Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "El Camino del Futuro"

Destruction de cultures et de biens zapatistes de la part d’organisations paramilitaires

Conseil de bon gouvernement de La Garrucha

mercredi 28 février 2007

Conseil de bon gouvernement "El Camino del Futuro"
Caracol "La Resistencia hacia un Nuevo Amanecer"

Chiapas, Mexique.
Le 23 février 2007.

À la société civile mexicaine et internationale,
À l’opinion publique,
À la presse nationale et internationale,
Aux organismes de défense des droits humains,

Frères et sœurs,

Par la présente, le Conseil de bon gouvernement "El Camino del Futuro", conjointement avec les quatre communes autonomes rebelles zapatistes Francisco Gómez, San Manuel, Ricardo Flores Magón et Francisco Villa, DÉNONCE les agissements de l’organisation OPDDIC, de l’Unión de Uniones, de l’ORCAO et de l’ARIC historique, implantées dans la localité Jerusalén appartenant à la commune d’Ocosingo, étant donné que depuis deux ans ces organisations ne cessent de créer des problèmes à nos compañeros bases d’appui zapatistes du village de Rosario, dépendant de la Commune autonome Francisco Gómez, en relation aux terres reprises par les zapatistes en 1994. Le 17 janvier 2006, notamment, des membres de ces organisations ont dérobé 15 rouleaux de fil de fer barbelé aux habitants, qui avaient déjà clôturé leurs enclos avec ces barbelés : ils l’ont coupé et ont brûlé les poteaux, ils ont démoli la maison de notre compañero José Rodrigo López, ils ont barbouillé de peinture les murs et les portes de l’église, saccagé un enclos et brûlé toute la clôture, ils ont saccagé le four à pain de nos compañeras et ont fait piétiner les 6 hectares de la milpa des compañeros du village de Rosario par le bétail. Une fois commis ces méfaits, ils ont enlevé un des habitants du village, lui ont attaché une main et l’ont forcé à porter un rouleau de fil de fer barbelé jusqu’au village de Jerusalén où ils ont menacé de le pendre s’il ne signait pas un document stipulant que les compañeros de Rosario renonçaient à leurs propriétés. Tous ces méfaits ont été dénoncés dès l’année dernière aux autorités compétentes, mais le gouvernement fédéral a fait la sourde oreille.

Le 20 février 2007, nous avons à nouveau dénoncé les agissements des mêmes personnes, appartenant à ces mêmes organisations, qui continuent de commettre des méfaits et de se livrer à des provocations à l’encontre des habitants de Rosario. Les faits sont les suivants :

  1. Les individus en question ont été jusqu’à arroser [d’essence] 6 hectares de monts déboisés pour y planter du maïs, juste à côté des maisons des nos compañeros bases d’appui zapatistes, là où ils ont planté leur café, et ont détruit 300 plants de café ;
  2. Ces provocateurs ont abattu 15 pins qui servent à faire des planches, alors que les compañeros de Rosario les avaient déjà marqués en prévision de les couper, et ont emporté le bois dans leurs villages ;
  3. Ils ont saccagé un parc d’enclos de chevaux et ont coupé 2 rouleaux de fil de fer barbelé ;
  4. Des individus ont fait sortir les chevaux des compañeros de Rosario de leur enclos pour y mettre leurs animaux à la place ;
  5. Quand ces personnes ont arrosé les 6 hectares déboisés, elles étaient protégées par 6 individus armés, cachés dans les fourrés d’où ils menaçaient les compañeros de Rosario ;
  6. La plupart des individus qui se livrent à de telles provocations viennent de l’Ejido Cuxulja’, du deuxième district, tandis que six d’entre eux, du hameau "Gracias a Dios", sont de la municipalité d’Ocosingo ;
  7. Tous ces individus commettent leurs méfaits sous les ordres de Guadalupe Santíz Gómez, qui dirige le village de Jerusalén, et sont sous la protection des dirigeants de leurs organisations. Ce sont en fait des groupes paramilitaires poursuivant le même but que le mauvais gouvernement fédéral et le mauvais gouvernement chiapanèque, à savoir, de provoquer des affrontements entre les zapatistes et les autres organisations, sans oublier de compromettre le travail de l’Autre Campagne et d’empêcher que les commandants zapatistes puissent effectuer la visite prévue dans 32 États mexicains ;
  8. Notre Conseil de bon gouvernement et la commission agraire de la commune de Francisco Gómez ont vainement tenté de trouver une solution consensuelle entre les deux parties, car ces organisations n’ont jamais voulu respecter les terres que nous avons reprises en 1994. Le Conseil de bon gouvernement a pu savoir que ces terres sont sous saisie à travers des entités bancaires, mais pour nous ce sont des terrains repris appartenant à nos territoires autonomes ;
  9. Le Conseil de bon gouvernement des cinq Caracoles et les bases d’appui de l’Armée zapatiste de libération nationale tiennent à faire savoir au monde entier que nos communautés défendront coûte que coûte les terres reprises en 1994, des terres pour lesquelles nous avons déjà dû verser notre sang en défense de notre terre-mère.

Nous tenons à dire au gouvernement fédéral, au gouvernement chiapanèque, aux municipalités officielles et aux dirigeants de ces autres organisations qui provoquent ces problèmes que, si des affrontements graves devaient avoir lieu entre les bases d’appui zapatistes et ces organisations, nous en tiendrons pour responsables ces gouvernements. En effet, ce ne sont pas les zapatistes qui créent ces problèmes car nous respectons les autres organisations ; mais si elles ne nous respectent pas, nous cesserons de le faire aussi. En tant que zapatistes, nous sommes tenus de défendre nos droits.

C’est tout pour le moment.

Salutations.

Pour le Conseil de bon gouvernement :

Gedeón Ramírez Hernández
Javier Gómez Ruiz
Buda Sánchez Bernández
Roberta Santíz Pérez

Traduit par Ángel Caído
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