Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Sur les demandes pour le rétablissement du dialogue, lettre au CNI et sur le CIZ

Communiqués du CCRI-CG de l’EZLN

lundi 1er janvier 2001

UNE LETTRE DE PRÉSENTATION

À la presse nationale et internationale,

Mesdames et Messieurs,

Voici deux invitations et les renseignements sur ce que sera le Centre d’information zapatiste, qui servira à être au courant de ce qui vient.

Ici, le froid et la pluie griffent comme s’ils voulaient aussi un lieu de mobilisation. Ce qui se passe au Tabasco n’est que la réalité obstinée contredisant la "transition de velours". Mais si vous pensez que c’est problématique, voyez Durito qui est (comme Espinosa au Nicaragua) dans un état de "stress généralisé". Le motif en est que le doute où nous sommes de savoir si la délégation zapatiste voyagera à la ville de Mexico par voie de terre l’angoisse. Et l’"Aérodurito" ? Cela signifie-t-il qu’il ne pourra pas naviguer dans sa boîte de sardines ? Devra-t-il alors adapter la "Duritobici" ? Ou le temps est-il arrivé de recycler "Pegaso", la tortue la plus rapide de la forêt Lacandone ? Ou la "Taupedurito" sera-t-elle nécessaire si la voie souterraine est choisi ? Ne manquez pas le dénouement de ce sujet. Quoi ? Oui, je suis d’accord. Comme pour le Tabasco, il faudra voir comment cela se terminera ! Bien. Salutation et moi, j’ai déjà commencé avec mes aérobics (non, il n’y aura pas de vidéo du sup aérobique).

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, janvier 2001.

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SUR LES DEMANDES ZAPATISTES POUR RÉTABLIR LE DIALOGUE

1er janvier 2001.

À la société civile nationale et internationale,

Madame,

Comme vous le savez, le 12 janvier 2001 prochain sera le septième anniversaire de ce que, nous, nous appelons "l’autre soulèvement". À cette date, mais en 1994, des centaines de milliers d’hommes et de femmes de toutes couleurs et de toutes classes sociales sont sortis dans les rues pour exiger, tant de l’EZLN que du gouvernement fédéral, le cessez-le-feu.

Depuis lors, pour nous, cette date a été celle qui marque l’entrée de tous ceux et de toutes celles qui ont affiché leur soutien, Madame, à la lutte par la voie du dialogue et de la négociation pour résoudre les conflits. Actuellement, l’EZLN a demandé au gouvernement fédéral la réalisation de trois signes minimaux comme condition au début d’un dialogue véritable. Ainsi, nous pourrions arriver à une paix solide, juste et digne. Ces trois signes sont : le retrait de sept positions militaires de l’armée fédérale dans la dénommée "zone de conflit" (deux ont déjà été retirées, mais il en reste encore cinq à fermer) ; la libération de tous les zapatistes prisonniers (seuls dix-sept ont été libérés et il en reste quasiment cent de plus) ; la reconnaissance constitutionnelle des droits et de la culture indigènes, en accord avec l’initiative de loi de la Cocopa.

Nous demandons la réalisation de ces trois signes, qui ne sont que trois réponses à trois autres questions. Le gouvernement va-t-il s’engager sur la voie du dialogue et de la négociation ? Si la réponse est "oui", qu’il démilitarise alors ces sept lieux. Le gouvernement va-t-il reconnaître les zapatistes comme interlocuteurs de dialogue et de négociation ? Si la réponse est "oui", alors qu’il ne nous traite plus comme des délinquants. Est-il prêt à reconnaître les indigènes comme mexicains et comme indigènes ? Si la réponse est "oui", alors la "Carta Magna" doit le dire ainsi. C’est pourquoi, Madame, nous en appelons à vous, afin que le 12 janvier de cette année vous vous mobilisiez avec ce drapeau : la réalisation des trois signes.

Bien. Salutation et que chaque jour soit comme ce 12 janvier 1994.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, janvier 2001.

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AU CONGRÈS NATIONAL INDIGÈNE

1er janvier 2001.

