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Appel pour la Marche des putes

à Mexico le 12 juin 2011

mardi 14 juin 2011

Appel pour la Marche des putes à Mexico

Le dimanche 12 juin, nous, les femmes de Mexico, nous rejoignons la Marche des putes et nous allons défiler dans le seul but de bien établir que NON, c’est NON.

Ce mouvement cherche à dire à la société civile, politique, religieuse, et quelle que soit sa fonction dans ce pays, que peu importe la façon de s’habiller, l’endroit ou la compagnie ; rien ne justifie l’imposition de relations sexuelles ou le harcèlement sexuel. La femme ne provoque pas la violence ni l’agression par le seul fait d’être responsable et libre en exerçant sa personnalité, ses idées et ses principes.

Nous refusons fermement, et d’une seule voix, que se perpétue et semble naturelle l’idée que nous sommes coupables du harcèlement et de l’attaque sexuelle, que le quotidien en plein XXIe siècle continue à être un affrontement quand nous sortons dans la rue pour étudier, travailler, nous distraire et vivre.

C’est fini, de nous assumer comme objet de stéréotypes, de préjugés et de discrimination. Halte aux vieux et douteux schémas qui engendrent la discrimination.

Assez d’actes sexuels forcés, quand nous, les femmes, nous disons « Non », ça ne peut vouloir dire que « Non ».

Assez de manque de respect, aussi bien dehors que dans n’importe quel espace, de la part du dernier des civils comme des plus hautes autorités.

Assez d’insultes à l’éducation, par ignorance ; assez d’ignorance par manque d’éducation.

Assez de banalisation de la violence de genre avec l’argument que c’est notre faute parce que nous avons l’air de putes. Comme si le fait d’être travailleuse sexuelle était une justification pour nous violenter.

C’est pourquoi nous rejoignons la Marche des putes, qui a son origine dans la ville de Toronto, Canada.

Le 24 janvier dernier, le policier Michael Sanguinetti, pendant une conférence à l’université d’York sur la sécurité civile, a indiqué que « les femmes doivent éviter de s’habiller comme des putes pour ne pas être victimes de la violence sexuelle ». Indignées, les femmes canadiennes sont sorties manifester le 3 avril ; en talons, porte-jarretelles, décolletés et minijupes, elles ont pris les rues de Toronto, Canada. À cette indignation s’est unie toute la société : femmes et hommes ont manifesté pour demander des excuses à la police. Mais le mouvement a encore grandi, et cette marche se reproduit ailleurs, exigeant le respect et la protection sans discrimination.

Pourquoi putes ? Historiquement, le terme de « putes » est chargé d’un sens négatif et péjoratif ; pute, c’est une femme volage, qui a des relations sexuelles pour de l’argent, pour le plaisir, qui s’habille de manière inappropriée, qui n’est pas une femme bien. Le terme sert comme une forme d’insulte ou d’étiquette pour le comportement de femmes qui se trouvent en dehors de ce que la société considère comme adéquat et acceptable. Sous ces paramètres et ces critères, à n’importe quel moment de nos vies, nous, les femmes, nous sommes des putes, et en tant que putes nous devons accepter et nous taire quand se déploient des comportements sexuels sans consentement.

Avec cette marche, nous nous approprions le mot « pute » pour refuser tout type de violence exercée envers nous sous le prétexte de notre apparence, et nous manifestons que ni les travailleuses sexuelles ni aucune femme ne doivent être violentées en tant que « putes ».

Fatiguées d’entendre que c’est nous, les femmes, qui provoquons, et que par conséquent nous sommes coupables, aujourd’hui nous avons décidé de nous organiser pour dire :

Ça suffit ! C’est moi qui décide sur mon corps, et non, c’est non.

* Si je mets des bas résilles et des talons aiguilles : non, ça veut dire non.
* Si l’ouverture de ma jupe monte jusqu’à ma cuisse : non, ça veut dire non.
* Si, n’importe quand, je décide de ne pas consommer l’acte sexuel : non, ça veut dire non.
* Si je me prends une cuite grand format : non, ça veut dire non.
* Si je danse de façon sensuelle : non, ça veut dire non.
* Si le décolleté de ma robe est épique et accueillant : non, ça veut dire non.

NON, ÇA VEUT DIRE NON.

Nous invitons à ce que s’unissent non seulement les femmes, mais toutes les personnes, de toute expression ou orientation de genre, de profession, de niveau d’études, de race, d’ethnie, d’âge, de capacité, de tous les coins de la ville, à faire une déclaration unifiée sur la violence sexuelle et le droit des victimes. Et aussi pour exiger le respect pour toutes et tous.

Rejoins-nous dans cette mission en faisant circuler l’information pour déclarer que qui souffre la violence sexuelle n’est pas coupable, sans exception.

Le rendez-vous est le dimanche 12 juin, à La Palma, paseo de la Reforma à 14 heures, puis jusqu’à l’Hémicycle à Juárez.

Pour plus d’information : marchadelasputasdf(a)gmail.com

Traduit par el Viejo.
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