Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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Solidarité avec Bachajón, Mitzitón et le Conseil autonome régional de la Côte chiapanèque

lundi 7 mars 2011

Solidarité avec Bachajón, Mitzitón et le Conseil autonome régional de la Côte chiapanèque

Vidéo sur la situation à San Sebastian Bachajón (sous-titres français) :

Les dernières informations signalent que les trois avocats du Centre des droits de l’homme Digna Ochoa ont été libérés le mercredi 2 mars pendant la nuit. En ce qui concerne les prisonniers de Bachajon, selon des sources non officielles, quatre compagnons ont été libérés : Pedro García Alvarado a été libéré la nuit du mercredi 2 mars et Miguel Álvaro Deara, Pedro Hernández López et Miguel López Deara ont été libérés entre le jeudi 3 et le samedi 5 mars.

Suite à la répression au Chiapas, déclaration du Réseau contre la répression et pour la solidarité

Nous dénonçons avec indignation la nouvelle escalade de violence et de répression contre les communautés organisées de l’Autre Campagne au Chiapas. Nous sommes alarmés par les agressions dont nous avons été témoins durant le mois de février. Ces attaques ont été réalisées par l’État et par ses groupes paramilitaires contre les adhérents de la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone :

Les 2 et 3 février, 117 personnes des terres communales de San Sebastian Bachajón ont été arrêtées. Actuellement dix compañeros sont encore prisonniers : Mariano Demeza Silvano (mineur, il a 17 ans), Domingo Pérez Álvaro (faisant partie de la Commission de promotion), Pedro Hernández López (secrétaire du commissariat des terres communales), Miguel López Deara (suppléant du conseil des terres communales), Domingo García Gómez (membre du Comité de défense des droits), Juan Aguilar Guzmán (trésorier principal), Pedro García Álvaro (ayant un handicap mental), Jerónimo Guzmán Méndez (membre des terres communales), Pedro López Gómez (membre des terres communales) et Miguel Álvaro Deara (membre des terres communales).

Les adhérents de Bachajón ont été emprisonnés parce qu’ils ont exigé que soient respectés leurs droits historiques collectifs en tant que peuples indigènes. Le 12 février 2011 cinq agents du gouvernement de l’État sont venus à San José en Rebeldía pour négocier la libération des dix adhérents séquestrés par l’État en échange de l’administration du péage d’Agua Azul. En plus de cela ils prétendaient marchander le renoncement à la libre détermination du territoire alors que celle-ci est un droit non négociable.

Le village organisé de Mitzitón n’a cessé d’être agressé depuis qu’il s’est opposé au mégaprojet de l’autoroute San Cristobal-Palenque en mars 2009. Harcèlement et menaces récurrentes de la part du groupe paramilitaire Ejército de Dios - Alas de Aguila sont à l’origine de la mort d’Aurelio Díaz Hernández l’année dernière. Ces derniers temps et en particulier le 13 février 2011 les agresseurs sont revenus attaquer les adhérents, parmi lesquels deux ont été séquestrés et sévèrement frappés. Par la suite les paramilitaires de l’Ejército de Dios ont tiré vers la communauté. Carmen Jiménez Heredia a été touchée par une balle et a été admise à l’hôpital de Las Cultutas dans un état grave.

Le Conseil autonome de la région de la Côte et le Centre des droits de l’homme Digna Ochoa.

Le 22 février, 56 personnes ont été retenues alors qu’elles effectuaient un blocage de solidarité dans le cadre de la journée de protestation régionale de l’Autre Campagne pour l’arrêt de la répression contre les adhérents de San Sebastian Bachajón, les prisonniers de La Voz del Amate, les personnes solidaires en jeûne et le village organisé de Mitzitón. Jusqu’à présent nous savons que sur seize personnes détenues, il reste trois compañeros en prison. Il s’agit de Nataniel Hernández, José María Martínez Cruz et Eduardo Alonso, qui sont des défenseurs des droits de l’homme, à qui, il a été refusé la visite de leurs familles et de leurs avocats. C’est pourquoi, nous craignons qu’on tente de leur faire signer des aveux sous la torture physique ou psychologique.

Face à cette escalade de violence de la part de l’État, de l’armée mexicaine, des forces de sécurité, des groupes paramilitaires et des médias officiels, il est plus qu’évident qu’une offensive est en cours contre les communautés, les organisations, les collectifs et les personnes qui luttent pour un Mexique avec une justice pour tous et qui s’opposent à la mise en place des projets néolibéraux comme le projet Méso-Amérique, qui implique le dépouillement et la privatisation du territoire indigène.

Nous lançons donc un appel à toutes les personnes qui ont un cœur en bas à gauche pour qu’elles se manifestent selon leurs modes et formes d’actions. Selon les temps et les espaces où chacune et chacun choisira sa tranchée de lutte en solidarité avec Bachajón, Mitzitón, le Conseil autonome régional de la Côte et le Centre des droits de l’homme Digna Ochoa.

Source : http://www.redcontralarepresion.org/

Voir le Contexte : les territoires stratégiques du Chiapas et les prisonniers du Chiapas sont emprisonnés pour avoir résisté sur : http://liberonsles.wordpress.com/les-prisonniers-du-chiapas/

P.-S.

Une brochure regroupant des notes écrites par El Viejo (que nous remercions pour son travail) est disponible à cette adresse :

http://cspcl.ouvaton.org/IMG/pdf/Brochure_Info_Bachajon.pdf

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