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Appel pour la deuxième étape de la Campagne nationale et internationale "Liberté et Justice pour Atenco"

septembre-décembre 2009

dimanche 11 octobre 2009

APPEL POUR LA DEUXIÈME ÉTAPE DE LA CAMPAGNE NATIONALE ET INTERNATIONALE "LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO"

Septembre-décembre 2009

À la société civile nationale et internationale

Aux 218 organisations de la société civile qui ont rejoint la Campagne Liberté et Justice pour Atenco

Nous, membres du Comité Liberté et Justice pour Atenco, à l’origine de la campagne du même nom, accompagnant le Front communal pour la défense de la terre dans sa juste lutte pour la liberté des douze prisonniers politiques, souhaitons communiquer aux personnes, familles, collectifs, organisations, réseaux, mouvements, fronts, à la société nationale et internationale cet appel ; et nous vous demandons à toutes et tous de le passer à d’autres mains, d’autres villages, quartiers, lieux de travail et d’étude, communautés et à tous ceux qui luttent pour la liberté et la justice. En tant que comité, composé de trente musiciens, religieux, communicateurs, universitaires, acteurs et actrices, d’une dizaine d’organisations civiles solidaires et défenseurs des droits de l’homme, ainsi que du propre Front communal pour la défense de la terre nous voulons dire :

1. Depuis les événements répressifs des 3 et 4 mai 2006 à San Salvador Atenco, douze personnes sont encore emprisonnées. L’opération effectuée avec une énorme violence, de la brutalité policière, une violation des droits de l’homme et d’innombrables irrégularités a été une décision d’État dont les conséquences ont été l’assassinat de deux jeunes, l’arrestation de plus de 200 personnes, des violences, le viol et la torture sexuelle de près d’une trentaine de femmes détenues. Ce qui est arrivé à Atenco a été une démonstration précoce de nouveaux mécanismes et dispositifs de répression. À partir de ces mêmes jours, d’innombrables personnes, organisations et collectifs ont lancé une mobilisation nationale et internationale contre la répression et pour la liberté des prisonniers. Grâce à la solidarité et la persévérance de milliers de personnes au Mexique et dans le monde, la majorité des prisonniers de cette opération sont libres aujourd’hui. Un autre résultat de cette mobilisation fut que la dénonciation des faits répressifs a fait le tour du monde.

2. Presque trois ans après, cependant, douze personnes sont encore injustement emprisonnées. Elles ne sont pas des prisonniers de droit commun. Ce ne sont pas des délinquants. Ce sont des prisonniers politiques de l’État mexicain et seule la mobilisation nationale et internationale ouvrira le chemin de leur liberté. Pour cela, en février dernier a commencé la Campagne Liberté et Justice pour Atenco, comme moyen de renforcer, de réorganiser et de relancer la mobilisation de la société civile avec comme principale demande la liberté des douze prisonniers politiques. Nous avons lancé une initiative civile, pacifique et indépendante qui, du 17 février au 18 juin ont permis d’organiser près de 80 événements, forums, mobilisations, rassemblements et manifestations, effectuées dans seize villes en dehors du Mexique (Bilbao, Saragosse, Montevideo, Durham, New York, Weymouth, Paris, Marseille, Barcelone, Oakland, Melbourne, Chicago, Athènes, Buenos Aires, Édimbourg et La Haye) ainsi que dans huit États de la République en plus de la ville de Mexico et de son agglomération. 218 collectifs et organisations étudiantes, indigènes, urbaines, sociales et populaires, de travailleurs, de médias alternatifs, de défense des droits de l’homme et solidaires ont participé à cette campagne renforçant et ratifiant le caractère civil et indépendant de cette initiative. Nous calculons que près de 10 000 personnes ont participé directement à ces actions et près de 200 000 ont pu avoir accès à l’information de la campagne et sur la situation des douze prisonniers politiques. La première étape de la campagne a réussi à rendre à nouveau visible le cas de la répression de San Salvador Atenco, à actualiser et informer nationalement et internationalement la situation des Douze, à permettre de relancer la pression sur les autorités mexicaines et, en particulier, à réussir à réarticuler la participation de la société civile, en retrouvant beaucoup de ceux qui souhaitaient continuer la lutte pour la liberté. En somme, la première étape de la campagne a été une réussite.

