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Déclaration du CBG "Corazón del Arcoiris de la Esperanza"

Violences d’un groupe de paramilitaires du PRI contre les bases zapatistes de l’ejido Santa Rosalia

Conseil de bon gouvernement de Morelia

mercredi 19 novembre 2008

Conseil de bon gouvernement de Morelia Corazón del Arcoiris de la Esperanza

Le 15 novembre 2008.

À l’opinion publique mexicaine et internationale,
Aux Autres Moyens de communication alternatifs, mexicains et étrangers,
Aux organisations indépendantes des droits humains,
Aux compañeras et compañeros de la Sexta et de l’Autre Campagne de notre pays, le Mexique, et du monde,

Frères et sœurs,
Compañeros et compañeras,

Nous, Conseil de bon gouvernement du Caracol de Morelia, nous prononçons en ce qui concerne les regrettables événements survenus le 10 novembre 2008.

Premièrement. Nous protestons énergiquement contre les actes de violence et les menaces commis par les membres du PRI et paramilitaires, qui ont entraîné des violences dans l’ejido Santa Rosalía, dépendant de la région « Nuevo Amanecer Emiliano Zapata », Commune autonome Lucio Cabañas.

Deuxièmement. Le 10 novembre 2008, à 5 heures du matin, trois de nos compañeros, dont le nom est :

1. Armando Hernández Pérez ;
2. Mario Gómez Díaz ;
3. Mardonio Gómez Díaz ;

ont été appréhendés par un groupe de personnes affiliées au PRI de l’ejido Santa Rosalía, commune officielle de Comitán de Domínguez, État de Chiapas, dont le nom est :

1. Cristóbal Díaz Gómez, du commissariat de l’ejido, porteur d’une arme de calibre 22 à canon double ;
2. Marcelino Gómez López, du conseil de surveillance, porteur d’une arme de calibre 22 à un canon ;
3. Fidencio Hernández Jiménez, secrétaire de l’agent municipal, porteur d’une arme de calibre 22 à canon double ;
4. Caralampio Hernández López, trésorier du conseil de surveillance, porteur d’une arme de poing de calibre 22 à 17 coups ;
5. Julio Gómez Sántiz ;
6. José Gómez López, porteur d’une arme de calibre 22 à canon double ;
7. José Gómez Sántiz ;
8. Domingo Morales Hernández.

Ces personnes étaient accompagnées d’un groupe de membres du PRI, vingt personnes au total.

Nos trois compañeros ont été emmenés à la Maison de l’ejido Santa Rosalía. Ils espéraient pouvoir trouver une issue pacifique à cette affaire, mais au lieu de pouvoir établir un dialogue raisonnable, ils ont écopé de coups et d’insultes, les autorités locales se montrant incapables de contrôler leurs gens. Au lieu de chercher à apaiser le climat de violence, ils furent les premiers à sortir leurs armes pour menacer nos compañeros. À l’arrivée de nos compañeros à l’ejido, à la hauteur de la demeure de notre compañero Carmelino Gómez Velasco, un autre groupe de membres du PRI d’environ soixante personnes est apparu. Les dénommés :

1. Javier Gómez Sántiz ;
2. et Armando Méndez Hernández ;

ainsi que le dénommé Marcelino Gómez López, se sont mis à frapper nos compañeros et à proférer injures et insultes à leur encontre. C’est ainsi que plusieurs de nos compañeros et compañeras de l’ejido Santa Rosalía ont accouru pour venir en aide à nos compañeros arrêtés.

Troisièmement. Le dénommé Marcelino Gómez López, appartenant au conseil de surveillance, porteur d’une arme, a voulu tirer sur notre compañero Juan Carlos Gómez Díaz, l’arme s’étant heureusement enrayée.

Nos compañeros et compañeras n’ont à aucun moment fait usage d’armes, contrairement au groupe de violents, n’employant comme seule défense que la parole raisonnable dans le but de dialoguer et de rechercher une solution convenable, parvenant même à ôter l’arme à feu à un des agresseurs. C’est alors que celui-ci, armé d’une machette, a tenté d’en frapper notre compañero Carmelino Gómez Velasco.

Après quoi, le même Marcelino Gómez López a asséné des coups de pied à notre compañera Claudia Gómez Díaz, qui est enceinte.

