Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "Hacia la Esperanza"

Assaut gouvernemental et démantèlement de communautés dans les Montes Azules

Conseil de bon gouvernement de La Realidad

samedi 25 août 2007

Conseil de bon gouvernement Hacia la Esperanza
Caracol Madre de los Caracoles del Mar de Nuestros Sueños

Août 2007.

Au peuple du Mexique,
Aux peuples du monde,
Aux compañeros et compañeras adhérents à l’Autre Campagne au Mexique,
Aux compañeros et compañeras de la Zezta Internazional,

1. Par la présente, nous voulons dénoncer publiquement les agissements de Felipe Calderón Hinojosa, à la tête du gouvernement des riches du Mexique, et ceux de Juan Sábines Guerrero, gouverneur des grands propriétaires terriens et des paramilitaires du Chiapas, à savoir :

2. Le samedi 18 août 2007, entre 11 heures et midi, six hélicoptères d’attaque ont surgi pour procéder à l’expulsion des hameaux de San Manuel et du village de Buen Samaritano, sous le prétexte que les habitants sont accusés de ravager les montagnes de la réserve écologique des Montes Azules.

3. Les assaillants ont attaqué le village de San Manuel à l’improviste et, menaçant de leurs armes femmes et enfants, ils ont obligé tous les hommes présents ce jour-là à monter à bord des hélicoptères.

4. Aussitôt débarqués, les quelque 90 agents appartenant à la police du Chiapas et à la police fédérale se sont divisés en deux groupes et, tandis que les uns faisaient monter de force les hommes dans les hélicoptères, les autres se chargeaient de saccager les humbles maisons des villageois de San Manuel, qu’ils ont entièrement démolies après avoir dérobé leurs maigres possessions.

5. D’autres interventions de ce genre ont été effectuées, notamment dans le village de Buen Samaritano, où, d’après ce que nous savons pour l’instant, un total de 7 personnes dont nous ignorons les noms ont été emmenées de force.

6. Voici la liste des personnes du village de San Manuel qui ont été emmenées contre leur volonté :

Dominga Cruz Hernández (28 ans), Fermina Ruiz Jiménez (16 ans), Mario López Gómez (50 ans), Nicolás Hernández Toledo (40 ans), Feliciano López Hernández (20 ans), Margarita López Hernández (19 ans), Juan López Gómez (45 ans), Tomás López Gómez (50 ans), Romelia (27 ans), Jacinta Jiménez Clara (34 ans), Lázaro Ruiz Jiménez (18 ans), María Ruiz Jiménez (14 ans), Micaela Ruiz Jiménez (13 ans), Juana Jiménez Ruiz (11 ans), Manuela Ruiz Jiménez (9 ans), Francisca Ruiz Jiménez (7 ans), Eusebio Ruiz Jiménez (4 ans), Mario Ruiz Jiménez (1 an), Jacinto Jiménez Cruz (10 ans), Domingo Jiménez Cruz (10 ans), Micaela Jiménez Cruz (8 ans), Nicolás Jiménez Cruz (5 ans), Francisca Jiménez Cruz (2 ans), Nicolasa López Ruiz (âgé de 10 mois), Manuel López Hernández (4 ans), Mario López López (2 ans), Nicolasa López López (âgé de 5 mois), Darinel García (10 ans), Sebastián García (6 ans), Heriberto García (8 ans), Fidencio García (3 ans) ainsi qu’un autre enfant âgé de 12 mois.

Nous ignorons le lieu où se trouvent actuellement toutes ces personnes, femmes, hommes et enfants, de même que les mauvais traitements qu’ils pourraient avoir subis et leur état de santé.

7. C’est pourquoi nous avons demandé aux compañeros et compañeras de l’organisme Fray Bartolomé de las Casas agissant pour la défense des droits humains de tenter de localiser les personnes arrêtées, en dépit des difficultés et sachant que nos frères et sœurs défenseur des droits humains sont susceptibles eux aussi de subir des mauvais traitements et d’être agressés par le mauvais gouvernement, celui du Chiapas comme celui du Mexique. Mais nous savons aussi que le Centre de défense des droits humains Fray Bartolomé de las Casas s’acquittera de sa tâche, comme il a démontré en être capable en maintes occasions auparavant, car nous ignorons tout du sort réservé à nos frères et sœurs.

8. Nous savons que le mauvais gouvernement du Chiapas et le mauvais gouvernement fédéral s’apprêtent à procéder à d’autres expulsions, dans les villages de Salvador Allende et de Nuevo Corozal, pour la simple raison que leurs habitants vivent sur les terres qu’ils travaillent pour pouvoir survivre.

9. Nous exigeons la libération immédiate de toutes les personnes emprisonnées, parce qu’elles ne sont aucunement coupables de quoi que soit. Elles n’ont rien fait d’autre que travailler et prendre soin de la terre pour pouvoir vivre comme des être humains. Tandis que le gouvernement et ses riches et le gouverneur des grands propriétaires terriens et leurs paramilitaires ne convoitent la terre que pour en faire une marchandise, c’est-à-dire pour la vendre aux entreprises mexicaines et aux multinationales. C’est pour cela que ceux qui travaillent et protègent la terre, autrement dit, les paysans et les indigènes, sont pour eux une gêne.

Cela ne nous empêchera de continuer à affirmer : la terre appartient à ceux qui la travaillent, elle n’est pas à vendre comme une vulgaire marchandise.

Pour nous qui travaillons la terre, c’est notre mère car c’est en elle que nous vivons et d’elle que nous nous alimentons. Par conséquent, nos frères et sœurs expulsés, emprisonnés ou disparus ne sont coupables d’aucun crime et nous exigeons leur libération immédiate et sans conditions.

Nous avons dit toute notre parole.

Salutations.

¡Mandar obedeciendo !
Commander en obéissant !
Conseil de bon gouvernement "Hacia la Esperanza"

Saúl, Abel, Tania, Nicodemo, Raúl.

Traduit par Ángel Caído.
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