Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Altos de Chiapas

Rapport de la caravane de solidarité avec les déplacés de San Marcos Avilés

lundi 8 novembre 2010

Rapport de la caravane de solidarité avec les déplacés de San Marcos Avilés

1. Organisation de la caravane

Le 9 septembre, 170 habitants : des filles et des garçons, des anciennes et des anciens, des femmes et des hommes bases d’appui zapatistes de la communauté San Marcos Avilés furent expulsés par des personnes et autorités du PRI, du PRD et du Parti vert écologiste.

En prenant connaissance de ces faits, le 5e forum de solidarité avec les communautés zapatistes, auquel assistèrent 80 compañeros de 11 États et plusieurs internationaux, prit la décision de réaliser des provisions de vivres et une caravane de solidarité.

Une campagne de bons solidaires a été faite au cours de laquelle 1 000 bons à 30 pesos ont été vendus. Des dizaines d’organisations de l’Autre Campagne ont participé : des organisations sociales, politiques, des collectifs, des internationaux solidaires, des groupes artistiques, des médias libres, des groupes d’universités, des transporteurs, etc.

Un petit programme de radio a été réalisé par des compas de San Cristóbal de las Casas et une campagne pour récolter des couvertures, des médicaments, des fournitures scolaires, des vêtements et des jeux pour enfants. À cette campagne participèrent diverses personnes, organisations et collectifs du monde, du Mexique et du Chiapas.

Finalement le 29 octobre la caravane put partir. Elle a réuni des gens venus d’Australie, de France, des États-Unis, de Galice, d’Italie, du Pays basque mais aussi des États de Tamaulipas, du Michoacán, des régions chinantèque et loxicha d’Oaxaca et de la ville de Mexico ainsi que de Mitzitón, Candelaria, San Antonio et San Cristóbal de las Casas, Chiapas.

Nous avons commencé notre parcours par Oventik où nous avons remis les provisions au Conseil de bon gouvernement et nous avons coordonné avec eux la visite à San Marcos Avilés.

Le jour suivant, à l’aube, nous sommes partis pour la communauté et nous y sommes arrivés dans l’après-midi. Nous avons été reçus par les compañer@s dans la petite école récemment construite, une petite maison bleue de quelques mètres.

Là nous avons pu écouter le témoignage des compas et leur expliquer le pourquoi de la caravane et qui nous étions.

Ils nous ont raconté que ceux des partis politiques diffusaient par la radio qu’ils allaient éliminer la caravane et que cette dernière portait « la marque 666 ».

Nous avons terminé d’écouter leurs témoignages.

Après nous avons joué avec les enfants (il y en a beaucoup à San Marcos), les activités artistiques et les jeux ont rapidement été interrompus car la majorité d’entre eux parle seulement tzeltal.

Nous les avons beaucoup remercié pour le repas qu’ils nous ont préparé car nous connaissons leur situation. Après avoir partagé un moment avec eux, nous nous sommes dit au revoir. La compañera Erika, fille du prisonnier de San Agustín Loxichas, Alvaro Sebastián Ramírez, a remercié les compañeras d’avoir préparé le repas, de leur générosité et elle a dit, que c’est cela que nous retrouvons dans les communautés indigènes.

Ensuite nous sommes partis vers San Cristóbal de las Casas.

2. Témoignage de la communauté de San Marcos Avilés

Le 16 août la communauté a choisi un terrain sur des terres collectives sur lequel l’école sera construite. Le Conseil de bon gouvernement a approuvé ce projet. Le 20 août la construction de l’école a commencé.

Les personnes des partis politiques, PRI, PRD et PVEM, se sont opposés au projet. Ils ont commencé à rassembler leurs gens et ils ont appelé Manuel Vázquez Alvarez. Quand il s’est présenté, les autorités et les personnes des partis politiques lui ont dit que l’école autonome ne pouvait pas se faire.

Manuel a défendu les écoles autonomes qui sont construites dans les communautés zapatistes. Ils lui ont dit un tas de grossièretés contre l’éducation autonome et contre l’organisation zapatiste. Ils ont essayé de lui faire signer un document de renonciation à l’organisation zapatiste et pour que la petite école soit détruite. Il a refusé et a résisté alors ils l’ont mis en prison. Le compañero Pedro Cruz Gomez, de la communauté Guadalupe Kaptetaj, est allé demander où était Manuel et il a aussi été mis en prison. Ils ont fait pression sur eux pour qu’ils signent le document et ils ont voulu leur faire payer 5 000 pesos d’amende à chacun.

Manuel et Pedro ont résisté et ont dit qu’ils ne payeraient rien. Enfin, ils ont été libérés le 23 août, mais ils sont reçus des menaces et ils leur ont dit un tas des grossièretés contre l’organisation zapatiste et l’école autonome.

Les 23 et 24 août des personnes des partis politiques sont arrivés à San Marcos, ils se sont dirigés vers les champs et les plantations de café et ils ont commencé à se les partager.

Le 8 septembre ils sont venus enlever les clôtures des pâturages et le bétail s’est enfui. À ce jour, les compañeros n’ont plus de vaches ni de chevaux.

