Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Au petit-déjeuner du MEDEF : pillage du Mexique

CSPCL

vendredi 22 octobre 2004

Paris 22 octobre 2004.

Ce matin à 8 heures, un groupe de manifestants a déployé deux banderoles devant l’entrée du MEDEF à Paris au moment de l’arrivée d’une délégation mexicaine composée de ministres et d’industriels. On pouvait lire sur ces banderoles : "À Oaxaca comme au Chiapas, l’État mexicain assassine" et "À Cancún comme à Paris : Résistance". Ils entendaient protester ainsi contre la répression qui s’abat au Mexique contre tous ceux qui tentent de s’opposer au pillage des richesses pour le seul profit des classes dirigeantes, mexicaines et internationales.

AU PETIT-DEJEUNER DU MEDEF : PILLAGE DU MEXIQUE

Les visites d’État sont de moins en moins l’occasion de rencontres entres les autorités élues de deux États et de plus en plus un tremplin pour la promotion des entreprises privées. La présence en France de hauts fonctionnaires mexicains dans le cadre de la Commission binationale France Mexique ne fait pas exception à la règle et le petit déjeuner qui réunira ministres et entrepreneurs mexicains avec leurs homologues négociants au siège du MEDEF s’apparente à des pratiques de cartel.

Quels en sont les enjeux ?

À l’heure du démantèlement des conquêtes sociales, on assiste à une offensive sans précédent de la France, par le biais de ses entreprises, vers les marchés des pays dits émergents (Chine, Brésil, Mexique).

Le Mexique, c’est d’abord une terre d’accueil pour les entreprises délocalisées qui peuvent s’implanter grâce aux politiques néolibérales et de salaires au rabais pratiquées par l’État mexicain.

Dans le cadre de la Zone de Libre-Echange des Amériques, censée entrer en vigueur dans les prochaines années, le Mexique constitue une plate-forme pour l’accès au marché nord-américain et un moyen d’implantation des entreprises pour le contrôle des ressources et des investissements dans des secteurs clés comme les infrastructures, les biotechnologies, l’énergie, l’eau, l’assainissement, le tourisme, les industries minières et forestières.

Sur le terrain, les projets industriels ou commerciaux, cofinancés dans le cadre du partenariat public privé, ont comme conséquence, le déplacement de population, la spoliation des terres, la destruction de l’environnement.

Au niveau local, les entreprises, pour s’installer, n’hésitent pas à s’allier à de petits potentats dont la corruption est manifeste. Ils fournissent pour leur part les forces paramilitaires qui, allant à l’occasion jusqu’à l’assassinat, sont chargées de réprimer tout mouvement d’opposition.

L’État d’Oaxaca, dans le sud-est du Mexique, présente un exemple plus que préoccupant. Dans la région de Loxichas, ceux qui résistent tombent fréquemment sous les balles des paramilitaires. De même, des membres du Conseil Indigène Populaire de Oaxaca- Ricardo Flores Magon (CIPO-RFM) sont victimes de harcèlement constant. Si la violence et les atteintes aux droits humains ne sont pas un fait nouveau à Oaxaca (ni d’ailleurs au Mexique en général), la pratique accrue de la répression, du harcèlement, de l’emprisonnement arbitraire contre de nombreux dirigeants et membres de mouvements sociaux, nous pousse aujourd’hui à dénoncer tout particulièrement la situation dans cette région.

Le mandat de M. José Murat - ex-gouverneur de l’État d’Oaxaca - fut marqué par une brutale répression et par de nombreuses exactions.

À Unión Hidalgo, 5 personnes du Conseil citoyen ont été assassinées, 3 autres ont été emprisonnés, de multiples personnes de ce même Conseil sont menacées d’emprisonnement sous des prétextes fallacieux.

Cette répression s’exerce contre les réfractaires au Plan Puebla Panama. Vaste plan néolibéral qui viole les droits des peuples indigènes mexicains, en organisant le saccage de leurs territoires et la destruction de leur environnement.

C’est ainsi que, sans tenir compte d’un écosystème sensible, de la biodiversité,de la séculaire subsistance des pêcheurs zapotèques, fut projetée la création d’une exploitation industrielle d’élevage de crevettes à Unión Hidalgo. Nombre d’autres projets sont destinés à spolier les ressources naturelles du Sud-Est mexicain, comme au Guerrero, le projet de barrage pour la production hydroélectrique, ou le contrôle de la réserve de la biosphère des Montes Azules au Chiapas.

En soutien à ces peuples indigènes qui luttent pour l’autonomie, nous dénonçons ces sordides exactions, l’impunité totale dans laquelle elles s’effectuent. Solidaires avec ceux qui résistent au Mexique, comme lors des mobilisations contre l’OMC à Cancún, aujourd’hui, à Paris, nous élevons nos voix contre le partage obscène des ressources qui se trame dans les locaux feutrés du MEDEF entre politiques et patrons français et mexicains.

Comité de solidarité avec les Peuples du Chiapas en Lutte,
France Amérique latine.

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