Le dénommé Bernardo Pérez López, armé d’un couteau, a voulu blesser notre compañero Sabino Hernández Pérez.

Le dénommé Javier Gómez Sántiz a asséné des coups de pied et traîné par terre notre compañera Consuelo Hernández Jiménez, menaçant de la violer à tout instant, sans cesser de proférer des menaces de mort contre notre compañero Carmelino Gómez Velasco.

Le dénommé Armando Méndez Hernández a frappé à coups de pied notre compañera Estela Gómez Díaz, qui est enceinte, et notre compañera Herlinda Gómez Díaz. Il a aussi menacé de mort notre compañero Ángel Hernández Pérez.

Quatrièmement. Suite à ces coups et à ces tentatives de viol et d’homicide qui ont fait dix blessés (cinq de nos compañeras et cinq de nos compañeros), les affiliés au PRI ont emmené le véhicule saisi à l’école de l’ejido, véhicule qui transportait dix douzaines de billes de bois destinées à venir en aide à notre sœur Matilde Pérez Gómez, qui a perdu son mari, Ernesto Hernández Gómez, le 13 janvier 2008, assassiné pour avoir défendu ses droits. En effet, suite à ce déplorable événement et sans que justice ait été rendue, notre sœur est endettée. C’est sur une motion adoptée par consensus par les bases zapatistes de la communauté Santa Rosalía qu’il a été décidé de lui apporter cette aide, sans lui faire payer le transport, uniquement le combustible du véhicule.

Les responsables de cet homicide sont connus. Il s’agit des dénommés Javier Gómez Sántiz, Armando Méndez Hernández, Mariano Pérez Hernández, Fidencio Hernández Jiménez et Raymundo López Gómez et de José Pérez Hernández et son groupe de paramilitaires.

Cinquièmement. Il est très important de signaler que l’un des motifs à l’origine des faits survenus le 10 novembre est la coupe clandestine de bois, le pillage massif et l’exploitation irrationnelle d’une poignée de membres du PRI, qui font un usage abusif de la force, soumettant et humiliant les autres habitants.

Sixièmement. En qualité d’autorités du Conseil de bon gouvernement, et en coordination avec les autorités autonomes municipales, nous avons cherché à résoudre ce litige par la voie du dialogue, mais cela n’a pas été possible.

De son côté, le mauvais gouvernement s’acharne à faire usage de violence et de provocation, car à 13 h 27, le 11 novembre, une voiture de cinq agents de la police municipale de Comitán, accompagnés d’un fourgon de huit policiers de la région, a surgi à quelques mètres à peine de la communauté San Caralampio El Edén, chef-lieu de cette région. Les policiers se sont retirés au bout de quelques minutes.

Le même jour, à 17 h 40, deux autres véhicules emportant quinze agents de la police régionale chiapanèque et un véhicule emportant cinq agents de la police municipale de Comitán sont apparus. Le commandant de la police régionale chiapanèque s’est présenté au siège de cette communauté, San Caralampio El Edén, pour y remettre le formulaire numéroté SSyPC/SSSyPC/3963/2008, souscrit par Mario Eduardo de León Castillejo, sous-secrétaire à la Sécurité et à la Protection des citoyens du Chiapas, document accompagné d’une copie du formulaire nº 6155 daté et signé par Rubio López, procureur du tribunal de première instance de Comitán, État de Chiapas.

Le 10 novembre, à 17 heures, deux coups de feu d’une arme de calibre 22 ont été tirés à courte distance du siège de cette communauté.

Le 12 novembre 2008, à 10 heures environ, une commission formée de deux compañeras et d’un compañeros de notre commune autonome ont remis à l’autorité de cet ejido une invitation écrite à participer à une réunion dans le but de résoudre cette situation.

De nouveau, la réponse de ces autorités a été la violence, les coups verbaux et physiques, malgré la présence de l’édile Oscar Eduardo Ramírez Aguilar, maire de Comitán, de Juan Antonio Cocío, délégué du gouvernement, de Mario Guillén, directeur de la municipalité et d’Enrique Arguello, homme politique : nos deux compañeras ont été tirées par les cheveux, insultées et bousculées.

Les agresseurs étaient Rufina Gómez, épouse du commissaire de l’ejido, ainsi que Cristóbal Díaz Gómez, Petrona Díaz Gómez et Romelia Díaz Gómez.

