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Déclaration du CBG "Corazón del Arcoiris de la Esperanza"

Des agents de l’État pénètrent dans la communauté de Bolón Ajaw, frappent deux compañeras et font usage de leurs armes

Conseil de bon gouvernement de Morelia

samedi 1er mars 2008

"Corazón del Arcoiris de la Esperanza"
Caracol IV "Torbellino de Nuestras Palabras"

23 février 2008.

À l’opinion publique,
Aux médias nationaux et internationaux,
Aux médias alternatifs nationaux et internationaux,
Aux organisations non gouvernementales de droits humains,
Aux compañeras et compañeros de l’Autre Campagne du Mexique et du monde,

Sœurs,
Frères,

Le Conseil de bon gouvernement "Cœur de l’arc-en-ciel de l’espoir" dénonce les faits qui se sont produits le 21 février 2008 dans la communauté de Bolón Ajaw.

Le jeudi 21 février 2008, à 4 heures de l’après-midi, deux compañeras bases de soutien, habitantes du village Bolón Ajaw sont parties se baigner à la rivière ; avant d’arriver aux bains, elles ont vu à 300 mètres cinq agents de la sécurité publique de l’État, accompagnés d’un journaliste civil avec une caméra vidéo.

En voyant ces cinq agents de la sécurité publique, elles ont couru pour prévenir les autres compañeros. Pendant qu’elles prévenaient, l’un d’entre eux a utilisé son pistolet 9 millimètres, en tirant trois fois en l’air et ils ont continué à se rapprocher jusqu’à arriver à 50 mètres du village. Une des trois douilles des balles tirées est entre nos mains.

En recevant le message, les compañeras et les compañeros qui étaient chez eux se sont rapidement rassemblés pour défendre la communauté.

Ceux de la sécurité publique sont vite allés vers la rivière, longeant le côté gauche du village avec l’intention de nous encercler.

Les compañeras et les compañeros se sont aussi déplacés, amenant avec eux des bâtons, non pas pour les tuer ni les frapper, mais simplement pour faire pression et qu’ils nous laissent vivre tranquillement. Nous, nous n’utilisons pas d’armes pour leur tirer dessus ; nous, nous savons qu’ils sont aussi des humains, qu’ils ont une famille et nous ne faisons jamais comme eux qui tirent des balles sans nous considérer comme des humains.

Ces agents de la sécurité publique, se rendant compte que les habitants du village étaient en train de réagir, se sont retirés en amont de la rivière, en direction du village d’Agua Azul en laissant deux compañeras fortement battues à coups de crosse. Une compañera a été frappée à la poitrine du côté droit et l’autre a été frappée à l’épaule gauche.

Les compañeras et les compañeros du village connaissaient depuis le 30 janvier le plan gouvernemental d’ordonner l’envoi dans la communauté de la sécurité publique qui avait anticipé en menaçant d’entrer dans le village le 20 février pour les déloger ; les compañeras et les compañeros étaient sur le qui-vive ce jour-là.

Les habitants du village étaient, eux, tranquillement occupés dans leurs maisons, ou en train de travailler dans les champs quand ces personnes sont arrivées pour interrompre la tranquillité de la communauté.

Les habitants du village ne sont pas habitués à ce que des policiers soient présents dans leur communauté, parce qu’ils ne sont pas des délinquants dangereux, parce que ce qu’ils recherchent et font dans leurs villages, c’est mener une vie tranquille, semant et récoltant le maïs et les haricots.

Cordialement.
Le Conseil de bon gouvernement

Traduit par Cybèle.
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