Au Congrès national indigène,
Frères et sœurs :

Je vous écris au nom des femmes, hommes, enfants et anciens de l’Armée zapatiste de libération nationale.

Comme vous le savez, l’EZLN a appelé à une grande mobilisation nationale et internationale pour appeler à la reconnaissance des droits et de la culture indigène au Mexique, en accord avec l’initiative de loi de la Cocopa. Comme participation à cette mobilisation, l’EZLN enverra une délégation du CCRI-CG à la ville de Mexico, dans l’intention de dialoguer avec les législateurs du Congrès de l’Union et de les convaincre des bontés de cette initiative élaborée par des députés et sénateurs des quatre partis politiques officiels (PAN, PRI, PRD et PT).

Nous voulons donc inviter une délégation du Congrès national indigène, formée par ceux que vous considérerez opportun, afin qu’elle nous rende visite et que nous puissions ainsi discuter de ces sujets. Le pouvez-vous, la date de la visite est si proche.

Nous en profitons aussi pour vous informer de l’existence du Centre d’information zapatiste et que, à travers lui, nous pourrons être en communication.

Nous espérons que vous acceptez cette invitation et nous ferez l’honneur de les recevoir et de discuter avec eux.

Bien. Salutation et que nous, les indigènes, obtenions la reconnaissance que nous méritons.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, janvier 2001.

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SUR LE CENTRE D’INFORMATION ZAPATISTE

3 janvier 2001.

À la société civile nationale et internationale,
Frères et sœurs :

Afin de pouvoir échanger des informations et d’être au courant des mobilisations zapatistes pour la réalisation des trois signes (fermeture des sept positions militaires, libération des prisonniers zapatistes et reconnaissance constitutionnelle des droits et de la culture indigènes en accord avec l’initiative de loi de la Cocopa), l’EZLN a fait ce qui suit :

Premièrement. À partir d’aujourd’hui entre en fonction le Centre d’information zapatiste, avec l’appui de doña Rosario Ibarra de Piedra, personne qui a généreusement mis son temps et son travail au service de la paix. Ce Centre d’information zapatiste aura pour tâche principale de servir de pont entre la société civile et l’EZLN.

Deuxièmement. À travers le Centre d’information zapatiste, la société civile nationale et internationale pourra se tenir informée des initiatives de mobilisation que l’EZLN et d’autres lancent pour la réalisation des trois signes, de la date précise du départ de la délégation qui va au DF, de l’itinéraire de la délégation, des événements publics qu’elle réalisera et de son agenda dans la ville de Mexico. Elle pourra aussi s’informer sur les aspects en relation avec la logistique de cette mobilisation, des logements possibles et de leurs tarifs, des moyens de transports possibles et de leurs tarifs, etc.

Troisièmement. Ce n’est que par le Centre d’information zapatiste que l’EZLN recevra la correspondance nationale et internationale de toutes les personnes et organisations qui voudraient entrer en contact avec la délégation qui se rendra au District fédéral.

Quatrièmement. À travers le Centre d’information zapatiste, l’EZLN connaîtra les différentes initiatives que, au Mexique et par le monde, la société civile organise pour la réalisation des trois signes et pour accompagner la délégation zapatiste au DF, soit par sa présence physique, soit au moyen d’événements publics dans ses localités.

Cinquièmement. Le Centre d’information zapatiste ne sera pas, NON, une agence de presse ou la voix de l’EZLN, il ne sera qu’un pont pour communiquer avec la société civile nationale et internationale. Les communicateurs n’auront besoin d’aucune accréditation spéciale pour couvrir le parcours et la présence de l’EZLN dans la ville de Mexico, ils seront sous la créance des médias qu’ils représentent. Le Centre d’information zapatiste n’émettra aucun bulletin de presse, il ne fournira pas de matériel informatif ou photographique, il n’organisera ni le transport ni le séjour des médias et n’offrira ni interview ni conférences de presse. En ce qui concerne les médias, les représentants de la presse pourront, par cet organisme, correspondre avec l’EZLN et vice versa.

