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Sauvage répression policière à Oaxaca le 16 juillet 2007

Communiqué et appel de VOCAL (Voix de l’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté)

vendredi 20 juillet 2007

Communiqué de VOCAL (Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad)

Le 16 juillet 2007.

À tous les collectifs et à toutes les organisations et personnes de l’Oaxaca, du Mexique et du monde,
À l’Autre Campagne,
Aux organismes mexicains et aux organismes internationaux des droits humains,
Aux moyens de communication,

"Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad" (Voix de l’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté, VOCAL) demande votre intervention urgente face à l’arrestation de Silvia Gabriela Hernandez Salinas et de Maria Guadalupe Sivaja Ortiz, interpellées alors que l’on fêtait la Guelaguetza populaire dans la ville d’Oaxaca.

Silvia Gabriela Hernandez Salinas est membre de VOCAL, diplômée de sociologie de l’Université autonome Benito Juárez d’Oaxaca (UABJO) et chercheuse dans la même discipline. Elle est également adhérente de l’Autre Campagne.

Originaire d’Oaxaca et âgée de vingt-quatre ans, c’est une militante de la lutte sociale ayant fait ses études à l’UABJO que ses collègues, ses professeurs et ses proches décrivent comme une étudiante exemplaire. Elle écrit des articles dans différents médias, est aussi poète et a effectué plusieurs recherches dans sa partie. Actuellement, elle participe à un projet agricole de VOCAL.

Voix de l’Oaxaca construisant l’autonomie et la liberté (VOCAL) est un lieu carrefour d’une extrême diversité, actif, rassemblant des individus et des collectifs variés, tous impliqués dans le mouvement social de l’Oaxaca.

VOCAL se veut une manière de rassembler les tentatives du peuple de l’Oaxaca mobilisé qui cherche à faire en sorte que le mouvement social reste fidèle à ses principes, autonome et indépendant des partis politiques ; il revendique l’assemblée souveraine comme forme la plus juste et harmonieuse pour parvenir à se comprendre, s’auto-organiser et s’autogouverner.

VOCAL lutte pour la construction, la consolidation et la liaison des autonomies, considérant l’autonomie des peuples, des groupes, des collectifs, des individus, des organisations et autres comme une possibilité réelle de s’opposer au système de gouvernement autoritaire en place. L’autonomie comme processus de construction d’autres réalités qui démontrent que d’autres manières de changer les choses à la source sont possibles et où les peuples décident de leurs propres méthodes et manières de vivre. Signalons que Silvia est la deuxième personne arrêtée membre de VOCAL, après l’arrestation, le 13 avril 2007, de David Venegas Reyes, toujours emprisonné à la centrale de Santa María Ixcotel.

Les faits

Au soir du 15 juillet, il a été décidé en commun accord d’organiser une concentration sur le zócalo (la grand-place) d’Oaxaca le lendemain 16 juillet, dès 8 heures du matin, pour célébrer la fête populaire de la Guelaguetza. Vers 10 heures du matin, c’est de là que partit un cortège devant remonter la rue Porfirio Díaz jusqu’à l’avenue Niños Héroes dans le but d’y célébrer cette fête populaire, de manière entièrement pacifique, au Cerro del Fortín. À hauteur de l’Hôtel Fortín Plaza, la marche était attendue par un contingent de plusieurs centaines de policiers appartenant à différents corps, dont des membres des forces armées. La marche-célébration y est arrivée, au son des fanfares, et dès les premiers instants ses participants ont cherché à entamer un dialogue avec les forces de l’ordre pour qu’elles permettent au cortège de passer afin de commencer les festivités prévues. La police s’y est refusée et la célébration s’est effectuée directement sur l’avenue, au croisement de l’avenue Venus et de l’avenue Niños Héroes.

Au moment de la danse des Chinas oaxaqueñas, on a reçu la première grenade lacrymogène d’un tir en rafale qui a dispersé les danseurs et une grande partie du cortège de près de 3 000 personnes formé notamment d’enseignants, de collectifs, de groupes de jeunes, de personnes âgées et d’enfants. Plusieurs compañeros ont répondu à cette agression en jetant des pierres. La police a continué à lancer des gaz et aussi des pierres et plusieurs coups de feu émanant des forces de l’ordre ont été rapportés. Alors que les gens se dispersaient par l’avenue Niños Héroes et les rues du centre-ville, ainsi qu’à travers les quartiers de la Colonia Xochimilco et de la Colonia Estrella, les effectifs de police ont entamé leur opération et ont commencé à les poursuivre, procédant à plusieurs arrestations en différents points. À cette heure, on signale un mort [information démentie par la suite], plusieurs blessés [certains dans un état critique, dont Emeterio Merino Cruz, enseignant arrêté puis sauvagement frappé par la police (scène photographiée et filmée) qui l’a envoyé à l’hôpital dans le coma, c’est son décès qui avait d’abord été annoncé], dont des reporters de la presse nationale, et 30 arrestations, dont plusieurs disparus car ils ne sont enregistrés dans aucun commissariat ou caserne et on ne les a pas non plus localisés dans un centre de réclusion.

NOUS CRAIGNONS POUR LA SÉCURITÉ DE CES PERSONNES ET NOUS REDOUTONS QUE DES VIOLATIONS DES DROITS HUMAINS FONDAMENTAUX AIENT LIEU.

Silvia Gabriela Hernandez Salinas s’est toujours caractérisée par son soutien désintéressé à la lutte des peuples et de la société de l’Oaxaca, auquel elle a contribué dans diverses activités sociales et culturelles. Le 16 juillet 2007, au moment de son arrestation, elle effectuait un travail de documentation de cette fête populaire et était munie d’une caméra, son outil de travail principal.

