Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Compte-rendu journée du Chiapas - Dijon

mercredi 2 octobre 2002

Samedi 28 Septembre 2002 s’est déroulée la troisième "journée du
Chiapas" à l’Espace Autogéré des Tanneries. Au programme, un débat animé
par les membres du CSPCL (Comité de Solidarité avec les Peuples du Chiapas en
Lutte - Paris) sur le thème "la situation actuelle au Chiapas", des
projections vidéo, un expo et des tables de presse, une bouffe
mexicaine et un concert.

Voici le tract réalisé par les organisateurs, accompagnant les divers
événements de cette journée :

Pour la troisième fois, le groupe libertaire dijonnais organise une
journée d’information et de soutien pour le Chiapas, région du Mexique
où continue de vivre le mouvement zapatiste pour les droits de la
population indienne, « pour l’humanité et contre le néo-libéralisme ».

En novembre 98 ainsi qu’en mai 2000, une manifestation du même type
avait déjà pris place à l’Usine. Par deux fois, les bénéfices récoltés
avaient été adressés à la communauté autonome d’Oventik qui est un lieu
important de la lutte zapatiste. Dans ce village zapatiste constamment
cerné par les militaires et les paramiliaires ont été crées une clinique
ainsi qu’une école zapatiste (voir expo présente ce soir aux Tanneries).
C’est à cette dernière que nous avons envoyé et que nous enverrons
l’argent dégagé lors des « journées Chiapas ».

Cete école secondaire, nommée par les zapatistes l’école rebelle et
autonome Primero de Enero, répond à la nécessité d’apporter l’éducation
à une jeunesse indienne n’ayant que rarement accès à un enseignement de
ce niveau et permet également de faire écho des luttes et des
aspirations zapatistes. Elle pratique un enseignement bilingue : en
mexicain et en langue indienne totzil. Elle est en rupture avec un
enseignement officiel dénoncé par les zapatistes comme véhiculant l’idée
dominante réactionaire et souhaite dispenser un enseignement dont les
idées seraient issues de leur vécu, qui ne serait pas dominateur de leur
pensée. Ils pensent que la culture indienne doit y être défendue pour ce
qu’elle a de particulier mais aussi pour ce qu’elle a d’universel. Elle
est ainsi la continuité d’une pensée zapatiste qui souhaite articuler
revendications indigènes et dignité humaine, luttes spécifiques et
aspirations universelles. Leur volonté de rompre avec les écoles
secondaires du gouvernement qu’ils dénoncent comme racistes (en
particulier à l’égard des indiens), sexistes et mercantilistes se situe
donc là, à la porte de leur propre école.

Au-delà du soutien à cette école la journée que nous organisons a aussi
l’objectif de redonner une information sur ce conflit larvé qui se
déroule au Chiapas. Passé l’engouement pour l’énigmatique
sous-commandant Marcos maniant aussi bien la plume qu’Internet, les
médias classiques ont eu vite fait d’oublier la lutte zapatiste au
Chiapas. Suite à l’élection de Vincente Fox comme président du Mexique,
les zapatistes avaient organisé une marche sur Mexico afin d’accroitre
la visibilité de leurs luttes et de leurs revendications : respect des
accords de San Andrés sur les droits indigènes, arrêt des exactions
paramilitaires et de l’occupation militaire au Chiapas, question
agraire... La presse en avait donné un relatif écho mais depuis la
guerre de basse intensité continue de sévir au Chiapas dans le plus
complet silence radio. De nombreux assassinats se sont produits dans les
municipalités autonomes zapatistes durant l’été. Dans la région de Oaxaca
s’est produit en juin un massacre qui a causé 26 morts et 42 blessés.
Dans toutes ces situations de violence, les zapatistes accusent des
groupes armés proches du PRI (parti révolutionnaire institutionnel).

Cette situation nous amène à considérer comme nécessaire l’action de
soutien et d’information que nous menons aujourd’hui. Le groupe
libertaire dijonnais essaiera tant que possible d’amener sa contribution
(qui est aussi celle des intervenants présents et du public) aussi
modeste qu’elle soit en réitérant l’envoi des fonds récoltes à l’école
zapatiste Primo de Enero.

L’association Les Voix sans maître.

Maloka