3. Cependant, d’un autre côté, nous devons dire que très rapidement la situation des prisonniers politiques a changé. Neuf des douze prisonniers ont présenté leur demande juridique d’Habeas corpus, c’est-à-dire le dernier recours légal pour obtenir leur liberté (tous injustement emprisonnés dans la prison de Molino de las Flores). Dans les mois prochains, le pouvoir judiciaire décidera de leur liberté ou la confirmation de leurs peines, qui sont de plus de 31 ans de prison. De l’autre côté, la situation des trois prisonniers de la prison de l’Altiplano (Ignacio del Valle, Felipe Alvarez et Héctor Galindo) est devenue insoutenable à cause des terribles conditions d’emprisonnement dans cette prison dite de haute sécurité ; nous avons découvert, en plus, après une investigation pertinente, que la décision de les transférer dans cette prison n’a aucune justification légale ni administrative. C’est-à-dire que l’État mexicain aurait violé ses propres normes en transférant ces prisonniers de droit commun à une prison de haute sécurité. D’autre part, les prisonniers eux-mêmes et en particulier leurs familles vivent dans des conditions sanitaires, alimentaires et de communication difficiles, ce qui rend encore plus urgent d’accélérer la pression pour la liberté des prisonniers. Enfin, il est indispensable de rappeler qu’il existe encore des mandats d’arrêt non appliqués tant pour certains des prisonniers que pour ceux qui se trouvent dans des conditions de persécution politique comme Adán Espinoza et America del Valle (membres du FPDT). Il faut se souvenir que plus de 50 personnes sont toujours en procès bien qu’en liberté. Tous les cas, que ce soit de prisonniers, de poursuivis, de ceux qui ont déjà présenté leurs derniers recours juridiques ou de ceux qui le feront plus tard seront résolus par une des instances du pouvoir judiciaire de la Fédération.

4. C’est pour cela que nous avons considéré qu’il ne suffisait plus de dénoncer et de diffuser. Il est nécessaire de mettre en place une mobilisation nationale et internationale civile et pacifique. Si les actions de diffusion seront toujours nécessaires, il devient maintenant urgent de mobiliser la société civile pour ouvrir le chemin vers la liberté. Mais, pour cela, une forte participation et organisation sont nécessaires. Ce sera le pouvoir judiciaire de la Fédération qui décidera de la libération des neuf prisonniers politiques emprisonnés à Molino de las Flores et ce sera le gouvernement fédéral qui devra décider du transfert des trois prisonniers politiques de l’Altiplano à une prison plus proche de leur domicile. Mais c’est seulement la force de la société civile qui rendra possible l’obtention de la liberté des douze prisonniers politiques. Nous avons besoin de relancer la mobilisation pour la liberté.

Atenco représente un cas emblématique et national. Il représente l’application et la création de nouveaux délits comme celui d’enlèvement, qui constitue une offense et un procédé arbitraire, applicable à toutes les luttes sociales comme dispositif de contrôle et de répression. L’opération répressive à Atenco représente, en plus, l’impunité, l’asservissement, au travers de la violence et la rupture avec la légalité de la part de l’État. Atenco représente une blessure ouverte pour tout le pays, pour toute la société civile, pour tous ceux qui luttent pour la liberté et la justice. Atenco n’est pas seulement une préoccupation pour ses victimes directes mais pour tout le pays. À Atenco se joue la possibilité que la force et l’impunité gagnent ou que la raison et la justice le fassent. À Atenco sont représentées toutes les luttes sociales qui sont réprimées ou qui peuvent l’être. La lutte pour la libération des douze prisonniers politiques à plus de trois ans de leur injuste emprisonnement nous interpelle toutes et tous. La liberté des prisonniers politiques d’Atenco est une lutte nationale et internationale qui nous interpelle toutes et tous.

C’est pour cela que nous appelons de façon urgente la société civile nationale et internationale, les 217 organisations qui ont intégré cette campagne, toutes les personnes, familles, collectifs, organisations, mouvements, réseaux de tout le pays, de toute l’Amérique et d’Europe à participer à la DEUXIÈME ÉTAPE de la CAMPAGNE NATIONALE ET INTERNATIONALE LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO où nous demanderons :

- la révision impartiale, juste et conséquente des cas des neuf prisonniers de Molino de las Flores, ainsi que leur libération immédiate car ils sont des prisonniers politiques de l’État mexicain ;
- le transfert immédiat d’Ignacio del Valle, de Felipe Alvarez et d’Héctor Galindo à une prison proche de leur domicile ;
- l’annulation des mandats d’arrêt contre Adan Espinoza.

De plus, continuer à lutter pour :
- la LIBERTÉ des douze prisonniers politiques
- la révocation des condamnations
- le respect sans borne des droits des détenus et des personnes poursuivies
- la sanction des responsables matériels et intellectuels de la répression et des violations des droits de l’homme
- l’arrêt de la persécution politique d’América del Valle et d’Adán Espinoza
- la condamnation et l’arrêt de la criminalisation des mouvements sociaux au Mexique.

