Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Solidarité totale avec la lutte à Mexico de la communauté Otomi !

vendredi 13 novembre 2020

SOLIDARITE TOTALE AVEC LA COMMUNAUTE OTOMÍ RESIDANT DANS LA VILLE DE MÉXICO, HALTE A LA CAMPAGNE DE MENSONGES ET DE SILENCE A SON ENCONTRE

Au peuple Otomi en résistance depuis l’INPI
Au peuple du Mexique
Aux peuples du monde

Depuis le Congrès National Indigène/Conseil Indigène de Gouvernement, nous adressons une salutation fraternelle à la communauté Otomi résidant dans la ville de Mexico, qui occupe les bureaux de ce qui se fait appeler l’Institut National de Peuples Indigènes (INPI), afin d’exiger que leurs justes exigences soient traitées, qu’un dialogue soit recherché et une date fixé pour celui-ci le 3 Novembre prochain, et nous invitons les organisations et communautés autochtones de la ville de México et du pays à accompagner et renforcer leur lutte à cette date, et de manière permanente.

En tant que coordination du CNI-CIG nous nous joignons à leur exigence, parce que nous savons que dans leur lutte, alors que l’arme employée a toujours été la parole, les gouvernements ont répondu par des agressions, des expulsions et la criminalisation. Nous nous joignons à leurs calendriers, car tandis qu’en haut ils le prennent comme un laps de temps, en bas ce dialogue a tardé des années, durant lesquelles les peuples originaires qui construisent collectivement leur organisation n’ont pas été écoutés, ni entendus.

Nous saluons l’organisation des peuples originaires situés dans la ville de México, qui, par la lutte, font territoire là où ils peuvent vivre avec dignité et en droit, ce qui se matérialise dans leurs exigences de logement, de travail et de justice. Les mêmes que nous faisons nôtres aussi, parce que dans toutes les géographies, nous sommes criminalisés pour montrer ce que nous sommes, pour vivre dans la ville et pour vendre notre art ; parce que pour le gouvernement nous sommes de trop, nous gênons, et en conséquence ils nous envoient leurs agents répresseurs pour nous expulser, nous frapper, pour nous prendre nos marchandises, pour détruire notre travail, pour nous incarcérer. Et donc ce qui s’ensuit que les droits humains qui ne comptent pas ce sont les nôtres, nos droits qui, lorsqu’ils sont parfois enregistrés par la commission des droits humains, le sont par routine et avec toute une charge de mépris.

En bas, les représentants du peuple Otomí, qui fleurit en communautés sur trois terrains de la ville de México, résistent aux expulsions violentes avec lesquelles les gouvernements garantissent que l’argent des entreprises immobilières soit celui qui dirige et aménage la ville au service du grand capital ; ils sèment le mépris, ils embauchent des cogneurs pour expulser et violenter les hommes, femmes, enfants et anciens. Pendant ce temps, dans nos communautés, ils forment des groupes de combat, des gardes blanches, des groupes paramilitaires, et ils sèment le mépris, consolidant la spoliation et la répression.

C’est pour cela que nous sommes unis dans les exigences faites aux gouvernements par nos frères et sœurs depuis l’INPI, et qu’ils font connaître avec force à tout le monde : qu’ils arrêtent de former, de couvrir, d’armer et de protéger ces groupes dans l’État du Chiapas, là où la guerre contre nos frères et sœurs de l’EZLN monte en puissance, tout comme un peu partout dans le pays.

Dans ce sens, nous dénonçons la campagne de discorde et de lynchage que, dans le bon vieux style priiste, les dirigeants de l’INPI et leurs clientèles ont réalisé, se rendant dans nos villages, communautés, quartiers et organisations autochtones, afin de solliciter que soient réalisés des documents dans lesquels nous nous opposons à la mobilisation de nos compañeras et compañeros qui résistent dans les bureaux de l’INPI. Le leur, à ceux du gouvernement, c’est le mépris, la division et la confrontation.

Pour faire du chantage, ils se réfèrent aux « soutiens ou aux programmes » manœuvrés par l’INPI, comme si se résumerait aussi facilement des décennies, des siècles d’abandon, de mépris, d’exploitation et de répression contre nos peuples. Nous lançons un appel respectueux à tous les peuples du Mexique à ne pas tomber dans cette campagne de mensonges. Parce que la haine de ceux qui donnent des ordres, des contremaîtres, sera contre n’importe qui qui réclame, lutte et exerce ses droits.

C’est-à-dire que, sœurs et frères de la communauté Otomi résidant dans la ville de México, votre lutte est nôtre parce que nous sommes des peuples qui en collectif, dans la campagne et dans les villes, ouvrons avec résistance et rébellion les chemins qu’en haut on nous ferme et on nous dénie.

Nous appelons les peuples originaires, les collectifs et les organisations conscientes, les médias alternatifs, à être attentifs et solidaires avec nos sœurs et frères du peuple Otomi de la ville de México, ainsi qu’aux actions et aux réponses que prétendent donner les gouvernements.

Bien à vous
Octobre 2020
Jamais plus un Mexique sans Nous

Coordination du Congrès National Indigène/Conseil Indigène de Gouvernement

Source : Congrès National Indigène

trad 7NubS

photo extraites du reportage photo de Desinformemonos "Nous ne vivrons plus à la rue"