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San Sebastián Bachajón

Le harcèlement et les agressions contre les ejidatarios de San Sebastián Bachajón augmentent

Hermann Bellinghausen

vendredi 3 décembre 2010

Le harcèlement et les agressions contre les ejidatarios de San Sebastián Bachajón augmentent

Il a été arrêté parce qu’il est adhérent à l’Autre Campagne

Des ejidatarios dénoncent la torture et l’arrestation illégale d’un paysan tzeltal de Chilón

Hermann Bellinghausen

Les ejidatarios de San Sebastián Bachajón (Chilón, Chiapas) ont dénoncé l’arrestation illégale, la torture et le « maintien » actuel dans la résidence de Pitquitos, à Chiapa de Corzo, de Miguel Demeza Jiménez, adhérent à l’Autre Campagne, « privé de sa liberté sans aucun ordre d’arrestation à son encontre, fabricant des délits pour pouvoir le poursuivre, violant ses droits humains ».

Demeza Jiménez, paysan tzeltal « qui peut à peine parler espagnol », selon les dires des ejidatarios, est originaire de Lamalt’zac, annexe de l’ejido San Sebastián Bachajón. Il a été arrêté le 7 octobre dernier, quand, « après son travail de maçon il est parti à Ocosingo pour acheter une scie à découper pour travailler ; il a été emmené avec beaucoup de violence par un groupe de federales, sans doute de l’AFI [Agence fédérale d’enquête, agence de renseignement, Ndt], où ils le torturèrent en l’obligeant à confesser son appartenance à l’EZLN ou encore lui demandant si il connaissait son dirigeant ». Après ces mauvais traitements, « en violant ses droits physiques et moraux, il fut emmené dans les bureaux de l’Agence d’État [du Chiapas, Ndt] d’enquêtes, dans la ville de Tuxtla Gutiérrez ».

Les indigènes, adhérents à la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, rendent responsable le gouvernement de l’État Juan Sabines Guerrero pour l’« arrestation arbitraire » de leur compañero. « Clairement on voit que l’injustice n’est pas un simple mot, ce sont des faits pour ce mauvais gouvernement corrompu, alors que les véritables délinquants ce sont eux. Pour cette raison nous rendons responsable le gouvernement de l’État pour la santé et l’intégrité de notre compañero prisonnier. Nous, en tant qu’organisations, constatons qu’il n’est pas un délinquant comme le gouvernement l’a contraint à affirmer. Nous exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle ».

Le harcèlement par des groupes officiels est récurrent contre les différentes communautés de l’Autre Campagne dans la municipalités de Chilón. Maintenant, les ejidatarios de San Sebastián dénoncent aussi les fonctionnaires et une soixantaine de priistes armés de fusils et de machettes, qui « sont rentrés dans le ranch Virgen de Dolores, où depuis huit mois trente-six compañeros appartenant à l’Autre Campagne se sont installés. »

Les agresseurs, dirigés par Manuel Vázquez Ruiz, de la communuté Chapa Puyil, et le délégué du gouvernement à Chilón, Ledín Méndez, qui « arrivèrent cagoulés, avec des vêtements sombres pour ne pas être reconnus ». Ce groupe a « interrompu la tranquillité de nos compañeros », signalent les ejidatarios pour se protéger « d’une quelconque agression », et expriment des craintes pour « l’intégrité des enfants et des femmes ».

Le délégué du gouvernement, continuent les ejidatarios, « est intervenu dans toutes les affaires pour intimider et en voulant détruire l’organisation de l’Autre Campagne, et organise un groupe de priistes qui intimide les compañeros en tirant des coups de feu de calibre 22. »

Article paru dans La Jornada, le 5 novembre 2010.

http://www.jornada.unam.mx/2010/11/05/index.php?section=politica&article=022n1pol

On signale aussi un accroissement de la stratégie de calomnies de la part « du mauvais gouvernement »

Les ejidatarios de Bachajón, Chiapas, dénoncent une recrudescence des agressions de l’Opddic

Les paysans accusent les paramilitaires de vouloir prendre possession du poste de péage et de la gravière

Hermann Bellinghausen

Les ejidatarios de San Sebastián Bachajón (municipalité de Chilón, Chiapas), adhérents à l’Autre Campagne, ont dénoncé un accroissement de la stratégie « de calomnies, d’injustices et de provocations des autorités du mauvais gouvernement depuis cinq mois », ainsi qu’une recrudescence des agressions et des harcèlements par des membres de l’Organisation pour la défense des droits indigènes et paysans (Opddic), considérée comme une organisation paramilitaire par les ejidatarios.

Ceux de l’Opddic, groupe officiel, « veulent désintégrer la société et l’organisation par l’intimidation et veulent prendre le contrôle du poste de péage et la gravière [1] », récupérés récemment par les ejidatarios. « Maintenant de nouvelles menaces surgissent avec le même intérêt du néolibéralisme et les projets des transnationales ». Face à cela, la société civile « s’organise chaque fois plus pour résister et défendre les ressources naturelles de nos ejidos ».

Les paysans tzeltales, voisins de la station balnéaire d’Agua Azul, ont signalé que le commissaire ejidal officiel « n’a pas pu gagner la confiance des personnes ni n’a eu idée de la politique qu’ils menaient ». Ils rendent responsable de cela le délégué du gouvernement à Chilón, Ledín Méndez ; la députée Yari del Carmen Gebrardt Garduza, et les indigènes Carmen Aguilar Gómez et son fils, ainsi que Francisco Guzmán Jiménez. « Toutes ces personnes se sont réunies à Chilón et à Ocosingo ainsi que dans d’autres endroits avec les dirigeants de l’Opddic, pour piller le poste de péage et la gravière ».

Les ejidatarios assurent que « ces ambitieux ont gagné la confiance du secrétaire du gouvernement, Noé Castañón », qui les a reçus le 8 novembre dernier, « à bras ouverts et la table posée avec un menu spécial, des idées et des projets transnationaux et comment détruire notre organisation ». Ils soutiennent que l’« on voit clairement l’intérêt de créer un conflit entre différentes communautés de l’ejido, en organisant des groupes paramilitaires pour intimider la société ».

Les ejidatarios avertissent : « Nous allons défendre nos ressources naturelles jusqu’au bout, nous allons montrer au gouvernement que nous ne sommes pas seuls. Nous rendons responsables directement le gouverneur Juan Sabines Guerrero, le délégué du gouvernement, la députée Gebrardt Garduza (qui siège à Palenque) et les dirigeants de l’Opddic d’une quelconque agression ».

Ils annoncent qu’à partir de cette date « il n’y aura plus de dialogue ni de rapprochement avec aucune autorité officielle, parce que nous ne négocions pas ni ne discutons d’aucun sujet avec le mauvais gouvernement, nous voyons clairement son intérêt à nous dépouiller de nos terres et s’approprier nos ressources ».

Article paru dans La Jornada, le 18 novembre 2010.

http://www.jornada.unam.mx/2010/11/18/index.php?section=politica&article=020n1pol

Notes

[1] La réserve de sable et de graviers dont dispose chaque communauté pour les travaux. Merci à PJ pour l’explication.

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