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Santa Maria Ostula

Dénonciation d’une attaque armée contre une communauté nahua du Michoacán

Congrès national indigène

mardi 14 juillet 2009

COMMUNIQUÉ URGENT DU CNI, 30 juin 2009.

AUX PEUPLES ET GOUVERNEMENTS DU MONDE,
AU PEUPLE DU MEXIQUE,
AUX MÉDIAS,

Le 29 juin de cette année, vers sept heures du soir, un groupe de choc
employé par un petit groupe de soi-disant petits propriétaires métis de
La Placita, municipalité d’Aquila, Michoacán, fortement armé, a pris en
embuscade et a tiré indistinctement sur des hommes, des femmes et des
enfants appartenant à la communauté indigène nahua de Santa Maria Ostula,
municipalité d’Aquila, Michoacán. Ces derniers, s’appuyant sur la garantie
dictée par l’article 27 de la Constitution et sur les droits garantis par les articles 13, 14 et 15 de la Convention 169 de l’OIT, ÉTAIENT EN TRAIN DE MENER UNE ACTION PACIFIQUE ET LÉGALE POUR PROTÉGER LA POSSESSION de nos terres communales à l’emplacement connu comme La Canaguancera, lieu qui a été envahi par les soi-disant petits propriétaires pendant des années.

La communauté indigène de Santa Maria Ostula a été reconnue dans sa
personnalité et ses propriétés ancestrales à travers la résolution
présidentielle concernant la confirmation et le titre de biens communaux en
date du 27 avril 1964. Cependant, en enregistrant, dictant et exécutant
cette résolution présidentielle pour confirmer et attribuer les biens
communaux, les autorités agraires ont commis de sérieuses irrégularités,
issues de médiocres travaux techniques et informatifs effectués
antérieurement, et qui ont débouché sur l’ordonnance d’une résolution
défectueuse. Ce manque d’authenticité juridique a provoqué l’invasion
progressive de nos terres par les soi-disant petits propriétaires de La
Placita, qui, au fil des ans, ont occupé de façon illégale plus de 700
hectares correspondant à notre propriété et possession communale.

Ces dernières années, il y a eu de nombreuses tentatives pour trouver une
solution négociée à un problème aussi grave mais il n’a pas été possible de
trouver un accord entre notre communauté et les soi-disant petits
propriétaires de La Placita qui refusent de reconnaître les limites qui
séparent réellement leurs terrains de ceux qui correspondent à notre
communauté. Ainsi, plusieurs recours aux diverses instances légales ont été
entrepris sans avoir pu trouver de solution définitive à une problématique
aussi sensible.

Alors qu’il existe plusieurs dispositions de protection et des mesures
préventives en faveur de notre communauté, des personnes employées par les
soi-disant petits propriétaires ont commencé à occuper nos terres communales
le 10 juin dernier. C’est dans ces conditions que notre assemblée générale
communale a décidé de renforcer sa possession des terres que les soi-disant
petits propriétaires réclament comme étant leur propriété.

En ce moment la situation de notre communauté est difficile car un groupe de
plus de 300 membres, y compris plusieurs femmes, sont isolés et encerclés par ces tueurs au lieu-dit de La Canaguancera, raison pour laquelle nous ne savons pas s’il y a des blessés là-bas ni combien il peut y en avoir. De même, autour de la communauté et de La Placita, deux détachements importants appartenant à l’armée mexicaine et à la marine se sont installés pendant la nuit. D’autre part, la communauté a fermé les accès aux 21 villages qui la composent et près de deux mille de ses membres sont en train de surveiller divers points du territoire communal pendant que
les communautés sœurs nahuas d’El Coire et de Pomaro sont en train d’organiser plusieurs actions pour la défense conjointe du peuple nahua de
Michoacán.

C’est pour cela que nous EXIGEONS des gouvernements FÉDÉRAL et de l’ÉTAT [du
Michoacán, ndt]
 :

    1. Une sanction immédiate contre les responsables de l’attaque lâche contre les membres de notre communauté ce 29 juin 2009.

    2. Une sanction immédiate contre les responsables des lésions par balle causées à notre compagnon Manuel Serrano le 29 juin dernier dans l’attaque mentionnée auparavant.

    3. LE STRICT RESPECT DE LA POSSESSION DE NOTRE COMMUNAUTÉ SUR LE LIEU CONNU
    COMME LA CANAGUANCERA ET DE TOUTES LES TERRES COMMUNALES QUI LUI
    APPARTIENNENT DE FAÇON IMMÉMORIALE.

    4. Le respect de nos manières traditionnelles d’organisation communale, y
    compris les résolutions adoptées par notre assemblée générale et les actions
    qu’adopte la communauté pour la protection légitime de ses biens communaux.

Nous rendons responsables les niveaux de gouvernements cités de toute action
répressive contre notre communauté et leur demandons de respecter et de
faire respecter nos droits territoriaux historiques.

Nous appelons les PEUPLES INDIGÈNES DU MEXIQUE ET DU MONDE, AINSI QUE LA
SOCIÉTÉ CIVILE NATIONALE ET INTERNATIONALE à soutenir notre lutte juste
comme ils le pourront, et à se mobiliser pour empêcher qu’une action
répressive ou que la violence paramilitaire porte atteinte à notre existence et à nos droits fondamentaux.

Pour finir, nous disons aux peuples indigènes du Mexique que l’action lâche
qui a eu comme objectif de terroriser notre communauté et de séparer notre
population civile de notre police communautaire traditionnelle, avec la
finalité évidente de freiner notre lutte, NE RÉUSSIRA PAS. NOUS NE FERONS
PAS UN PAS EN ARRIÈRE DANS LA RÉCUPÉRATION DE NOTRE TERRITOIRE ET, DE FAÇON
PACIFIQUE ET LÉGALE, NOUS CONTINUERONS À RENFORCER NOTRE ORGANISATION ET
L’UNITÉ AVEC LES COMMUNAUTÉS INDIGÈNES QUI NOUS ONT RAPIDEMENT OFFERT LEUR
SOUTIEN POUR QUE NOS ENFANTS ET LES GÉNÉRATIONS FUTURES DES PEUPLES
INDIGÈNES DE CE PAYS AIENT UN AVENIR.

SANTA MARIA OSTULA, 30 JUIN 2009.

LA COMMISSION POUR LA DÉFENSE DES BIENS COMMUNAUX DE LA COMMUNAUTÉ INDIGÈNE
DE SANTA MARIA OSTULA.

Traduction : Xochil Anga.