Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Accueil > Résistances > DÉCLARATION DU CNI RÉGION CENTRE PACIFIQUE

DÉCLARATION DU CNI RÉGION CENTRE PACIFIQUE

jeudi 27 octobre 2011

DÉCLARATION DU CNI RÉGION CENTRE PACIFIQUE

Aux peuples, communautés, tribus et quartiers indigènes du Mexique,
Aux peuples et communautés indigènes de l’État du Guerrero,
À la société civile nationale et internationale,
Aux compañeros de La Otra Campaña nationale et internationale,

Nous portons à votre connaissance que les délégués qui font partie du
Congrès national indigène (CNI) et qui assistent à la célébration de la
XXXe réunion du Congrès national indigène, région Centre Pacifique,
convoquée sur la base des accords de Nurío par la Coordination régionale
des autorités communautaires - Police communautaire (CRAC-PC) dans le
cadre de son XVIe anniversaire dans la communauté Paraje Montero (commune
de Malinaltepec, Guerrero) les 14 et 15 de ce mois, ont décidé de reporter
la XXXe réunion du CNI Centre Pacifique pour les raisons suivantes :

1. La présence et l’ingérence de fonctionnaires du gouvernement de l’État
du Guerrero sur les lieux de l’acte inaugural, puisque avant son début
s’est présenté le secrétaire à la Sécurité publique de l’État du Guerrero,
Ramón Almonte Borja.

2. Dans toutes les réunions, assemblées et sessions du Congrès national
indigène, nous exerçons notre droit à la libre détermination et à
l’autonomie, en évitant au maximum la présence de représentants des
mauvais gouvernements, des partis politiques et des groupes religieux.

3. Nous réaffirmons les sept principes directeurs du CNI, les Accords de
San Andrés et la Sixième Déclaration de la forêt Lacandone, où l’autonomie
et la libre détermination servent de guide pour transformer ce système
capitaliste d’oppression, d’exploitation et de racisme.

4. Nous reconnaissons et apprécions à sa juste valeur l’effort
organisationnel des communautés et organisations qui sont parvenues à
mettre sur pied et renforcer la Police communautaire (PC) et la
Coordination régionale des autorités communautaires (CRAC).

5. Nous saluons les seize ans de lutte et de résistance de la CRAC-PC, et
nous sommes sûrs qu’elle continuera à renforcer son organisation autonome
et indépendante pour en finir avec l’inégalité, la violence et la
discrimination envers les peuples qui la composent. De même, nous
remercions pour son hospitalité et son grand cœur la communauté Paraje
Montero du peuple me’phaa qui nous reçoit sur son territoire.

6. Nous alertons nos peuples, communautés, tribus, quartiers,
organisations, et la société civile : il faut être attentifs aux
différentes manœuvres que les gouvernements, partis politiques et chefs
d’entreprise réalisent pour réprimer, dépouiller et s’approprier les
ressources et territoires de nos peuples indigènes du Guerrero et du
Mexique.

7. Nous ratifions l’accord établi à Nurío le 6 mars de cette année, et
avalisé par les représentants agraires et les autorités du peuple ikoots
de San Mateo del Mar, avec qui nous appelons à la réalisation de l’Atelier
national de dialogue et de réflexion sur les impacts des sociétés
transnationales dans les régions indigènes du Mexique, qui doit se tenir
dans la communauté de San Mateo del Mar (isthme de Tehuantepec, État
d’Oaxaca) les 26 et 27 novembre de l’année en cours.

8. Nous exprimons notre solidarité inconditionnelle avec le peuple nahua
d’Ostula, nous exigeons le respect de sa garde communale. Nous exigeons
aussi la présentation en vie des comuneros Francisco de Asís Manuel
Bautista, président du commissariat aux biens communaux, de Javier
Martínez Robles, Gerardo Vera Orcino et Enrique Domínguez Macías, ainsi
que l’élucidation de l’assassinat des comuneros Pedro Leyva Domínguez et
Diego Ramírez Domínguez. Nous exigeons également une solution juridique
immédiate au problème territorial du lieudit Xayakalan qui garantisse de
façon définitive la tenure des terres en faveur d’Ostula. Que soit annulé
le projet de construction de la route de Coahuayana à Lázaro Cárdenas ;
reconnaissance et respect de la police communautaire du territoire nahua
de la côte du Michoacán ; respect de la décision qu’a prise l’assemblée
générale des comuneros de Santa María Ostula le 20 juillet 2011, dans le
sens de la non-participation aux opérations électorales de l’État du
Michoacán du 13 novembre 2011.

