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Communiqué de la Commune autonome de San Juan Copala, 6 juin 2010

Le 8 juin 2010 restera gravé dans l’histoire des communautés indiennes de l’Oaxaca

dimanche 6 juin 2010

Communiqué de la Commune autonome de San Juan Copala

Aux médias nationaux et internationaux
Aux organisations sociales et civiles
Aux organisations non gouvernementales des droits humains
À la "Otra Campaña"

Le mardi 8 juin 2010 restera gravé dans l’histoire des communautés indiennes de l’Oaxaca, rappelant que la solidarité désintéressée est l’expression la plus forte de tendresse et d’amour de l’être humain.

On se souviendra aussi de cette date parce qu’on pourra démontrer que même dans la différence on peut marcher ensemble pour montrer qu’il y a encore peut-être un "dernier" espoir de construire un monde plus juste et plus humain ; que sûrement cela commencera quand celui qui dirige, dirige en obéissant.

Nous remercions tout le monde pour cette tendresse et cet amour. À ceux qui marchent pour connaître la proposition politique de San Juan Copala, et nous savons que ceux qui accompagnent cette caravane sauront respecter notre projet d’autonomie ; que nous sommes certains que c’est le chemin vers une vie de justice et de dignité.

Nous savons tous que les nouvelles menaces lancées par le dirigeant d’une bande de criminels opérant dans la région triqui qui apparaissent aujourd’hui dans la presse obéissent à l’ordre criminel du puissant qui mal gouverne notre État, et sont les mêmes menaces que celles que ce tueur à gages avait lancées les jours précédents le 27 avril, date où fut donnée la mort à nos compagnons Bety Cariño et Jyri Antero, qui offrirent leur vie pour notre projet et notre rêve.

En conséquence nous exigeons que les gouvernements d’Oaxaca et du Mexique assument leur responsabilité de garantir le libre transit et la sécurité de la Caravane et de nos compagnons et compagnonnes de San Juan Copala. Face à leur absence et leur silence nous les rendons responsables de tout acte de provocation que pourra connaître cette mission humanitaire ; car avec leur attitude ils permettent que ce tueur à gages assassine et que son groupe de criminels menace et intimide en toute impunité.

Nous dénonçons également le fait que, durant la nuit d’hier et à l’aube d’aujourd’hui, ce groupe de criminels a bloqué la route au niveau de la communauté de la Sabana avec de très grandes pierres placées en trois endroits différents, sûrement avec des machines lourdes, afin qu’elles ne puissent pas être déplacées facilement.

Nous exigeons du mauvais gouvernement d’Oaxaca qu’il ordonne à ce groupe paramilitaire à son service qu’il libère la route ; car l’aide humanitaire que cette caravane emmène avec elle est l’espoir que plus de soixante-dix familles survivent, la majorité étant des enfants et des anciens. Du contraire nous verrions comment peu à peu ils mourront de faim et de maladies curables.

Nous savons que cette caravane est formée de gens de différentes organisations civiles, de centres des droits humains, d’Églises, de groupes solidaires, d’organisations politiques, de syndicats, de médias, de collectifs, de frères indigènes et de personnes individuelles ; nous demandons pour cela de manière fraternelle à ceux qui en font partie qu’ils se conduisent avec respect et tolérance, et qu’ils suivent en même temps les indications que leur donneront les coordinateurs que l’assemblée communautaire de San Juan Copala a désignés à cette fin, car de cela dépendra le succès d’une si noble tâche.

Nous demandons de la même manière à toutes les organisations, collectifs et personnes du monde entier qui se sont solidarisés avec notre cause et qui ont exigé que soient punis les responsables des assassinats de nos compagnons Bety et Jyri, à ce qu’ils se greffent spirituellement et politiquement depuis leurs pays respectifs et villes d’origine à la Caravane du 8 juin, avec des actions de solidarité et des manifestations face aux ambassades et consulats mexicains de leurs pays ; qu’ils demandent aux autorités mexicaines de ces pays de l’information sur la caravane et sur les conditions de vie à San Juan Copala, ou bien n’importe quelle autre action qu’ils considèrent bonnes pour se solidariser et pour nous soutenir.

Nous réaffirmons que ces communiqués sont notre façon de faire connaître notre parole, et nous ajoutons que les communiqués et bulletins doivent avoir au moins une signature de ceux que la communauté désigne pour cette commission. Nous vous donnons par la même occasion la direction internet du blog qui a été créé pour que soit connue votre parole et que soit connue la nôtre, et qui est l’unique site duquel nous prenons la responsabilité : autonomiaencopala.wordpress.com/

Respectueusement,

Commune autonome de San Juan Copala
Casimiro Martínez Aguilar,
porte-parole.

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