Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Centre de langues

mardi 4 juillet 2006

LA TORTUE ET LE CRONOPE

Il faut vous dire que les tortues sont grandes admiratrices de la vitesse, et c’est bien naturel.
Les Espérances le savent et s’en fichent.
Les Fameux le savent et se marrent.
Les Cronopes le savent et, chaque fois qu’ils rencontrent une tortue, ils sortent leur boîte de craies de couleur et, sur le tableau rond de la carapace, ils dessinent une hirondelle.

Julio Cortázar

Le Centre d’espagnol et de langues mayas rebelle autonome zapatiste

Cours de castillan et de tsotsil

Le Centre de langues fait partie du Système éducatif rebelle autonome zapatiste de libération nationale du secteur des Altos, Chiapas (SERAZLN-ZACH), qui est rattaché au Caracol II d’Oventik et comprend :

* Les EPRAZ (écoles primaires rebelles autonomes zapatistes), qui fonctionnent dans les villages en résistance (une soixantaine).

* L’ESRAZ 1° de Enero (École secondaire rebelle autonome zapatiste "1er janvier") créée dès 1998 et située dans le Caracol d’Oventik.

L’ESRAZ est un projet éducatif autonome qui se construit avec ses propres ressources et l’appui de personnes et d’organisations diverses du Mexique et du monde.

Dans le secteur des Altos, le projet a été de créer d’abord une école secondaire avant de développer des écoles primaires.

Pour en savoir plus sur le SERAZLN-ZACH :

* Le CELMRAZ (Centre d’espagnol et de langues mayas rebelle autonome zapatiste) :

L’ESRAZ, au travers du CELMRAZ, propose des cours à ceux qui désirent apporter leur soutien financier pour l’alimentation des jeunes élèves du secondaire.

Ces cours d’espagnol et de tsotsil sont assurés en partie par de jeunes promoteurs et promotrices issu(e)s eux-mêmes et elles-mêmes du système éducatif autonome. Ainsi le Centre de langues leur donne la possibilité de façonner peu à peu leurs propres outils pédagogiques et leur permet de s’ouvrir à l’extérieur dans un échange avec des personnes venues du monde entier. À travers leur participation en tant qu’élèves, ces personnes apportent plus qu’un soutien financier, elles participent à une dynamique de construction rebelle et collective irriguant tout le système éducatif.

Les cours s’organisent avec la participation de tous, au milieu d’autres activités.

Il est possible de contacter le centre en formulant une demande pour organiser un séjour sur un thème précis ; par exemple découverte des coopératives, réflexion sur une pédagogie alternative, etc. Pour en savoir plus sur le Centre de langues, lire attentivement ce qui suit :

VOYAGES

Quand les Fameux partent en voyage, leurs coutumes pour passer la nuit dans une ville sont les suivantes : le premier va s’enquérir précautionneusement des prix, de la qualité des draps et de la couleur des tapis. Le deuxième se rend jusqu’au commissariat et ouvre un acte déclarant les biens meubles et immeubles pour lui-même et ses compagnons, ainsi que l’inventaire du contenu de leurs valises. Le troisième se rend à l’hôpital et copie la liste des médecins de garde et de leurs spécialités.

Une fois effectuées ces formalités, les voyageurs se réunissent sur la grand-place de la ville, partagent leurs observations, puis ils vont au café pour prendre l’apéritif. Mais avant cela, ils se prennent par la main et dansent une ronde. Cette danse reçoit le nom de "Joie des Fameux".

Quand les Cronopes partent en voyage, ils trouvent les hôtels pleins, les trains sont déjà partis, il pleut des cordes, les taxis refusent de les prendre et leur affichent des tarifs exorbitants. Les Cronopes ne se découragent pas pour si peu car ils croient fermement que ces choses-là arrivent à tout le monde et, à l’heure de dormir, ils se disent l’un à l’autre : « la belle ville, la très belle ville. » Et ils rêvent toute la nuit que dans la ville il y a de grandes fêtes et qu’ils y sont invités. Le lendemain, ils se lèvent très contents et c’est ainsi que les Cronopes voyagent.

Les Espérances, sédentaires, se laissent voyager par les choses et par les gens, elles sont comme les statues qu’il faut aller voir puisqu’elles ne se dérangent pas.

Julio Cortázar
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