Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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De nouveaux prisonniers politiques

Gloria Muñoz Ramírez

mardi 19 mai 2009

De nouveaux prisonniers politiques

Au Chiapas, il y a une alerte. Depuis le 8 mai, il y a de nouveaux prisonniers politiques zapatistes : l’un est base d’appui de l’Armée zapatiste de libération nationale (EZLN), les sept autres sont membres de l’Autre Campagne. Ils sont tous victimes d’une conspiration politique du plus haut niveau, qui a comme toile de fond le contrôle officiel et privé des lieux touristiques de l’État du Chiapas et, plus concrètement, des très convoitées cascades d’Agua Azul. Au Chiapas, il y a un appel urgent non seulement à être vigilant, mais aussi à condamner, d’ores et déjà, l’emprisonnement de huit Tzeltales soumis à un procès rempli d’irrégularités : tortures, traitements dégradants, saisies illégales, manque d’interprètes et, finalement, inculpation d’une série de délits (vol avec violence et délinquance organisée), qui dans des situations normales (la normalité est-elle injustice ?) ne pourraient jamais être vérifiés pour la simple et bonne raison qu’ils sont innocents, alors que deux des véritables coupables restent sous la bonne garde des autorités autonomes zapatistes.

Le 13 avril dernier, la police de l’État du Chiapas et la Police fédérale préventive ont arrêté, torturé et saisi illégalement six habitants tzeltales de la communauté de San Sebastián Bachajón. Le Centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas, qui a suivi le cas depuis le début, a constaté des traces de torture employée, selon les prisonniers, pour les forcer à signer une déclaration d’inculpation. Alfredo Gómez Moreno et Miguel Vázquez Moreno, ce dernier étant base d’appui de l’EZLN, ont ensuite été arrêtés et ont subi les mêmes faits arbitraires.

Rien n’est laissé au hasard dans ce procès. Les nouveaux prisonniers politiques sont des personnes engagées dans la lutte sociale dans la communauté de Bachajón, porte d’accès aux resplendissantes cascades d’Agua Azul. Ils défendent leurs droits territoriaux et rejettent tout plan gouvernemental qui ne les prendraient pas en compte, comme la construction de l’autoroute reliant San Cristóbal de las Casas à Palenque, le projet touristique le plus ambitieux du gouvernement de Juan Sabines. Les pressions qui tentent de dépouiller les paysans tzeltales ne sont pas nouvelles. Le 4 novembre 2008, Jerónimo Moreno Demeza a été criblé de balles par un membre de l’Organisation pour la défense des droits indigènes et paysans (OPDDIC), groupe paramilitaire chargé du « sale travail » lié au dépouillement des terres. Ce sont les membres de ce groupe qui ont accompagné la police lors des dernières détentions.

Dorénavant, les gouvernements fédéral et de l’État du Chiapas vont se retrouver, dans la prison d’El Amate, au Chiapas, avec une patate chaude, parce qu’on attend le lancement d’une campagne pour la libération des inculpés. Le Conseil de bon gouvernement zapatiste a lancé un appel à la solidarité. Le dernier mot n’a pas encore été dit.

Gloria Muñoz Ramírez
losylasdeabajo(a)yahoo.com.mx

(Paru dans La Jornada, le 9 mai 2009.)

Traduit par Chantal.
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