Sixièmement. L’EZLN, par le nouveau Centre d’information zapatiste, lance un appel à la solidarité nationale et internationale pour qu’elles appuient économiquement cette initiative de paix en déposant une contribution sur le compte bancaire suivant :

BANCOMER, Plaza 437, Numero-5001060-5, au nom de Madame María del Rosario Ibarra, San Cristóbal de las Casas, Chiapas, México.

Septièmement. Les coordonnées pour communiquer avec le Centre d’information zapatiste sont :
- Adresse : Avenida Ignacio Allende numero 22-A (entre Hnos. Domínguez et Alvaro Obregón), Barrio San Antonio. San Cristóbal de las Casas, Chiapas, México.
- Tel : 67-82-159 et 67-82-373.

Huitièmement. Respectivement au bureau de contact de San Cristóbal de las Casas, l’EZLN informe qu’à partir d’aujourd’hui il suspend temporairement ses travaux, c’est-à-dire que, jusqu’à nouvel avis, il n’assurera pas le service que, quotidiennement, il fournissait aux distincts coordinateurs et au public en général.

Neuvièmement. Pour l’étape actuelle, l’EZLN lance un appel aux coordinations de contact de province qui ont fonctionné pour l’organisation de la consultation, afin qu’elles s’ouvrent à toute la société civile de leurs localités et incorporent toutes les personnes qui veulent se joindre à cet effort de paix, étant entendu que les coordinations ne seront qu’une partie d’une quantité d’organisations convoquées pour cette nouvelle initiative et qu’il ne sera pas nécessaire de faire partie d’une coordination pour participer à la mobilisation, car le contact avec l’EZLN se fera de manière directe à travers le Centre d’information zapatiste. L’EZLN appelle la société civile à s’organiser de sa propre initiative sans imposer de croyance religieuse, idéologique, de militance politique, d’âge, de race, de position économique, de taille, poids ou préférence sexuelle.

Dixièmement. L’EZLN lance un appel aux coordinations de contact des délégations du DF pour qu’elles suspendent leurs activités et que tous leurs membres s’organisent sous de nouvelles formes pour appuyer cette mobilisation. L’EZLN aspire à ce que sa présence dans le DF inclue toute la population, organisée ou non, et que s’ouvrent ainsi de nouvelles formes de dialogues sans intermédiaires.

Onzièmement. Pour l’étape actuelle, l’EZLN lance un appel à la société civile nationale pour ce qui suit :

a) Qu’elle réalise des actions d’appui aux trois signes demandés dans ses localités.

b) Qu’elle réalise la publicité et la diffusion des trois signes demandés dans ses localités.

c) Qu’elle s’organise dans ses localités pour accompagner la délégation zapatiste ou pour la rejoindre au DF.

d) Qu’elle s’organise pour réaliser des actions simultanées aux actions de la délégation zapatiste dans ses localités.

Nous demandons aussi, respectueusement, qu’elle nous tienne informé de ses activités par le Centre d’information zapatiste et que, de même, elle nous fasse savoir ses propositions, idées ou la façon dont nous pouvons l’épauler dans ses tâches.

Douzièmement. L’EZLN lance un appel spécial à la société civile internationale pour ce qui suit :

a) Organiser et réaliser des actes civils et pacifiques dans ses localités en demandant la réalisation des trois signes.

b) S’organiser pour accompagner la délégation zapatiste ou pour la rejoindre au DF.

c) Organiser et réaliser des actes civils et pacifiques dans ses pays respectifs, simultanément aux activités de la délégation zapatiste.

Nous lui demandons aussi, respectueusement, de bien vouloir nous tenir informés de tout cela, à travers l’espace international du Centre d’information zapatiste.

Frères et sœurs,

Pour le dialogue, pour la reconnaissance des droits et de la culture indigène et pour que la guerre soit chassée à jamais des terres indiennes du Mexique, nous appuyons la demande de réalisation des trois signes et accompagnons les zapatistes au DF.

Bien. Salutation et, avec tous, obtenons la paix avec justice et dignité.

Depuis les montagnes du Sud-Est mexicain.
Sous-commandant insurgé Marcos.
Mexique, janvier 2001.

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