Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Déclaration du CBG "Corazón Céntrico del Arco Iris de la Esperanza"

Le Conseil de bon gouvernement de Morelia exige la libération du compañero Miguel Vásquez et dénonce la campagne de contre-insurrection dans la zone Zot’z Choj

Conseil de bon gouvernement de Morelia

samedi 16 mai 2009

Conseil de bon gouvernement Corazón Céntrico del Arco Iris de la Esperanza
Caracol IV Torbellino de Nuestras Palabras

Morelia, le 7 mai 2009.

Aux moyens de communication alternatifs,
Aux compañeras et aux compañeros adhérents de l’Autre Campagne au Mexique,
Aux compañeras et aux compañeros de la Otra Sexta Internacional,
Aux organismes pour le respect des droits humains,

Frères et sœurs,
Compañeros et compañeras,

Nous voulons dénoncer l’emprisonnement injustifié, depuis le 18 avril 2009, de notre compañero Miguel Vásquez Moreno, originaire du district d’Agua Azul, Commune autonome Commandante Ramona [1].

Notre compañero Miguel Vásquez Moreno de même que six [2] autres compañeros de l’Autre Campagne sont à ce jour privés de liberté, sans justification aucune, et incarcérés dans le centre chiapanèque nº 14 de réinsertion sociale des condamnés à la prison d’El Amate.

Il a été arrêté à son travail, pendant qu’il gagnait sa vie avec sa famille en transportant des touristes venus visiter le complexe touristique d’Agua Azul. Sortis de nulle part, des policiers se sont emparés de lui, sous prétexte de garantir l’ordre public, alors qu’ils ne sont là que pour intimider et harceler des personnes innocentes et les jeter en prison sans qu’ils aient commis aucun délit, en appliquant leurs lois, pas la nôtre.

Il est clair que les trois différents niveaux du mauvais gouvernement - local, chiapanèque et fédéral -, se consacrent exclusivement à nous provoquer dans notre lutte et à fabriquer de faux délits, notamment en obligeant les personnes arrêtées à signer des aveux sous la menace et par la torture, comportement habituels des agents de la police du Chiapas et de la police judiciaire comme d’autres corps de police. Par conséquent, pour nous, notre compañero est un prisonnier politique. L’attitude agressive de ces mauvais gouvernements ne date pas d’aujourd’hui. Depuis des années, c’est ainsi qu’ils traitent les opposants et en particulier les indigènes et jusqu’à aujourd’hui personne n’a pu se défendre pour réussir à faire respecter ses droits à la liberté.

Preuve de l’incapacité de Juan Sabines et de ses forces de répression, nombre de nos compañeros ont été injustement arrêtés et torturés, tandis que les véritables criminels jouissent tranquillement de leur liberté, confortablement installés chez eux. Nous tenons à dénoncer publiquement l’incapacité de ce gouvernement répresseur. Il prétend être bien préparé, mais nous qui travaillons humblement dans les conseils de bon gouvernement nous voulons démontrer notre aptitude à appliquer la véritable justice de nos autorités autonomes : sans avoir fait d’études et sans diplômes, nous, nous sommes prêts à faire respecter la justice et à condamner véritablement les vrais criminels et délinquants.

Nous tenons à signaler que notre Conseil de bon gouvernement tient en son pouvoir les véritables assaillants [d’un autobus - NdT] : il s’agit de Manuel Pérez Gómez, originaire de l’ejido Flor de Cacao, commune de Benemérito de las Américas, qui porte tatoué sur la main gauche le mot « crime » et à côté une croix et dont les bras sont couverts de cicatrices de blessures qu’il s’est lui-même infligées, et de Manuel Gómez Vázquez, originaire de Agua Clara, commune de Salto de Agua.

Ces deux individus sont aux ordres des véritables chefs des assaillants, dont ils ont fourni les noms : il s’agit de Miguel Hernández Moreno, d’Agua Clara, détenteur d’un fusil de calibre 22 à 16 coups (qui a utilisé son arme contre des agents de la police du district, tirant sur eux depuis les collines quand ils patrouillaient le secteur ; de Jacinto Hernández Moreno, d’Agua Clara ; de Manuel Pérez Gómez, d’Agua Clara, détenteur d’un fusil de calibre 22 à 16 coups qu’il utilise systématiquement dans ses attaques à main armée ; de Pedro Gómez Cruz, détenteur d’un revolver dont on ne connaît pas le calibre ; de Manuel Hernández Moreno, détenteur d’un revolver dont on ne connaît pas le calibre ; de Sebastián Gómez Cruz, porteur d’un couteau, ce dernier ayant participé en compagnie de ses fils Sebastián Pérez Cruz et Pedro Gómez Cruz.

