Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Charivari pour l’ambassadrice du Mexique à Paris

CSPCL

lundi 21 juin 1999

CHARIVARI POUR L’AMBASSADRICE DU MEXIQUE À PARIS

À l’initiative du Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte, une petite fanfare internationale (France, Portugal, Allemagne et Colombie) et mixte (quatre femmes, quatre hommes) est allée réveiller madame l’ambassadrice du Mexique à l’aube (6 heures) du 21 juin 1999, dernière Fête de la musique du millénaire.

Les instruments étaient assez puissants pour cela : cornes de brume, sifflets, tambourins et ustensiles de cuisine ; le talent des interprètes consistant à faire le plus grand vacarme possible pour tenter de rappeler à Son Excellence qu’elle représente un État en guerre contre les communes autonomes du Chiapas, autonomie pourtant reconnue par les Accords de San Andrés (signés en février 1996 entre l’Armée zapatiste de libération nationale et les représentants du gouvernement mexicain).

L’intervention fut couronnée de succès puisque, non seulement l’ambassadrice apparut, fort courroucée, au balcon de la résidence, mais son époux tenta rageusement de photographier les vaillants et tumultueux artistes, tout en prenant bien soin d’appeler à l’aide les forces de l’ordre françaises, qui mirent cependant plus de vingt minutes à arriver... et trouvèrent les compagnons de l’aube en train de se restaurer un peu plus loin avec la conscience tranquille. Les huit instrumentistes furent cependant interpellés par les policiers et détenus pendant quatre heures. Interrogés sur les raisons de ce vacarme, ils signalèrent que des tracts avaient été laissés sur place au sujet de l’actuelle intensification de la guerre au Chiapas, des communes occupées par l’armée mexicaine, des cas de séquestrations, assassinats (par des policiers, à Tila, zone Nord du Chiapas), arrestations illégales et tortures... mais aussi de la résistance digne et pacifique des communautés en rébellion.

En vous remerciant de rendre public ce communiqué et avec l’assurance que nous continuerons ici la lutte commencée par nos frères et sœurs de l’EZLN et des communes autonomes.

À Paris, le 21 juin 1999

Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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