Elle a été arrêtée sur le périphérique, à hauteur de l’Institut préparatoire nº 7 de l’UABJO et a été vue pour la dernière fois alors qu’elle voulait monter dans un autobus métropolitain, dans un endroit assez éloigné du lieu où avait commencé l’agression policière. Plusieurs policiers ont été vus qui tentaient d’arrêter également des personnes qui l’accompagnaient et qui ont été perdues de vue quand elles ont essayé d’échapper à leur arrestation. Dès cet instant et pendant plusieurs heures, on a tout ignoré de l’endroit où elle se trouvait, ainsi que du corps de police ou autre responsable de son arrestation.

On a enfin su quelque chose d’elle quand son nom est apparu sur les listes de personnes arrêtées émises par la PGJ et publiées dans divers médias. La dernière chose que l’on sait, c’est qu’elle est recluse au siège central des Brigades d’enquêteurs de la police ministérielle de l’Oaxaca, située à Los Pinos, route Santa María Coyotepec, l’ancienne Direction générale de la Sécurité publique de l’État de l’Oaxaca, où elle a été vue par un observateur des droits humains en réponse à une dénonciation interposée auprès de la CEDH (la Commission de l’Oaxaca des droits de l’homme). Nous ignorons dans quelles conditions elle est.

Maria Guadalupe Sivaja Ortiz, âgée de vingt ans, participe activement au mouvement social actuel à Oaxaca et elle se trouvait dans la marche-célébration pacifique quand les forces policières ont commencé l’agression, nous avons peu de données sur sa détention, mais nous savons qu’elle se trouve maintenant à la disposition du Ministère public.

APPEL À LA SOLIDARITÉ

En raison de tout ce qui précède, nous lançons un appel urgent à la solidarité au Mexique et à l’échelle internationale.

La liste d’adhésion à cet appel sera sur le site de VOCAL.

Aussi VOCAL exige-t-il :

1. La mise en liberté immédiate et sans conditions de nos compañeras Silvia Gabriela Hernandez Salinas et Maria Guadalupe Sivaja Ortiz, ainsi que de tous les prisonniers politiques du mouvement détenus jusqu’ici ;

2. Que l’on garantisse la sécurité et l’intégrité physique de Silvia Gabriela Hernandez Salinas et de Maria Guadalupe Sivaja Ortiz, qu’elles puissent jouir de toutes les garanties et de tous les droits que leur reconnaissent les lois correspondantes, cela devant s’appliquer également à tous les détenus et disparus du mouvement à cette date.

Salutations.

Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad
VOCAL

Traduit par Ángel Caído.

P.-S.

Confrontés à une nouvelle vague de violence déclenchée par l’État, nous demandons votre soutien, en adhérant au communiqué suivant.

Nous demandons aux individu(e)s ainsi qu’aux collectifs, aux organisations et autres de bien vouloir indiquer leur nom complet ainsi que leur lieu de résidence.
IMPORTANT : Dans le but de nous rendre plus facile la gestion collective du courrier, nous vous demandons d’indiquer dans la case "Objet" de votre courriel : "Adhesión comunicado" (Adhésion communiqué).
Nous vous saurions gré d’indiquer également si vous aviez déjà adhéré au communiqué pour David Venegas, afin de l’ajouter ou non à notre liste de courrier et éviter ainsi des doublons en d’autres occasions.
Le communiqué et la liste des adhésions seront mis en ligne sur le site de VOCAL et sur Oaxaca libre.
Adresse où envoyer vos adhésions : VOCAL

Compañeras, compañeros,

Le 16 juillet dernier, Ulises Ruiz et le gouvernement fasciste de Felipe Calderón ont de nouveau réprimé une manifestation pacifique du mouvement de l’Oaxaca. Parmi les dizaines de personnes arrêtées se trouvent Silvia Gabriela Hernández Salinas et Maria Guadalupe Sivaja Ortiz : ce sont donc aujourd’hui trois membres de VOCAL, en comptant David Venegas Reyes, que l’on maintient en prison de manière illégale, que le gouvernement de l’Oaxaca retient en otages. Nos compañeras rapportent qu’elles ont fait l’objet de mauvais traitements, qu’elles ont subi des attouchements et ont été menacées de viol. Nous avons des raisons de croire que de telles agressions se sont reproduites durant leur transfert à la centrale pénitentiaire de Tlacolula.

Nous avons également pu savoir que l’État se prépare à lancer une opération pour réprimer l’ensemble du mouvement des jeunes libertaires de l’Oaxaca, en particulier VOCAL, et toutes les personnes qui luttent pour l’autonomie et qui restent conséquentes vis-à-vis des principes et idéaux du mouvement social de l’Oaxaca, aussi avons-nous besoin en ce moment du soutien et de la solidarité de tous et de toutes au vu des événements récents et en prévision de ce qui pourrait se passer prochainement.

Face à une telle situation, nous exigeons :

1. La libération de David Venegas Reyes, de Silvia Gabriela Hernández Salinas et de Maria Guadalupe Sivaja Ortiz, ainsi que celle de tous les prisonniers et de toutes les prisonnières politiques de l’Oaxaca et du Mexique ;

2. L’arrêt immédiat de la répression dans l’Oaxaca et le respect absolu des garanties individuelles des participants et participantes à la lutte sociale ;

3. Que soit destitué et châtié Ulises Ruiz, de même que tous les responsables de la répression et des assassinats exécutés tout au long de la lutte sociale dans l’Oaxaca.

POUR L’AUTONOMIE DES PEUPLES !
CHÂTIMENT POUR LES ASSASSINS !
AUTONOMIE ET LIBERTÉ POUR TOUS ET POUR TOUTES !

Voces Oaxaqueñas Construyendo Autonomía y Libertad
VOCAL

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