Voilà les manœuvres auxquelles se livrent les trois différents niveaux de gouvernement. Ils engagent des personnes qui se vendent ensuite pour en accuser d’autres, comme dans le cas de la station balnéaire d’El Salvador de Agua Clara dépendant de notre Conseil de bon gouvernement ; certains assaillants sont en prison tandis que d’autres sont en liberté, protégés par les différents gouvernements.

À El Salvador de Agua Clara, l’objectif était de tirer des coups de feu dans la station balnéaire pour permettre à la police d’intervenir contre nos compañeros et de les arrêter.

Quel piège infâme préparé par le mauvais gouvernement et ses paramilitaires !

Dans une cache, nous avons découvert un sac en plastique qui contenait les papiers d’identité de personnes de nationalité étrangère, des vêtements pour déguiser leur aspect et des cartes de visite où l’on peut lire les noms suivants : Rolando Reyes Ramos, Avocat, Prol. Benito Juárez nº 58 B, bureau 01-976-116-03-72, San Cristóbal de Las Casas ; « Computchip » - ingénieure Victoria Isabel Padilla Pérez, - ingénieur José Alfredo Chan Chin, - directeur de prévention et de suivi des catastrophes de Tuxtla Gutiérrez. Le « show » de ces clowns, selon leur carte de visite, se situerait dans le quartier de Mexicanos, à San Cristóbal de las Casas. Il y avait également des cartes imprimées à la minute dans un photomaton, portant l’adresse Rue Uruguay nº 41.b, entre Bolívar et Isabel la Católica, dépôt de machines-outils Edilberto Molina Ruiz, de Tuxtla Gutiérrez et au verso ingénieur Mariano de la Concha Soto, directeur général, adresse Llanos 6912, Colonia Moctezuma, Monterrey, État de Nuevo León, Mexique.

Nous pensons que ces documents portent les noms des personnes ayant subi l’une des attaques perpétrées par les assaillants d’Agua Clara sur la route Ocosingo-Palenque.

Les individus d’Agua Clara que nous avons mentionnés sont ceux qui en ont engagé d’autres pour effectuer les actes de vandalisme et attaquer les différents véhicules de passagers allant d’Ocosingo à Palenque ; quant à eux, ils passent tout leur temps tapis dans les montagnes, entre le tronçon de route de Betel Yochip et d’Agua Clara.

Ce sont eux les véritables auteurs des attaques qui ont empêché la libre circulation entre Ocosingo et Palenque. Quant aux agents de police qui patrouillent le secteur, ils n’ont fait que rendre plus difficiles les recherches, parce qu’ils n’ont rien fait, si ce n’est de démonter leurs qualités pour violer les droits de nos compañeros.

On pense également que certains des policiers qui patrouillent sur cette route sont complices des hold-up car ils entretiennent de très bonnes relations avec le señor Miguel Hernández Moreno, commanditaire des attaques, et avec Pascual Hernández Moreno, qui apporte les bières fraîches aux agents de district.

Tenons également à dénoncer les faits survenus le 7 mai, de la main de partisans du PRI d’Agua Clara, commune de Salto de Agua, et visant nos frères et sœurs observateurs dont le nom est : Verena Musicar, Doris Musicar et Alexander Bittorio Match, tous de nationalité autrichienne. Ils ont été envoyés à la demande de notre Conseil de bon gouvernement à la station balnéaire d’El Salvador, où ils ont été attaqués à coups de lance-pierres. Par chance, personne n’a été atteint.

La situation actuelle résulte directement des agissements des mauvais gouvernements de Felipe Calderón, de Juan Sabines et des municipalités de la zone, une situation qui met en évidence la campagne de contre-insurrection s’étendant toujours plus dans les différents territoires de notre zone Zot’z Choj. Ils n’ont cessé de nous provoquer pour nous inciter à engager des actions violentes comme celle qui a été effectuée dans le nouveau village de La Libertad, Commune autonome Lucio Cabañas.

Voilà les campagnes de contre-insurrection dont nous parlons.

Par exemple un groupe de cinq taxis, dont nous ignorons l’appartenance politique, ont débarqué en plein centre du village en hurlant des menaces à l’encontre des habitants et en quelques minutes ils ont fait feu de leurs revolvers de gros calibre - les douilles de leurs armes qu’ils ont laissées sur place en donnent la preuve -, ce qui montre que nous avons raison de dénoncer cette situation. Tout indique que ce groupe est organisé par le gouvernement pour effectuer des actes de contre-insurrection. Le nom du dirigeant de ce groupe nous est connu - il s’agit d’Eugenio Ramos Adolfo Miguel -, nous possédons aussi le nom des autres, tous originaires d’Ocosingo.

