Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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La CGT espagnole se déclare en alerte suite aux actions paramilitaires au Chiapas

Confederación General del Trabajo

mercredi 10 février 2010

La CGT de l’État espagnol se déclare en alerte suite aux actions paramilitaires au Chiapas

Aux médias libres et alternatifs,
Aux médias officiels,
Aux organisations indépendantes de défense des droits humains,

Au gouvernement de l’État du Chiapas,
Au gouvernement fédéral du Mexique,
Au gouvernement de l’État espagnol,

À la société civile internationale,
Aux adhérent-e-s à la Sexta Declaración de la Selva Lacandona,
Aux bases de soutien de l’EZLN et aux Conseils de bon gouvernement (JBG),
À l’EZLN

Le zapatisme est à l’heure actuelle, à l’échelle internationale, l’une des références de lutte civile et transformatrice et un exemple de ce que peut arriver à construire une société organisée. Dans les faits, l’autonomie et l’auto-organisation de ses communautés se consolident en tant que mode de vie capable de surpasser largement le modèle proposé (imposé) par les démocraties formelles et représentatives.

Dans le but de miner l’alternative zapatiste, le gouvernement de l’État du Chiapas, de la gauche institutionnelle mexicaine (PRD), et l’extrême droite qui tient le gouvernement fédéral (PAN) fomentent des affrontements et des attaques au travers d’organisations paramilitaires comme l’"Armée de Dieu" ou l’"OPDDIC". Ces organisations, constituées de membres du PRI et d’autres éléments violents sans la moindre éthique, s’acharnent contre l’objectif commun : les bases de soutien de l’EZLN.

Le conflit pour la récupération des terres devient brûlant. Deux visions antagoniques s’affrontent. D’un côté, ceux qui travaillent la terre et en prennent soin. De l’autre, ceux qui prétendent la leur arracher pour l’exploiter.

Février 2010 déstabilise le Chiapas. D’après les informations rendues publiques ces derniers jours, de graves affrontements, avec menaces de mort et de disparition forcée contre les autorités communautaires adhérentes à l’Autre Campagne et bases de soutien zapatistes, se sont produits. L’armée et différents corps de police offraient fin janvier les prémices de ce scénario avec les expulsions violentes de Bolon Ajaw, Montes Azules, Bachajón, Mitzitón et la communauté 5 de Marzo.

La suite prévisible envisagée dans les hautes sphères gouvernementales indique un très probable danger pour la stabilité de communautés comme Nuevo San Gregorio, Nuevo Salvador Allende, Nuevo San Pedro, 6 de Octubre, Laguna el Paraíso, Ojo de Agua el Progreso, Ojo de Agua la Pimienta, San Jacinto Lacanjá, Nueva Galilea, Chuncherro, Benito Juárez et Ranchería Corrozal.

La stratégie persistante de harcèlement et de destruction de la part des entreprises multinationales d’écotourisme pour reconquérir le terrain nécessite de radicales mesures contre-insurrectionnelles, que les instances officielles leur servent sur un plateau. C’est ainsi que, de nouveau, les médias deviennent un outil fondamental pour la déstabilisation des réseaux sociaux. En ce sens, et comme nous l’avons fait fin novembre 2009, nous dénonçons les informations faussées déversées dans certains médias. Si on n’offre que l’information recueillie auprès de l’une des deux parties en conflit, où est l’éthique professionnelle ? Dans un contexte comme celui du Chiapas, ne pas donner la parole aux deux parties est pour le moins tendancieux.

La Confédération générale du travail (CGT) de l’État espagnol fait savoir qu’elle est en état d’alerte et annonce que si la situation reste à ce niveau de tension, elle entreprendra dans les prochains jours des actions de mobilisation et de dénonciation publique coordonnées pour exiger l’arrêt des inadmissibles exactions commises contre les communautés zapatistes.

Pour le droit à la terre et au territoire des peuples originaires,
Pour l’arrêt de la connivence avec les organisations paramilitaires,
Pour l’imprescriptible respect de la Terre-Mère. Non aux entreprises et projets écotouristiques.

Liberté pour les emprisonné-e-s pour fait de lutte !
Vivent les bases de soutien et l’EZLN !
Pour l’autonomie et l’autogestion de la lutte sociale !

Madrid, 10 février 2010.
José Pascual Rubio Cano,
secrétaire aux relations internationales de la CGT de l’État espagnol.

Traduit par el Viejo.
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