Le 9 septembre la pression a augmenté, les compañeros sont restés chez eux mais ceux des partis sont passés de maison en maison pour les expulser. Les compañeros bases d’appui zapatistes, 170 en total, ont décidé de partir afin de ne pas répondre aux agressions et à la provocation. Les gens des partis politiques les ont poursuivis jusqu’à une communauté appelée Tacuba.

Les gens des partis politiques sont allés chez le compañero Manuel et ont menacé sa femme de la violer. C’est l’agent municipal Rubén Martínez Vázquez qui l’a menacée ainsi.

Un compañero a raconté qu’il est resté chez lui parce que son bébé venait de naître. Les gens ont encerclé sa maison puis ils sont entrés en cassant la porte à coups de pied. Ils l’ont menacé à mort. Ce sont José Cruz, du PRI, et Santiago Cruz Díaz, remplaçant du commissaire, qui ont proféré ces menaces. Enfin ils ont pillé et saccagé la maison. Le compañero et sa femme, qui venait d’accoucher, sont partis en marchant avec leur nouveau-né et un autre bébé plus grand.

Les personnes des partis politiques sont restées trente-trois jours dans la communauté. Elles sont rentrées dans les maisons et elles ont tout pris : les poules, les cochons, le maïs, les haricots.

Le 12 octobre, les compañeros, accompagnés par les bases d’appui zapatistes des communes les plus proches, ont pu retourner chez eux, mais ils ont retrouvé leurs maisons pillées. Le problème est qu’ils ne peuvent pas retourner dans leurs champs car ils sont toujours occupés pas les personnes des partis politiques.

Les personnes et les autorités des partis politiques du PRI, PRD et Vert écologique responsables de ces agressions, sont :

José Cruz Hernández
Manuel Díaz Ruiz
Víctor Díaz Sánchez
Vicente Luis López
Rubén Martìnez Vázquez
Tomás Hernández Aguilar
Ernesto Méndez Gutiérrez
Ernesto López Nuñez
Alejandro Nuñez Ruiz
Rodolfo Ruiz Pérez
Santiago Cruz Díaz
Víctor Manuel Núñez Martínez
Vicente Ruíz Méndez
Carmelino Hernández Hernández
Abraham Cante López
Raúl Cante López
Manuel Ruíz Gómez
Carlos Ruíz Gómez
D Ruíz Gómez
Rogelio Ruíz Gómez
José Hernández Méndez
Miguel de Hara Santis
Pedro Cante Mendoza
Pedro Cante Cruz
Nicolás Cante Cruz
Antonio Gómez Pérez
Antonio Cante Mendoza
Juan Pérez Cruz
Manuel Vázquez Gómez
Genaro Vázquez Gómez
Juan Gómez Pérez
Gustavo Cante López
Domingo Guzmán Gómez
Nicolás Cante Gómez
Juan Nuñez Martínez
Manuel Cante Gómez

Les besoins principaux des compañeros de San Marcos Avilés pour le moment sont :

- du maïs,
- des haricots,
- du savon,
- de la chaux,
- du sel,
- du sucre,
- de l’huile,
- du riz,
- de la soupe,
- des médicaments,
- du sérum physiologique,
- des thermomètres,
- un stéthoscope,
- du matériel chirurgical pour aménager la maison de santé qui a aussi été pillée.

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Nous, participants de la caravane, nous prononçons pour l’arrêt immédiat du harcèlement de la communauté de San Marcos Avilés de la part des partis politiques, pour le retrait des ces personnes des champs et des plantations de café.

Nous nous prononçons pour le respect de l’éducation et la santé autonomes avec lesquelles les communautés zapatistes ont résolu des problèmes que les mauvais gouvernement n’ont pas pu résoudre durant des siècles.

Halte au harcèlement contre les communautés zapatistes !
Respect pour ceux qui sont un exemple dans la construction d’un autre monde !

Les organisations participantes :

Agence de presse India
Chava, La Otra Tampico
CIEPAC
Espace social et culturel La Karakola
Force indigène Chinanteca, Oaxaca
Groupe de travail dans le cadre de la campagne « Primero nuestrxs presxs », Chiapas
Internationaux provenant des États-Unis, de France, de Galice, d’Italie, du Pays basque
« La Voix des zapotèques Xiches en prison », Oaxaca Mexique
Réseau Solidarité - Australie
Nodo Solidale, Rome, Italie
Réseau contre la répression et pour la solidarité
Réseau contre la répression et pour la solidarité (Chiapas)
Réseau Mouvement et cœur zapatiste
Santé pour la résistance
Unité ouvrière et socialiste (UNÍOS)

Traduction : X.

P.-S.

Deux déclarations du Conseil de bon gouvernement d’Oventik :

Le Conseil de bon gouvernement des Altos dénonce les agressions contre les bases zapatistes de San Marcos

Un mois après avoir été déplacées par les menaces et les agressions, les bases zapatistes sont de retour à San Marcos

Le Centre des droits de l’homme Fray Bartolomé de Las Casas a ouvert un compte pour recevoir des donations :

Titulaire :  	Centro de Derechos Humanos Fray Bartolomé de Las Casas A.C.
Adresse : 	Brasil 14, Barrio de Mexicanos, CP : 29240
Banque : 	BANAMEX
Compte : 	7042767
Sucursal Bancaria : 	0386
Pour virements :  	CLABE (Clave Bancaria Estandarizada)
002130038670427678

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