D’autre part, le maire Carlos Leonel Solórzano et le gouverneur Juan Sabines agissent de concert et indirectement avec Cristóbal Gómez López, de Patria Nueva, qui est le représentant régional de l’ORCAO, qu’ils autorisent à avoir deux passe-droits au nom de cette organisation pour le même village, ce qui lui permet de couper des arbres à n’importe quel moment.

Cette coupe de bois s’effectue dans une des zones habitées où vivent des compañeros. C’est un signe évident que l’on ne respecte plus les autorités de notre commune autonome, nos autorités locales et nos compañeros des bases de soutien zapatistes en général.

Le gouvernement est parfaitement au courant des agissements des membres de l’ORCAO et ses dirigeants jouissent d’une impunité totale en échange de l’aide qu’ils fournissent au gouvernement pour mener ses plans sans être inquiétés eux-mêmes.

Le plan suivi par le mauvais gouvernement contre les communautés zapatistes est on ne peut plus clair pour nous. Il englobe tout le territoire de notre zone Zot’z Choj parce que les agressions concernent l’ensemble des régions de cette zone : qu’il s’agisse de la Commune autonome Lucio Cabañas ou de la Commune Emiliano Zapata, toutes subissent les mêmes intimidations et menaces.

Le 23 avril dernier, dans le ranch San Caralampio, vers 23 heures, un groupe de membres du PRI de Santa Rosalía ont mis le feu à un atelier de menuiserie, tous les outils s’y trouvant étant perdus.

Au cours des jours précédents, nous avons subi des menaces d’individus ivres traversant notre village en nombre qui nous avertissaient que notre mort était proche et qu’ils nous tueraient de manière différente.

Ces individus ont cité le nom de compañeros qu’ils menacent d’une mort certaine dans peu de temps : il s’agit de Carmelino Gómez Velasco, d’Ángel Romeo Hernández Pérez, d’Armando Hernández Pérez et de José Ángel Gómez Díaz, tous de Santa Rosalía ; pour leur propre sécurité, nous préférons taire le nom des personnes du ranch San Caralampio menacées.

Pour monter la simultanéité des plans de contre-insurrection de « Monsieur Acier » visant les indigènes, les plans de Juan Sabines et de Felipe Calderón, la même situation que connaît la région de la Commune Lucio Cabañas affecte également la région Ernesto Che Guevara depuis début janvier 2009, date à laquelle nos compañeros ont été attaqués et frappés par des gens de l’ORCAO tandis que se déroulait le Premier Festival de la digne rage à San Cristóbal de las Casas. Depuis, les menaces visant nos compañeros se poursuivent et proviennent d’individus menés par Marcos López Gómez ainsi que Joaquín López Gómez, de Cuxulja, dont la maison est devenue un lieu de réunion, et de Pedro López Gómez.

Les personnes que nous nommons ici sont celles qui nous ont attaqués quand nous défendions la Tente de l’Arc-en-ciel installée au croisement des routes de Cuxulja, Ocosingo et Altamirano.

Nous, Conseil de bon gouvernement, exigeons la libération immédiate de nos compañeros emprisonnés aujourd’hui dans la centrale connue sous le nom d’El Amate. Nous sommes une organisation autonome, et en tant que telle nous détenons les preuves suffisantes que nos compañeros ont été injustement arrêtés pour des crimes inventés de toutes pièces par les mauvaises autorités qui se vantent d’appliquer une justice qui pour nous n’est qu’une immense injustice.

Nous disons clairement que, face à toutes ces menaces, face à tous ces emprisonnements, à toutes ces persécutions, à tous ces mandats d’arrêt, à ces tortures et à ces actes de violence organisés et couvert par le mauvais gouvernement, nous avons choisi de ne rien dire et de ne pas répondre, mais en continuant à traiter de la sorte nos compañeros, les autorités montrent qu’elles sont disposées à continuer à violer nos droits humains.

Nous demandons à nos frères et sœurs solidaires dans le monde entier de surveiller de près la situation et ce qu’il peut advenir dans nos communautés, nos régions et nos communes autonomes parce que toutes les injustices que nous subissons font partie du plan d’extermination de nos peuples indigènes.

Compañeros et compañeras, il est vital de conserver votre unité et votre solidarité pour pouvoir continuer ensemble à rêver à l’instauration d’un nouveau monde où mener une vie véritable dans laquelle nous nous rencontrions et pouvoir tous et toutes mener une existence digne, juste et authentique.

SALUTATIONS.

LE CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT DU CARACOL IV.
MORELIA, CHIAPAS, MEXIQUE.

Traduit par Ángel Caído.

Notes

[1] Il a été libéré le 16 mai, note du cspcl.

[2] Sept en réalité, note du cspcl.

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