Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "El Camino del Futuro"

Les paramilitaires de l’URCI ouvrent le feu dans une communauté zapatiste

Conseil de bon gouvernement de La Garrucha

jeudi 8 mars 2007

CARACOL "RESISTENCIA HACIA UN NUEVO AMANECER"
CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT "EL CAMINO DEL FUTURO"

Chiapas, Mexique.
Le 2 mars 2007.

À la société civile mexicaine et internationale,
À l’opinion publique,
À la presse nationale et internationale,
Aux organismes de défense des droits fondamentaux,

Frères et sœurs,

Le Conseil de bon gouvernement "El Camino del Futuro", conjointement avec les quatre Communes autonomes rebelles Francisco Gómez, San Manuel, Ricardo Flores Magón et Francisco Villa, DÉNONCENT publiquement les agissements d’organisations telles que l’URCI (antérieurement connue sous le nom de "PAZ Y JUSTICIA"), basée à TUMBALÁ et dans l’ejido Egipto, dépendant de la commune de Salto de Agua, organisations qui ne cessent de se livrer à des méfaits affectant nos bases d’appui zapatistes installées dans la nouvelle localité "Emiliano Zapata", dépendant de la Commune autonome rebelle zapatiste "Ricardo Flores Magón". Cela fait maintenant un an que cette organisation et d’autres créent de graves problèmes dans les terrains repris en 1994. Dès mars 2006, les autorités de cette commune rebelle avaient cité à comparaître les dirigeants des organisations dont des membres étaient venus travailler dans cette localité, nommément Julio César Pérez, président régional, originaire de Tumbalá, et Francisco López Méndez, délégué de l’URCI, originaire de l’ejido Egipto, afin de rechercher une issue pacifique au litige, mais ceux-ci n’ont pas voulu entendre raison. Le mois d’avril suivant, les mêmes individus commirent de nombreux méfaits : ils sont entrés dans la communauté les armes à la main et ont tiré en l’air ; ils ont bloqué le chemin principal pour empêcher nos compañeros de passer ; ils ont dérobé 6 lots d’elote [épis de maïs verts] ; ils ont commencé à se construire des maisons, coupant des conduites d’eau ; ils ont volé des piments ; ils ont saccagé 500 plants de cacao, volé 10 dindons et 20 poulets. En juillet dernier, ces individus revinrent provoquer les habitants en faisant feu de leurs armes. Le 14 juillet, notamment, ils ont tiré 6 coups de fusil et 20 coups d’arme de calibre 22 et chassé de leur domicile les habitants, les obligeant à sortir leur propre village : nos compañeros ont dû abandonner leur maison et 16 hectares de leur milpa sur le point d’être récoltés, du maïs déjà ensilé, des haricots, leurs bêtes (porcs, poulets, dindons) et leurs vêtements, et ces paramilitaires ont tout emporté.

En février 2007, nos compañeros ont pu retourner sur leurs terres, mais le 26 du mois ces paramilitaires venus de l’ejido Egipto sont revenus attenter contre nos compañeros sur leur lieu de travail, pénétrant en armes et ouvrant le feu. Le 28 février, nos compañeros avaient repris les travaux des champs quand, aux environs de 11 heures, Francisco Jímenez Álvarez accourut, fou furieux, et fit feu de son arme, tandis que surgissaient dix autres personnes armées. Le 2 mars, les paramilitaires de Tumbalá et d’Egipto sont revenus, une trentaine de personnes se mettant au travail, avec des armes comme celles qu’emploie l’armée fédérale, et ils ont saccagé des arbres fruitiers.

Le Conseil de bon gouvernement des cinq Caracoles ainsi que les bases d’appui de l’EZLN protestent énergiquement contre cette situation et tiennent à faire savoir au monde entier que nos peuples défendront les terres reprises en 1994 coûte que coûte, notre sang ayant déjà été versé pour défendre notre terre-mère.

Nous avertissons le gouvernement fédéral, le gouvernement chiapanèque et les municipalités officielles, ainsi que les dirigeants de toutes les organisations qui se livrent à de telles exactions au sein de nos territoires autonomes que nous les tenons pour responsables de ces provocations commises à l’encontre des bases d’appui zapatistes. Nous, les zapatistes, nous ne créons aucun problèmes et nous respectons les autres organisations, mais si ces organisations ne nous respectent pas, nous cesserons à notre tour de le faire car il est de notre devoir de défendre nos droits en tant que zapatistes.

C’est tout pour le moment.

David Méndez Trujillo
A. María Hernández Jímenez
Joaquim Albores Cortes
César Sánchez Gómez

Traduit par Ángel Caído
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