Pour tout cela, nous appelons :

- les organisations mexicaines à l’intérieur du pays à soutenir et organiser dans douze États de la République une tournée pour la liberté "Douze États / Douze prisonniers politiques", où une commission de membres du Front communal pour la défense de la terre (FPDT) ira directement informer sur la situation actuelle des prisonniers, réaliser des mobilisations pour la liberté, des forums, des festivals de dénonciation ainsi que rencontrer les organisations membres de la campagne Liberté et Justice pour Atenco. Le FPDT rencontrera en plus des médias locaux alternatifs et commerciaux pour diffuser cette campagne. Le FPDT portera aussi des propositions à toute la société civile avec laquelle il se réunira dans ces douze États pour impulser la lutte pour la libération des prisonniers. La tournée s’effectuera aux dates et dans les États suivants :

- 11, 12, 13 et 14 septembre - Chiapas
- 26 et 27 septembre - Veracruz
- 3 et 4 octobre - Jalisco
- 7 au 12 octobre - Basse-Californie
- 17 et 18 octobre - San Luis Potosí
- 22, 23, 24 et 25 octobre - Guerrero
- 31 octobre et 1er novembre - Morelos
- 4 au 8 novembre - Coahuila et Nuevo León
- 14 et 15 novembre - Puebla
- 21 et 22 novembre - Michoacán
- 25, 26, 27, 28 et 29 novembre - Oaxaca

La tournée pour la liberté se conclura les 5 et 6 décembre avec un Festival pour la liberté à San Salvador Atenco.

- les organisations et collectifs européens à mettre en place un espace de coordination pour la liberté des prisonniers politiques d’Atenco. Cet espace permettrait de faciliter la coopération et l’action coordonnée ainsi que d’entreprendre des initiatives communes avec le Comité Liberté et Justice pour Atenco. Nous savons que c’est une tâche difficile, mais nous vous demandons d’entamer un processus de consultation entre vous pour intégrer cet espace possible et, dans ce cas-là, d’établir la communication avec ce comité pour préparer de nouvelles actions pour la libération des douze prisonniers.

- les organisations de la ville de Mexico et de son agglomération à se mobiliser face aux autorités pour demander le transfert des trois prisonniers de l’Altiplano et la libération des Neuf. En temps voulu, nous lancerons l’invitation à de nombreuses actions pour obtenir ces deux points.

À toutes les familles, personnes de la ville de Mexico, de tout le pays et d’autres parties du monde, à s’enregistrer comme partie de la campagne nationale et internationale, à participer aux activités de la tournée pour la liberté, ainsi qu’à participer aux différentes mobilisations dans la zone métropolitaine pour demander la liberté des prisonniers. Vous pouvez vous enregistrer en allant sur :

www.atencolibertadyjusticia.com

Nous savons qu’ensemble nous obtiendrons la liberté et la justice pour Atenco.

FRONT COMMUNAL POUR LA DÉFENSE DE LA TERRE
FRENTE DE PUEBLOS EN DEFENSA DE LA TIERRA

COMITÉ LIBERTÉ ET JUSTICE POUR ATENCO :
COMITÉ LIBERTAD Y JUSTICIA PARA ATENCO :

Samuel Ruiz García, évêque émérite du diocèse de San Cristóbal de las Casas, Ofelia Medina, actrice, Manu Chao, musicien, Julieta Egurrola, actrice, Raúl Vera évêque du diocèse de Saltillo, Coahuila, Adolfo Gilly, universitaire, Vanessa Bauche, actrice, Ricardo Rocha, journaliste, Rosario Ibarra de Piedra, membre du Comité Eureka, Carlos Montemayor, écrivain, Adriana Roel, actrice, Francisco Toledo, peintre, Diego Luna, acteur, Roco Pachukote, chanteur du groupe de rock Maldita Vecindad y los hijos del Quinto Patio, Daniel Giménez Cacho, acteur, Luis Villoro, philosophe, Marta Verduzco, actrice, Rubén Albarrán, chanteur du groupe de rock Café Tacuba, Luis Javier Garrido, universitaire, Bruno Bichir, acteur, Paco Ignacio Taibo II, écrivain, journaliste, Luisa Huertas, actrice, Miguel Angel Granados Chapa, journaliste, Demián Bichir, acteur, Fray Miguel Concha Malo, frère dominicain, directeur du Centre de droits humains Fray Francisco de Vitoria, Gilberto López y Rivas, anthropologue, Verónica Langer, actrice, Luis Hernández Navarro, journaliste, Jorge Zarate, acteur, Carlos Fazio, universitaire, Emma Dib, actrice, Antonio Ramírez Chávez, peintre, Gloria Domingo Manuel "Domi", peintre, Guillermo Almeyra, universitaire, Los de Abajo, groupe de ska et rock, Las Reinas Chulas, actrices.   Familleres de prisonniers et persécutés ; Réseau national d’organismes civils Todos los Derechos para Todos ; Services légaux Investigación y Asesoría Jurídica ; Servicios y asesoría para la Paz (SERAPAZ) ; Comité Cerezo ; Comité Monseñor Romero ; Consorcio para el diálogo parlamentario y la equidad ; Mujeres Sin Miedo ; Centre de droits humains Fray Francisco de Vitoria ; Centre de droits humains Miguel Agustín Pro Juárez ; Centre national de communication social (CENCOS) ; La Voladora Radio. 

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