Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Mitzitón

La communauté de Mitzitón est harcelée et menacée

mercredi 22 juillet 2009

La communauté de Mitzitón est harcelée et menacée.
Des terres qu’ils réclament comme les leurs font partie du projet d’autoroute San Cristóbal-Palenque

Communauté de Mitzitón
Municipalité de San Cristóbal de Las Casas, Chiapas, Mexique.
20 juillet 2009

Au Conseil de bon gouvernement des Altos du Chiapas,
Aux compañeras et compañeros adhérents de l’Autre Campagne,
Aux médias nationaux et internationaux,
À la Zezta internationale,
Aux médias alternatifs,
Aux organismes de droits humains non gouvernementaux.

Compañeros et compañeras,

Aujourd’hui nous dénonçons les faits qui se sont produits dans notre
communauté à cause des « non-coopérants » [1] qui ne participent pas aux
travaux communautaires et qui sont soutenus par le mauvais gouvernement.

Hier, 19 juillet, suite à un accord pris en assemblée, nous avons pris les
mesures des surfaces communales dans notre communauté pour qu’aujourd’hui
nous nous les répartissions en parts égales entre les membres de l’ejido
et les coopérants, sans compter les surfaces de
forêts.

Quand nous étions en train de mesurer les terres à l’endroit connu comme
Chixtetik, vers midi hier, sont arrivés dix camionnettes et un camion de 3
tonnes, avec à bord le groupe de Carmen Diaz López qui a été expulsé de la
communauté il y a huit ans pour avoir commis des délits de trafic de sans-papiers [2], entre autres.

Quarante personnes environ sont arrivées, toutes armées de bâtons,
machettes, pierres et lance-pierres, et nous ont dit que le mauvais
gouvernement leur avait donné l’ordre de nous faire arrêter de mesurer nos
terres par tous les moyens et que sinon, nous irions en prison.
Un peu plus tard, ils ont commencé à nous insulter, Carmen Díaz López nous
disant que « si vous n’arrêtez pas de faire chier, on va vous attraper un
par un, on vous trouvera », en nous menaçant. À cette provocation, nous
sommes partis de là, pendant qu’eux cherchaient d’autres bâtons.

Il faut préciser que c’est à cet endroit, appelé Chixtetik, que
Carmen Díaz López a posé une clôture, labouré et semé du maïs. Ce lieu est
celui-là même où nous sommes menacés par la construction de l’autoroute
San Cristóbal-Palenque. Et à cet endroit nous avons retiré la clôture et
les piquets parce qu’il appartient à la communauté.

Vers 15 heures hier, en arrivant à la maison de l’ejido, nous avons appris
qu’à 10 h 30 du matin, notre compañero Mauro Díaz Jiménez a été poursuivi,
détenu puis emmené à la maison du pasteur évangélique Refugio Díaz Ruiz
qui appartient à la bande de délinquants de Carmen Díaz López.

Alors que notre compañero Mauro était détenu, Elemesio Jiménez Vicente lui
a mis la lame de la machette sur le cou, l’obligeant à monter dans la
camionnette ; quelques minutes avant, un pneu de sa camionnette avait été
crevé.

Les accords que nous avons pris dans notre communauté, à travers
l’assemblée, est de défendre notre terre et notre territoire.
Ces jours-ci, nous effectuerons les mesures et la répartition de nos
terres, et nous demandons à tous nos frères et sœurs de lutte, qu’ils
soient attentifs à ce qui pourrait arriver dans notre communauté.
Au mauvais gouvernement, nous exigeons le respect de nos droits, reconnus
par la convention 169 [de l’OIT, note du cspcl] et la déclaration des
droits des peuples indigènes, le respect de nos accords et de la décision
du peuple.

De plus, nous voulons aussi dire au gouvernement que comme communauté,
nous n’avons plus besoin du procureur agraire, du tribunal agraire ni
d’autres dépendances du mauvais gouvernement ; et encore moins de la
réconciliation parce que les « non-coopérants » ont fait du mal à notre
communauté avec la complicité du mauvais gouvernement.

Enfin, nous exigeons la liberté des prisonniers politiques de San Salvador
Atenco, de Candelaria, Campeche, des deux compañeros de San Sebastian
Bachajon, prisonniers dans le Cereso n° 14 « El Amate » et de notre compañero
Alberto Patishtan Gómez, prisonnier dans le Cereso n° 5.

Vive l’autonomie et la libre détermination des peuples indigènes !
Vive l’Autre Campagne !

Cordialement,

Les autorités de la communauté.

Juan Díaz Heredia
Président du Comisariado

Juan de la Cruz Hernández
Juge rural

Marcelino Jiménez Jiménez
Agent rural

Traduction : Xochil Anga

[1Il s’agit d’individus qui ne sont plus reconnus comme faisant partie de la
communauté, voire sont expulsés de cette dernière car (entre autres) ils ne
participaient pas aux travaux communautaires, note du cspcl.

[2Il s’agit de faire passer la frontière à des migrants clandestins et de les transporter comme du bétail contre de fortes sommes - note du cspcl.