Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "Corazón Céntrico de los Zapatistas delante del Mundo"

Harcèlement et menaces contre des communautés zapatistes des Altos de Chiapas

Conseil de bon gouvernement d’Oventik

vendredi 29 février 2008

Conseil de bon gouvernement "Corazon Céntrico de los Zapatistas delante del Mundo"
Snail Tzobombail Yu’un Lekil J’amteletik ta O’lol Yo’on Zapatista ta Stuk’il Sat Yelob Sjunul Balumil

En ce 3 février de l’année 2008.

À l’opinion publique,
À la presse mexicaine et internationale,
À la société civile mexicaine et internationale,
Aux organismes défenseurs des droits humains fondamentaux,
Aux médias alternatifs,

Frères et sœurs,

Par la présente, nous, Conseil de bon gouvernement "Cœur central des zapatistes devant le monde", Zone des Altos de Chiapas, Mexique,
communiquons les faits suivants :

Le lundi 28 janvier dernier, plusieurs membres des bases de soutien zapatiste appartenant à la communauté de San Antonio, commune de Tenejapa, Chiapas, se sont présentés à nos bureaux du Conseil de bon gouvernement afin de nous informer que l’électricité avait été coupée aux compañeros et compañeras bases de soutien zapatistes qui depuis 1994 étaient entrés en résistance, raison pour laquelle ils ne payent plus l’électricité, attendu qu’ils ne reçoivent aucune des aides qu’octroie le mauvais gouvernement.

Premièrement. Le 16 octobre 2007, une famille appartenant aux bases de soutien zapatistes a eu l’électricité coupée par des habitants de leur communauté affiliés au PRI, dont la seule raison pour les priver de ce service est qu’ils se refusent à payer l’électricité. Or au Mexique et dans le monde entier on sait pertinemment que les zapatistes ainsi que toute personne qui se déclare en résistance civile ont leurs raisons pour ne pas payer ces services, notamment parce qu’ils ne reçoivent aucune des aides économiques et sociales concédées par le mauvais gouvernement, mais qu’en revanche les personnes qui demandent et reçoivent toutes sortes de subsides de la part de ce gouvernement sont obligées de payer si elles y tiennent mais n’ont pas à obliger à le faire les gens qui sont en résistance et qui ont néanmoins le droit de bénéficier de la fourniture d’énergie électrique, comme tout citoyen mexicain et surtout comme tout être humain.

Deuxièmement. Le 25 janvier 2008, un autre de nos compañeros, dénommé Miguel Luna Girón, s’est vu couper sa connexion au réseau électrique. Ce sont les mêmes habitants de cette communauté qui appartiennent au PRI qui lui ont coupé l’électricité, agissant comme ils le font depuis maintenant plusieurs mois. Les choses n’en sont pas restées là car il s’est également vu menacé d’être mis en prison sous prétexte qu’il ne payait pas l’électricité, étant en résistance, et c’est bien là le seul délit dont il se soit rendu coupable.

Troisièmement. Le jeudi 31 janvier 2008, le même Miguel Luna Girón, membre des bases de soutien de l’EZLN, a été menacé chez lui, à son domicile, par une femme affiliée au PRI se dénommant Rosa Méndez Jiménez, qui était en état d’ivresse. Sur quoi, brandissant une machette, elle voulait assassiner notre compañero, lui disant que ce n’était pas la peine de chercher à se cacher parce qu’elle allait le tuer ! Se rendant compte ensuite que ledit Miguel n’était pas là, elle en a conçu une grande honte et a voulu se défouler en coupant un pied de pêcher, mais malheureusement, en assénant le coup, sa machette a rebondi et elle a été à deux doigts de se tuer, sur quoi elle en est restée là, proférant un "maudits zapatistes !".

Quatrièmement. Ce n’est pas tout, car il se trouve que deux dirigeants du PRI local, Diego Jiménez Méndez et Miguel López Gómez, ont voulu obliger Antonio Guzmán López, représentant de la communauté, à exproprier Miguel Luna Jirón de ses terres pour que celles-ci soit converties en terrain à usage scolaire ; cependant Antonio, représentant de la communauté, s’y est refusé, n’ignorant pas que de tels actes entraînent de nombreux et graves problèmes.

Cinquièmement. Les mêmes Diego Jiménez Méndez et Miguel López Gómez, responsables du PRI au niveau local, affirment que s’ils ne parviennent pas à déposséder Miguel Luna Girón de sa terre, ils se mettront à persécuter directement notre compañero ainsi que d’autres compañeros des bases zapatistes.

Nous tenons pour directement responsables Diego Jiménez Méndez et Miguel López Gómez, ainsi que les représentants de la communauté et les autorités officielles de la commune de Tenejapa, de tous les ennuis causés à nos compañeros des bases de soutien zapatistes et de tout ce qui pourrait leur arriver.

Ce qui cause tous ces problèmes, ce sont les idées malsaines données par le mauvais gouvernement dans le but de tromper les gens et de semer la division entre des indigènes de la même communauté, porteur du même sang et ayant les mêmes origines, pour qu’ils se voient comme des ennemis de façon à pouvoir provoquer des affrontements.

En effet, quand cela arrive, le mauvais gouvernement en profite pour justifier la militarisation des communautés zapatistes, prétendant, pour comble, que c’est pour éviter qu’il y ait des problèmes.

Nous les femmes et les hommes du Conseil de bon gouvernement, nous tenons à répéter, comme nous l’avons toujours dit clairement, que nous n’avons jamais considéré nos frères indigènes comme des ennemis mais que, bien au contraire, nous recherchons l’unité entre les peuples pauvres, marginalisés et exploités du monde.

Voilà tout ce que nous avons à dire pour l’instant, nous continuerons à informer de la suite des événements.

SALUTATIONS

Rosalinda Gómez López
Mateo Pérez Gómez
Esaú Rodríguez Aguilar
Patricia Hernández Santíz

Traduit par Ángel Caído.
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