Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Marseille, mai 2009.

Déclaration de la troisième rencontre européenne de solidarité avec les zapatistes

lundi 25 mai 2009

Déclaration de la troisième rencontre européenne de solidarité avec les zapatistes

Des collectifs de solidarité et individus se sont réunis les 1er, 2 et 3 mai à Marseille pour manifester leur solidarité avec les communautés autonomes zapatistes. Ils ont adopté la déclaration suivante :

- Après plus de cinq cents ans de résistance, les communautés indigènes zapatistes ont lancé en 1994 un appel au monde et entamé un processus de construction de leur autonomie en récupérant leurs terres et leur territoire pour une transformation sociale en profondeur. L’autonomie gagnée est constamment menacée par la convergence des intérêts économiques néolibéraux et la volonté des gouvernants du Chiapas et de l’État fédéral de faire taire une voix rebelle qui résonne dans le monde entier.

Nous dénonçons les différentes formes de répression mises en œuvre : incursions répétées des forces militaires et policières dans les territoires zapatistes, agressions des groupes paramilitaires mais aussi stratégies contre-insurrectionnelles comme l’imposition de prétendus projets de développement qui ont pour but de diviser les communautés.

- À trois ans de leur injuste emprisonnement, nous continuons d’exiger la libération des douze prisonniers victimes de la répression qui s’est abattue sur la population de San Salvador Atenco les 3 et 4 mai 2006. Nous exigeons également la levée des mandats d’arrêt qui obligent des personnes à vivre dans la clandestinité depuis trois ans. Cette criminalisation des mouvements sociaux qui s’est exprimée de façon brutale à Atenco et au Chiapas s’intensifie également à Oaxaca et au Guerrero. Dans cette logique de répression, on assiste à une militarisation croissante de tout le pays.

- Nous condamnons l’attitude du gouvernement mexicain qui se sert de l’épidémie de grippe pour intensifier des mesures de contrôle sur une population déjà fragilisée... Dans ce contexte, des mesures déjà légalisées dans le cadre de la lutte antiterroriste ont été généralisées, comme l’autorisation de perquisitions de domiciles particuliers sans mandat.

Une autre forme de contagion se propage au sein des luttes qui se mènent en Europe : celle de la résistance et de la solidarité de ceux qui, en bas, à gauche, s’opposent au capitalisme.

Notre volonté de faire avancer la pratique de l’autonomie dans les luttes auxquelles nous participons ici est la meilleure expression de notre solidarité avec la rébellion zapatiste.

P.-S.

Les collectifs et individus qui ont participé à cette rencontre venaient principalement de France (Marseille, Toulouse, Paris, Lille, Rennes, Grenoble, Nîmes, Forcalquier, l’Ariège, l’Aude, le Gers) et d’Espagne (Catalogne, Pays basque, Castille, Aragon, Valence), mais aussi de Belgique, d’Allemagne, du Danemark, de Suisse et de Finlande.

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