Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
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De France : halte à la guerre contre le peuple du Mexique !

mercredi 28 septembre 2011

Au peuple du Mexique,
Aux peuples du monde,
Aux familles et amis des assassinés et disparus,
Aux compagnons zapatistes,
À l’Autre Campagne,
À ceux qui cheminent en bas à gauche,

Ce 15 septembre, nous étions présents à la fête organisée chaque année par l’ambassade du Mexique pour célébrer le cri de la « dépendance », ambassade qui s’engage à diffuser et saluer le travail du gouvernement mexicain dans son prétendu combat contre le crime organisé. Nous avons donc distribué à des centaines de personnes, conformément à nos habitudes, des tracts de contre-information sur les réalités de cette guerre ; nous avons informé sur les provocations et agressions des groupes paramilitaires contre les compagnons bases d’appui zapatistes, comme dans le cas de la récente agression de la communauté San Patricio de la Commune autonome rebelle zapatiste La Dignidad ; nous avons aussi informé sur la répression du peuple Yaqui en résistance, sur celle qui s’abat contre les lutteurs sociaux, et sur la réforme de la loi de sécurité nationale.

Ici, en France, l’ambassade et ses filiales ne sont que le miroir déformant de la réalité et participent de manière servile au «  développement correct » des relations bilatérales de coopération entre le Mexique et le France. Surtout, quand il s’agit d’investir des capitaux, elles sont des actrices primordiales pour assurer que oui, le Mexique est un bon pays pour investir. Ainsi, ce sont aujourd’hui près de 400 entreprises françaises qui participent au saccage et à l’exploitation du Mexique.

Mais la « coopération » ne s’arrête pas là : le Service de Sécurité Intérieure, créé par un accord entre le Ministère de l’Intérieur français et le Secrétariat de Gouvernement mexicain, permet l’échange de connaissances juridiques, la formation et l’organisation policière avec le prétendu objectif d’améliorer les services publics. Ce service forme différents corps de la police mexicaine comme les polices fédérales AFI, CISEN, PFP, INM connues pour leur corruption, leur abus d’autorité et leur action répressive contre les mouvements sociaux, comme ceux d’Atenco, d’Oaxaca ou de la ville de Mexico.

Ayant la même logique et les mêmes méthodes, la police française a été l’objet d’un rapport d’Amnesty International en 2009 intitulé : « France : des policiers au-dessus des lois ? », lequel expose de manière détaillée de nombreux témoignages sur les abus policiers systématiques ; une police nationale qui en toute impunité réprime les jeunes des quartiers pauvres, qui humilie, frappe, arrête et assassine non seulement les migrants mais aussi les lutteurs sociaux, une police qui expulse les squats et les sans-papiers, une police qui réprime la contestation sociale et qui ferme les espaces alternatifs où les luttes et résistances convergent, mûrissent et construisent des alternatives de vie.

Ici comme là-bas, nous, d’en bas, vivons la même logique de mépris, d’impunité, d’exploitation et de répression ! Nous sommes bafoués par les mêmes, ceux qui d’en haut font les lois.

La société capitaliste où nous vivons repose sur une loi fondamentale : le droit d’exploiter son prochain. Celui qui possède l’usine, l’entreprise, l’argent à le droit de s’enrichir sans se soucier de ceux qu’il écrase. Ainsi, ici comme là-bas, ce droit d’exploiter est la règle absolue qui régit la société capitaliste. Chômage, pauvreté, précarité sont générés par le système capitaliste et en sont une condition nécessaire de sa survie. C’est pour ça que la Guerre multiple déclarée au peuple du Mexique réprime avec violence les différentes formes de protestation, ceux qui disent qu’il n’est plus possible de vivre de la sorte, ceux qui ont mis sur pieds des alternatives de vies, ou encore ceux qui mettant en avant leur autonomie ont démontré que l’on peut vivre avec dignité.

Ces guerres multiples d’en haut, génératrices de peur et de paralysie, veulent à tout prix immobiliser celui qui en bas proteste et s’organise. Face à cette situation, des organisations, groupes et individus sont descendus dans la rue pour exiger que Felipe Calderon arrête sa guerre.

Chaque jour, nous voyons une société qui, au Mexique comme dans le monde entier, refuse l’imposition de projets et plans visant à expulser les peuples et communautés de leurs territoires ; qui dénonce le système de justice corrompu qui obéit aux intérêts politiques et économiques de ceux d’en haut ; qui exigent un arrêt des menaces et agressions qu’affrontent les communautés indigènes, les responsables communautaires, les activistes, les défenseurs des droits de l’homme, les mouvements sociaux, la société civile, les prisonnières et prisonniers.

Toutes ces réclamations, toutes ces exigences sont aussi nôtres.

Il ne va pas être aussi facile de nous arracher nos rêves et de conditionner notre solidarité. Celle-ci est et doit être immense. Elle est aujourd’hui le refuge des résistances, où qu’elles se trouvent, et grâce à qui s’ouvre le chemin du monde que nous voulons.

D’ici nous envoyons un salut solidaire aux compas zapatistes, à l’Autre Campagne, et à tous, hommes, femmes, enfants, anciens, organisations, communautés ou groupes de migrants, qui, en bas à gauche, nous démontrent que face à la guerre la construction d’un autre monde est possible ; nous envoyons un salut aux compagnons en résistance du peuple Yaqui, aux prisonnières et prisonniers de la lutte sociale, et nous envoyons aussi un salut solidaire aux familles des disparus et assassinés qui ont décidé de sortir dans les rues pour une tournée qui aujourd’hui se dirige vers le sud du pays, pour écouter la douleur qui les unit et partager sa rage et ses espoirs.

Vous n’êtes pas seuls !
Arrêt de la guerre contre le peuple du Mexique !
Arrêt de la guerre contre les communautés zapatistes !
Arrêt des expulsions et de la répression contre le peuple Yaqui !
Une attaque contre un seul est une attaque contre tous !
Liberté pour les prisonnières et prisonnier !

En solidarité,
CSPCL - Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte
Les trois passants
CSIA - Comité de solidarité avec les Indiens des Amériques
Secrétariat international de la CNT-f
Fédération Sud Éducation
Union syndicale Solidaires

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