Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "Hacia la Esperanza"

Les Communes autonomes zapatistes, la démocratie, les partis politiques et les élections du 7 octobre au Chiapas.

Conseil de bon gouvernement de La Realidad

mercredi 10 octobre 2007

De La Realidad, le Conseil de bon gouvernement dénonce une campagne mensongère lancée contre les zapatistes.

Le 2 octobre 2007.

Au peuple mexicain,
Aux peuples du monde,
Aux compañeros et compañeras adhérents à l’Autre Campagne au Mexique,
Aux compañeros et compañeras de la Zezta Internacional,

Dénonciation : afin de démentir.

1. Dans l’État du Chiapas, beaucoup de mensonges circulent dans les moyens de communication.

Par exemple, on y dit ou écrit que nous tous qui appartenons à l’Armée zapatiste de libération nationale, nous aurions annoncé notre position politique en vue des élections prévues pour le 7 octobre et que nous soutenons le parti du PRI.

Tout cela est absolument faux et mensonger. Pour nous, les zapatistes des MAREZ, les communes autonomes rebelles zapatistes, la démocratie c’est tous les jours, toute notre vie durant.

Pour les partis politiques, le PRI, le PAN, le PRD et autres, la démocratie n’existe que tous les trois ans tous les six ans, quand ils demandent au peuple de voter pour leur permettre d’accéder au pouvoir. Et une fois arrivés au pouvoir, ils oublient le peuple, et c’est vrai pour tous les partis politiques.

Nous pensons tout particulièrement au PRI, dont les candidats aux élections municipales et au parlement local ne sont que des menteurs, tel cet Aarón Hernández López. C’est un de ceux qui racontent à qui veut l’entendre que nous allons participer aux élections du 7 octobre : c’est faux, c’est un mensonge de plus de sa part.

Nous, nous avons nos communes autonomes rebelles zapatistes. C’est acquis pour toujours, car nous ne croyons en aucun politicien, en aucun des partis politiques.

Vous vous demandez peut-être pourquoi.

Soixante et onze ans au pouvoir sans avoir rien fait pour sortir le peuple de la misère. C’est ça leur solution, la même solution que celle qu’ils ont adoptée face aux étudiants en ce jour fatidique du 2 octobre 1968 : le massacre de Tlatelolco ?

Ou alors, leur solution c’est de ne pas avoir respecté des accords qu’ils ont signés, les Accords de San Andrés concernant les droits et la culture indigènes ?

Leur solution, c’est la trahison de 1995 ?

Leur solution, c’est le massacre de 45 indigènes à Acteal ?

Leur solution, c’est de créer des groupes paramilitaires comme "Paz y Justicia", le MIRA, les "Chinchulines", l’OPPDIC et tant d’autres ?

Leur solution, c’est toutes ces expulsions, tous ces emprisonnements, toutes ces disparitions partout dans notre pays ?

Leur solution, c’est la répression et l’élimination de toutes les organisations sociales de notre pays et de rajouter un tas d’injustices supplémentaires ?

Voilà ce qu’a fait le PRI au long de ses soixante et onze ans au pouvoir. Quant au PAN, aujourd’hui au pouvoir, il ne fait que poursuivre le même programme. Et au Chiapas, le PRD fait de même avec Juan Sabines Gutiérrez. Nous serions donc devenus complètement fous si nous soutenions aujourd’hui le PRI. Mais ce n’est pas le cas, nous ne sommes pas fous, nous sommes parfaitement conscients de la voie que nous avons choisie de construire, ou alors, si nous sommes fous, c’est parce que nous voulons construire un monde autre et meilleur.

2. Nous démentons aussi ce qui a été publié sur le sous-commandant insurgé Marcos, qui nous aurait donné l’ordre de soutenir le candidat du PRI aux élections de Las Margaritas. Un tel ordre n’existe pas. D’ailleurs, il suffit de lire la transcription de la conférence qu’il a donnée le 1er octobre à Mexico.

Nous répudions en bloc tous les politiciens des partis politiques, parce qu’ils ne savent pas commander en obéissant. Et s’ils ne savent pas le faire, c’est parce qu’ils ne cherchent qu’à s’enrichir qu’ils pensent tous comme ceux d’en haut.

3. On voit aussi circuler dans les médias une "information" qui prétend que le PRI a conclu un pacte avec les bases de l’EZLN et qu’il s’est notamment engagé à apporter une solution à tous les vieux griefs qui opposent l’EZLN au gouvernement fédéral et au gouvernement chiapanèque, pour résoudre définitivement le conflit qui existe au Chiapas depuis 1994. C’est supposé laisser entendre que nous aurions discuté avec ces candidats menteurs et cupides, ce qui est évidemment absolument faux. Depuis 1994, nous avons cessé de croire un seul mot des dirigeants des partis politiques. Depuis 1994, nous avons commencé à mettre en pratique une autre manière de faire la politique, avec nos communes autonomes rebelles zapatistes d’abord, puis aujourd’hui avec nos conseils de bon gouvernement, et nous heureux comme des fous à l’idée de trouver encore d’autres méthodes. Mais, en tout cas, nous ne soutenons ni le PRI, ni le PAN, ni le PRD, ni aucun autre parti politique.

4. Tout ce qui circule dans les médias chiapanèques ou mexicains, ainsi que dans les communes qui soutiennent le PRI ou d’autres partis politiques, n’est que MENSONGE pur et simple.

5. Nous voudrions dire à monseigneur Felipe Arizmendi Ezquivel, évêque du diocèse de San Cristóbal de Las Casas, qu’il cesse de croire et de répéter que les zapatistes ont dit que les gens pouvaient "émettre leur suffrage", autrement dit aller voter, comme bon leur semble. Nous, les zapatistes, nous ne votons pas et nous ne croyons pas en la démocratie que veulent ceux d’en haut.

Notre démocratie et notre suffrage reviennent à ce que nous sommes en train de construire, à nos conseils de bon gouvernement et à nos communes autonomes rebelles zapatistes, parce que nous pensons en bas et à gauche, c’est-à-dire pour le peuple, du peuple et par le peuple.

6. Tous les tracts ou autres qui ont circulé ou qui circuleront prétendant que nous soutenons le PRI ne sont et ne seront que des mensonges : nous ne soutenons aucun parti politique.

7. Voilà notre parole en ce qui concerne les mensonges qui sont répandus et publiés dans les moyens de communication.

Salutations.
Junta de Buen Gobierno [Conseil de bon gouvernement].
¡Mandar obedeciendo !
Commander en obéissant !

Elsi, Marvella, Flor, Micaela, Tania, Abel, Saúl.

Traduit par Ángel Caído.
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