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Liberté pour les ejidatarios de San Sebastián Bachajón et pour tous les prisonniers de l’Autre Campagne

Réseau contre la Répression et pour la Solidarité de l’Autre Campagne

jeudi 10 mars 2011

Liberté pour les ejidatarios de San Sebastián Bachajón et pour tous les prisonniers de l’Autre Campagne

À l’Autre Campagne,
À la Zezta internationale,
Aux personnes honnêtes du monde,

Les compas de San Sebastián Bachajón sont de l’Autre Campagne et défendent
leur terre et leur territoire qu’on veut leur enlever car elles sont très
jolies et les chefs d’entreprises et le mauvais gouvernement veulent faire
des projets sur les cascades d’Agua Azul qualifiés d’« écotouristiques »,
mais en réalité ils sont seulement au bénéfice des intérêts de ceux d’en
haut ici et des multinationales. C’est pour cela que, comme pour les
compas de l’ejido Tila, ils veulent leur enlever leurs terres.

Les ejidatarios et ejidatarias veillaient sur la terre et l’accès [aux
cascades]
depuis une petite installation attaquée le 2 février par
les priistes et les paramilitaires, aidés en cela par les autorités
priistes de Chilón. Dans les heurts un des agresseurs est mort, victime
d’une balle tirée par ses propres compères.

Le 3 février lorsque les ejidatarios et ejidatarias de Bachajón se
réunirent au niveau de l’entrée des cascades d’Agua Azul afin de
s’accorder sur la réponse à donner au gouvernement de l’État par rapport à l’offre d’une table de dialogue entre les groupes en conflit, ils furent
attaqués de manière traître par des centaines de policiers fédéraux,
étatiques et des éléments de l’armée fédérale qui réalisèrent des
détentions massives, poursuivant ceux qui cherchaient refuge dans les
maisons du voisinage. Cent dix-sept personnes furent détenues de manière arbitraire,
indigènes tzeltales de San Sebastián Bachajón, et durant le processus
légal elles ne purent compter sur la présence d’un avocat défenseur
[des droits de l’homme, ni sur celle d’un interprète de leur langue et
culture]
, et furent de plus menacées par des policiers de l’État et
harcelés par le ministère public.

Le 5 février 107 ejidatarios furent libérés et dix compas furent transférés
à la prison de Playas de Catazajá, sous les accusations d’homicide
volontaire, tentative d’homicide, attentat contre la paix, l’intégrité
corporelle et le patrimoine de l’État.

Postérieurement grâce aux actions de nos compagnes et compagnons au
Mexique et dans d’autres pays, cinq compagnons furent libérés, et restent
donc emprisonnés :

- Mariano Demeza Silvano (mineur, âgé de 17 ans) ;
- Domingo Pérez Álvaro (membre de la commission de promotion) ;
- Domingo García Gómez (membre du conseil de défense des droits) ;
- Juan Aguilar Guzmán (trésorier principal) ;
- Jerónimo Guzmán Méndez (ejidatario).

Faisons de cette lutte une manifestation de l’autre amour, l’amour
solidaire pour la terre, pour les compas, pour un monde meilleur...

Nous appelons à manifester et à réaliser des actions de propagande et de
diffusion à l’heure et le jour convenant à chacun, chacun à sa manière,
dans tous les lieux possibles du Mexique et du monde, afin d’exiger la
liberté immédiate de nos compagnons.

Traduction d’un extrait d’un communiqué du Réseau contre la répression et pour la solidarité de l’Autre Campagne, en date du 10 mars 2011.