Septièmement. En qualité d’autorités autonomes, nous dénonçons une fois encore que les coupes frauduleuses de bois et le transport clandestins de troncs sont des méfaits commis quotidiennement et non seulement ponctuellement.

Huitièmement. Notre Conseil de bon gouvernement tient pour responsables de tels faits et de ce qui pourrait survenir les personnes suivantes, auteurs reconnus :

1. Marcelino Gómez López, du conseil de surveillance ;
2. Javier Gómez Sántiz (actuel employé de la municipalité) ;
3. Armando Méndez Hernández (actuel de employé de la municipalité de Comitán) ;
4. Caralampio Hernández Gómez, agent municipal ;
5. Fidencio Hernández Jiménez, secrétaire de l’agent municipal ;
6. Raymundo López Gómez, préparateur aux sacrements de la religion catholique ;
7. José Pérez Hernández ;
8. Mariano Pérez Hernández ;
9. Cristóbal Díaz Gómez, commissaire de l’ejido ;
10. Jorge Gómez Díaz, préparateur aux sacrements de la religion catholique ;
11. Caralampio Hernández López, trésorier du conseil de surveillance ;
12. Santiago Hernández Gómez ;
13. Sebastián Gómez Díaz, catéchiste de religion catholique ;
14. Julio Gómez Sántiz ;
15. Venancio Díaz Gómez, secrétaire du conseil de surveillance ;
16. Eduardo Gómez Hernández ;
17. Leonardo Hernández Méndez ;
18. Juan Gómez Díaz, président de l’église locale ;
19. Alberto Hernández Pérez ;
20. Eduardo Díaz Gómez.

Ce groupe de paramilitaires est responsable :

Des agressions verbales et physiques commises le 6 août 2006, le dénommé Marcelino Gómez López ayant brutalement frappé notre compañera Estela Gómez Díaz.

De la tentative d’homicide visant Moisés Hernández Gómez, un enfant âgé de huit ans, fils de notre compañero Ciro Hernández Gómez, appartenant aux bases de soutien zapatistes ; le responsable étant Mario Díaz Gómez, frère de l’actuel commissaire.

De la tentative d’homicide provoquée par le dénommé Jorge Gómez Díaz, qui s’est présenté à la communauté San Caralampio El Edén, chef-lieu de cette région, après le tabassage de nos compañeros commis dans l’ejido Santa Rosalía quelques heures auparavant, vêtu d’un uniforme, armé et en possession d’un manuel d’instruction militaire.

En qualité de Conseil de bon gouvernement, nous déclarons :

Que nos communes autonomes en rébellion ne sont pas seules et que notre lutte veut la justice et une paix véritable.

Que l’une de nos exigences est la terre et que, par conséquent, les membres de nos bases zapatistes de cet ejido ne peuvent et ne doivent pas être expulsés de cette communauté car ils sont membres de plein droit de cet ejido et habitants légitimes de cette communauté.

Pendant plus de trois ans, de 2003 à 2007, notre Conseil de bon gouvernement, notre commune autonome et la direction de l’organisation OCEZ-DI UNOPII, avec la supervision et la médiation de l’association CORECO, ont largement démontré leur tolérance dans la recherche d’une véritable solution ; nous avons maintes fois établi le dialogue pour cerner le problème agraire qui existe dans cette communauté, tenter de parvenir à une régulation et à une distribution équitable en protégeant nos ressources de bois. Tout cela pour aboutir à ce triste résultat, à savoir, la rupture du dialogue par les autorités de Santa Rosalía, affiliées au PRI.

Nous exigeons que justice soit faite et que les auteurs matériels et intellectuels de ces actes soient punis !

Nous exigeons que soit rendu le véhicule qui a été saisi, attendu que son propriétaire n’effectuait pas un commerce ou un fret le jour des faits !

Nous répudions totalement les agissements du mauvais gouvernement, qui voudrait résoudre les différences idéologiques, de partis et culturelles par l’usage de la force publique et par la seule voie de la violence !

Salutations.

Conseil de bon gouvernement Corazón del Arcoiris de la Esperanza,
Caracol IV Torbellino de Nuestras Palabras.

Morelia, Chiapas, Mexique, novembre 2008.

Traduit par Ángel Caído.
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