compter, ont réussi à manipuler la procédure juridique du dossier pénal 02/2015 ouverte auprès du juge mixte de Première instance de Huautla de Jiménez afin de bloquer par différents biais le processus judiciaire, provoquant en plus de ce fait le déplacement forcé de plus de 20 familles de la communauté. Nos compañeros ont déjà passé près de quatre années en prison et ont dû affronté un processus juridique rempli d’irrégularités judiciaires et de violations des lois internationales, nationales et locales.

Les propres délais définis clairement par ces mêmes normes n’ont jamais été respectés par le tribunal mixte, avec pour conséquence qu’à la date actuelle, ceux-ci se retrouvent encore dans une situation de vulnérabilité juridique venant prolonger leur emprisonnement, violant leurs droits et leur présomption d’innocence, tout en mettant un frein à l’organisation adéquate de leur défense et à l’accès à une justice prompte et expéditive.

Aujourd’hui 28 septembre, neuf mois précisément après que les avocats de Miguel Peralta, l’un de nos prisonniers, aient sollicité la fermeture de l’instruction en cours, cela suite à l’obligation qui lui a été faite d’abandonner sa demande de confrontation orale avec deux des témoins en charge qui, au bout de de trois ans d’instruction, ne se sont jamais présentés ; aujourd’hui, a enfin lieu son audience finale, appelée aussi audience visuelle, durant laquelle le juge Juan León Montiel, chargé du Tribunal mixte de première instance de Huautla de Jiménez, débutera l’étude de tous les tomes du dossier judiciaire afin de pouvoir dicter une sentence. Il faut rappeler que cette étape judiciaire ne devait pas tarder plus de deux mois. Cependant, bien que les tribunaux ne puissent sous aucun prétexte reporter, éluder, omettre ou nier les résolutions prises, suivant ce qui est consigné dans l’article 130 du code des procédures pénales de l’Etat de Oaxaca, cette procédure est en cours depuis près d’un an.

C’est la raison pour laquelle nous exigeons du juge Juan León Montiel qu’il accomplisse son travail et que le rendu de la sentence ne traîne pas plus longtemps, et que Miguel soit remis en liberté, vu que les délits qui l’ont maintenu en prison - lui tout comme les autres compañeros incarcérés d’Eloxochitlán de Flores Magón - ont été fabriqués et n’ont aucun fondement juridique, autre que les mensonges et la soif de pouvoir de la famille de caciques des Zepeda Lagunas, et parmi elles ceux des personnes accusatrices, Elisa Zepeda Lagunas, aujourd’hui député locale de Morena, ainsi que son père Manuel Zepeda Cortés.

Les faits antérieurs, qui peuvent de plus être consultés dans les tomes du dossier judiciaire 02/2015, ont été démontrés au travers d’autres résolutions judiciaires du Tribunal Supérieur de Justice de l’Etat de Oaxaca, des Juges de District et même justement du tribunal de Huautla, lors de la libération d’autres personnes emprisonnées pour les mêmes faits, et lors de l’obtention de l’annulation de plus de 18 ordres d’arrestation au vu du fait que les seules preuves existantes, c’est-à-dire les déclarations des sept témoins, sont génériques, contradictoires entre elles et invraisemblables. Ce sont donc des preuves dénuées de toute valeur probatoire, raison pour laquelle la responsabilité pénale des délits imputés n’a en aucune manière été démontrée.

C’est de cette manière que la famille de caciques Zepeda Lagunas a transformé la lutte menée afin de maintenir les formes d’organisation internes et le respect de son auto-détermination communautaire en un conflit juridique ayant abouti à une atmosphère de persécution, et au vol de la liberté de nos compañeros depuis plus de quatre ans. Dans la communauté mazatèque d’Eloxochitlán de Flores Magón, ni la tranquilité ni la “paix” ne sont au rendez-vous. Les gens vivent l’imposition de la répression, l’abus de pouvoir et le harcèlement dûs au contrôle exercé par les Zepeda.

Pour toutes ces raisons, NOUS EXIGEONS :

La prompte résolution de la sentencen et la liberté pour Miguel Ángel Peralta Betanzos !

La libération immédiate d’Herminio Monfil, Fernando Gavito, Omar Morales, Miguel Peralta, Jaime Betanzos, Isaias Gallardo et Alfredo Bolaños !

L’arrêt des ordres d’arrestation existant contre des membres de l’Assemblée Communautaire !

La liberté pour Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca !

Proches et amis des prisonniers d’Eloxochitlán de Flores Magón, Oaxaca