Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Manifestation pour l’autonomie indienne au Mexique

Chiapas, Mexique : la dignité indienne contre l’État

à Paris le samedi 5 octobre 2002

dimanche 22 septembre 2002

Chiapas, Mexique
La dignité indienne contre l’État

L’État mexicain répond à la lutte des peuples indiens comme l’État français à celle des sans-papiers : par le mépris.

Les espoirs nés lors de la Marche de la dignité indienne en février et mars 2001, à l’initiative des zapatistes, pour la reconnaissance des droits et de l’autonomie indigènes, viennent de s’écrouler avec la récente décision de la Cour suprême de justice du Mexique.

Fox, nouveau président mexicain (et ancien directeur de Coca-Cola Mexique), avait mis au vote du Congrès en 2001 le texte légalisant les Accords de San Andrés sur les droits et culture indigènes. Ces accords avaient été signés par le gouvernement et l’EZLN (Armée zapatiste de libération nationale) en février 1996 et devaient être les premiers d’une série conduisant à une paix juste et digne. Ils n’ont, depuis cette date jamais été appliqués par le gouvernement. Lors du vote d’avril 2001, qui aurait dû voirces accords devenir enfin effectifs, les sénateurs mexicains, tous clans politiques confondus, ont transformé le texte en une négation des accords signés. Les députés du PAN (Action nationale, parti présidentiel) et du PRI ("révolutionnaire institutionnel") ont par la suite approuvé cette nouvelle trahison.

Cette loi raciste a été refusée par les peuples indiens et une grande partie de la société civile mexicaine. Le Congrès national indigène s’est mobilisé pour son abrogation. L’EZLN a rompu tout contact avec le pouvoir. De nombreuses communes indiennes ont déposé des recours en justice.

Ce sont ces recours légaux, émanant de 322 communes, qui viennent d’être rejetés par la Cour suprême, le 6 septembre 2002, légitimant la disparition programmée des peuples indigènes par la négation de leurs droits à la terre, aux ressources naturelles, à l’auto-organisation et à la reconnaissance constitutionnelle de leurs langues et cultures.

"Il ne nous reste plus qu’à exercer de façon quotidienne nos droits en tant que peuples, comme la libre association, l’autonomie, l’autogestion, la défense de nos racines et de nos ressources naturelles, pacifiquement, même si ces pratiques sont désormais déclarées illégales."

Déclaration du Conseil indigène populaire d’Oaxaca "Ricardo Flores Magón", le 6 septembre 2002.

Cette décision de la Cour suprême renforce la guerre "de basse intensité" menée contre le mouvement des peuples indigènes en rébellion. Elle s’est intensifiée à nouveau dans le sud du pays (Chiapas, Oaxaca, Guerrero). En août 2002, les attaques contre les communes autonomes rebelles sont en pleine recrudescence. Quatre assassinats de paysans zapatistes entre le 7 et le 26 août : les paramilitaires signent leur sanglant retour au Chiapas. Ce sont les communes autonomes 17 Novembre, Ricardo Flores Magón et Olga Isabel qui sont agressées. Cette région de la forêt Lacandone est occupée par l’armée mexicaine et les meurtriers ont pu s’enfuir sans problèmes, bénéficiant ouvertement dans certains cas de la protection de la police de "seguridad publica". Elle comprend aussi la réserve de biosphère des Montes Azules, dont les communautés sont menacées d’expropriation.

Ces communes sont aussi parmi les plus combatives et les plus engagées sur le chemin de l’autonomie, malgré les divisions créées par l’influence dans cette zone de certains partis mexicains (PRI et PRD, social-démocrate) et de leurs organisations satellites. C’est d’ailleurs l’une de ces organisations, l’OPDIC (dite de "défense des droits paysans"), dirigée par un député local du PRI, qui est accusée par les zapatistes et les associations de solidarité d’être à l’origine de ces embuscades meurtrières. La ville d’Altamirano a été occupée le 19 août par des milliers d’hommes et de femmes, le visage couvert par leur passe-montagne ou leur paliacate, pour dénoncer les crimes et l’impunité des paramilitaires, et réaffirmer leur solidarité et leur détermination dans leur lutte et leur organisation autonome.

La solidarité s’organise au Mexique par des manifestations, par des caravanes qui partent vers le Chiapas. En Europe, les nouvelles luttes sociales doivent aussi beaucoup à l’insurrection indienne zapatiste. C’est maintenant à nous de manifester notre opposition à l’oppression dont sont victimes nos sœurs et frères en rébellion au Chiapas et dans tout le Mexique. C’est le moment de répondre à la guerre déclarée par les ennemis de toujours des peuples indigènes : le pouvoir et l’argent. L’émancipationsociale est dans la rencontre et l’auto-organisation des luttes.

Le Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte appelle individus et collectifs, associations, syndicats, organisations sociales et libertaires à se coordonner pour organiser et amplifier la solidarité avec la lutte des peuples indiens du Mexique pour l’autonomie et le respect des accords de San Andrés.

À Paris, manifestation de solidarité avec les luttes pour l’autonomie indienne au Mexique le samedi 5 octobre, à 15 heures, rassemblement sur le parvis de Beaubourg.

Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte (CSPCL).

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