9. Avec les frères et sœurs purhépechas de Cherán nous exigeons le respect
de leur exercice du droit à l’autonomie et à la libre détermination ; de
leurs façons propres de rendre la justice et de garantir la sécurité
communautaire ; halte à la déprédation de leurs forêts communales par les
bûcherons clandestins ; respect du processus de reconstitution de leur
territoire, de leur peuple et de leur culture.

10. Le peuple nahua de Milpa Alta exige le respect de la décision des
villages communautaires de Milpa Alta qui s’opposent au mégaprojet routier
dénommé Arco Sur ; celui-ci les dépouillerait de leur territoire et
dévasterait de larges zones forestières et des nappes phréatiques,
affectant ainsi la fourniture en eau de la ville de Mexico ainsi que la
paix et le tissu social de la communauté.

11. Le peuple wixárika exige l’annulation des projets miniers sur le
territoire sacré de Wirikuta, tant ceux qui frappent le lieu sacré du
Cerro Quemado à Real del Catorce que ceux qui affectent le désert de
Wixikuta dans l’ejido Las Margaritas (État de San Luis Potosí).

12. La tribu yaqui exige l’annulation de l’aqueduc Independencia, et que
soit mis un frein à la spoliation de l’eau qui frappe son territoire
ancestral.

13. La communauté nahua de Tuxpan dénonce l’invasion de son territoire par
des entreprises transnationales qui installent des serres du groupe
fructicole appelé El Nevado ; de même elle exige que soit freinée la
culture d’avocats. Nous exigeons également que l’entreprise Sunbelle
Premium Trusted se retire du village d’El Taracón, de même que
l’entreprise Green House installée à Nuevo Poblado, puisque ces
entreprises tirent des sels sur les nuages pour les disperser et qu’il ne
pleut pas, ce qui affecte les sols, les pluies, et par conséquent les
cultures et les milpas.

14. La communauté du peuple coca de Mezcala de la Asunción (État de
Jalisco) exige la restitution de son territoire, l’annulation des
multiples mandats d’arrêt contre dix de ses comuneros et la fin de la
répression contre la comunera Rocío Moreno. Nous exigeons des autorités
concernées la conclusion du jugement agraire qui se tient depuis dix ans,
qu’on arrête l’envahisseur Guillermo Moreno Ibarra et que soit rendue la
sentence.

15. La communauté ñomndaa de Xochistlahuaca (Guerrero) exige le respect de
la radio ñomndaa de Xochistlahuaca ; nous dénonçons le harcèlement par les
militaires et les caciques, ainsi que la persécution judiciaire, et nous
exigeons l’annulation des mandats d’arrêt contre cinq compañeros de
l’ejido qui ont assumé les tâches de représentation agraire et
traditionnelle de la communauté Roberto Martínez de Jesús : Eloy Flores
Valtierra, Atilano López Díaz, Rodrigo Morales Valtierra et Epifanio
Merino Guerrero.

16. Nous exigeons l’arrêt du harcèlement contre les conseils de bon
gouvernement des communautés zapatistes, en particulier celle de San
Patricio, commune autonome La Dignité, du Caracol V Roberto Barrios, de la
part des groupes paramilitaires du Chiapas. Nous exigeons la libération du
professeur Alberto Patishtán et de tous et toutes les prisonnier-e-s
politiques en grève de la fin ou en jeûne au Chiapas.

Bien à vous
« Plus jamais un Mexique sans nous »
Congrès national indigène
15 octobre 2011, en la communauté me’phaa de Paraje Montero, commune de
Malinaltepec, État du Guerrero.

Peuple nahua de Tuxpan (Jalisco) et Milpa Alta (District fédéral)
Peuple coca de Mezcala de la Asunción (Jalisco)
Peuple ñahñu d’Atlapulco (État de Mexico)
Peuple ikoots de San Mateo del Mar (État d’Oaxaca)
Peuple binnizá d’Unión Hidalgo (Oaxaca)
Peuple triqui de San Juan Copala (Oaxaca)
Peuple nancue ñomndaa de Xochistlahuaca (Guerrero)
Peuple purhépecha de Nurío et Uruapan (Michoacán)
Peuple ñu savi du Guerrero

Organisations accompagnantes :

Unité de soutien aux communautés indigènes, Université de Guadalajara
Assistance agraire

Fait à Paraje Montero, commune de Malinaltepec (Guerrero), le 15 octobre
2011.

Traduit par el Viejo.