Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

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Répression à San Miguel Chimalapa

vendredi 25 novembre 2011

ACTION URGENTE : RÉPRESSION À SAN MIGUEL CHIMALAPA (OAXACA).
SEPT PERSONNES ARRÊTÉES ET QUATRE BLESSÉES.

LES FAITS

Aujourd’hui mercredi 9 novembre 2011, à 10 h 30 du matin, ont été réprimés
les habitants de la commune de San Miguel Chimalapa (Oaxaca) par des
policiers de l’État d’Oaxaca.

Le bilan pour l’instant est de sept arrestations et quatre blessés, tous
habitants et comuneros de la commune de San Miguel Chimalapa (Oaxaca). La
répression policière s’est déroulée au chef-lieu municipal de San Miguel
Chimalapa, avec un bilan de sept comuneros arrêtés dont les noms suivent :
Angélico Solano Jiménez, Bernabé Solano Jiménez, Florido Antonio Cruz,
Amado Miguel Gutiérrez, Gustavo Guzmán, Crispín Sánchez Jiménez et R.
Sánchez Gutiérrez. Les personnes suivantes sont signalées blessées par la
répression policière : Amable Toledo Domínguez, Marquito Cortes Sánchez,
Pasco Angélico Gonzales Solano, Jesica Sánchez López. Les comuneros
arrêtés ont été transférés par la police de l’État d’Oaxaca vers une
destination inconnue, tandis que les blessés sont restés dans le village
de San Miguel Chimalapa.

Les comuneros et les autorités de San Miguel Chimalapa font porter la
responsabilité de cette répression au gouverneur de l’État d’Oaxaca,
Gabino Cué Monteagudo, et en tant qu’opérateurs directs de la répression
au procureur de justice de l’État d’Oaxaca, Javier Jiménez Herrera, et au
sous-procureur de justice dans l’isthme de Tehuantepec, José Matus Cruz.

LE CONTEXTE

La commune de San Miguel Chimalapa (Oaxaca) est située dans la zone
orientale de l’État, aux limites de l’État du Chiapas. Bien qu’il dispose
de documents qui prouvent légalement la possession des terres qu’il occupe
[depuis... 1687 ! NdT], ce village a été l’objet de continuelles tentatives
de spoliation de ses territoires. Des exploitants forestiers et des
éleveurs de l’État voisin du Chiapas envahissent et dépouillent son
territoire de toutes les façons légales et illégales possibles. Le fait
que l’État mexicain lui-même ait provoqué l’invasion des terres légalement
en la possession de San Miguel Chimalapa est particulièrement grave ; il
l’a fait par l’octroi à des ejidos de l’État voisin du Chiapas de décrets
présidentiels de possession sur les territoires communaux de San Miguel
Chimalapa, alors que la commune disposait de décrets présidentiels
antérieurs. Cette situation démontre que c’est l’État mexicain lui-même
qui a provoqué les invasions du territoire de San Miguel Chimalapa et
violé la souveraineté et l’intégrité territoriale de l’État d’Oaxaca, cela
s’ajoutant à la violence qui peut être suscitée dans la région.

Bien que San Miguel Chimalapa ait démontré la non-validité des décrets
présidentiels qui portent atteinte à son intégrité territoriale, bien que
légalement il ait raison, le gouvernement fédéral du Mexique et ceux des
États du Chiapas et d’Oaxaca insistent pour obliger San Miguel Chimalapa à
vendre ses terres pour permettre aux communautés d’envahisseurs
chiapanèques d’y rester. C’est une violation flagrante de l’état de droit
et de la constitutionnalité que commet l’État mexicain lui-même contre les
communautés indigènes et les communes libres. En plus, l’État mexicain, à
travers son secrétariat à l’Environnement et aux ressources naturelles
(Semarnat), avive le conflit et donne son aval à la spoliation, car il a
concédé des permis d’exploitation forestière aux ejidos chiapanèques
établis sur le territoire oaxaquègne de San Miguel Chimalapa, ce qui porte
atteinte à l’état de droit et provoque la violence dans la région.

Malgré les violations continuelles à leurs droits et à leur territoire,
les comuneros de San Miguel Chimalapa ont proposé à de multiples occasions
la solution pacifique du conflit avec les ejidatarios chiapanèques en leur
offrant de rester sur leur territoire à condition d’accepter de faire
partie des biens communaux de San Miguel Chimalapa, comme il apparaît sur
les minutes des accords de solution définitive de Chimalapas du 20
décembre 1993 et du 25 juillet 1995, signés par le gouvernement de l’État
d’Oaxaca et les communautés. Cependant, cette solution pacifique, que de
nombreuses organisations et même des fonctionnaires gouvernementaux
considèrent comme la meilleure, est continuellement en butte aux obstacles
que constituent les intérêts économiques de chefs d’entreprise,
d’éleveurs, de caciques et d’exploitants forestiers qui prétendent
s’emparer des richesses de cette région stratégique et riche en
biodiversité et en ressources naturelles.

Pour ces raisons, les premiers jours de novembre, l’assemblée
communautaire de San Miguel Chimalapa a décidé d’établir un blocage des
chemins d’entrée et de sortie de l’ejido envahisseur chiapanèque Gustavo
Díaz Ordaz, établi sur 5 000 hectares du territoire communal de San Miguel
Chimalapa, pour faire pression sur le gouvernement fédéral et ceux
d’Oaxaca et du Chiapas en faveur de l’application des accords de solution
définitive du conflit.

Bien qu’aient été établies des tables de dialogue dans la ville de Mexico
entre le gouvernement fédéral et ceux d’Oaxaca et du Chiapas, c’est à ce
moment qu’a lieu cette répression contre les indigènes zoques de la
commune de San Miguel Chimalapa qui défendent légalement et légitimement
leurs territoires.

NOUS EXIGEONS :

1. LA PRÉSENTATION IMMÉDIATE ET EN LIBERTÉ DES CITOYENS ET COMUNEROS DE
SAN MIGUEL CHIMALAPA : Angélico Solano Jiménez, Bernabé Solano Jiménez,
Florido Antonio Cruz, Amado Miguel Gutiérrez, Gustavo Guzmán, Crispín
Sánchez Jiménez et R. Sánchez Gutiérrez. Les personnes suivantes sont
signalées blessées par la répression policière : Amable Toledo Domínguez,
Marquito Cortes Sánchez, Pasco Angélico Gonzales Solano, Jesica Sánchez
López.

2. Également que le gouvernement fédéral laisse de côté "son absurde
prétention" que l’assemblée de San Miguel Chimalapa accepte de vendre ses
terres et de démembrer son territoire ancestral, et qu’au contraire il
reprenne, respecte et fasse valoir les accords de solution agraire
définitive pour les Chimalapas, établis dans les minutes des accords du 20
décembre 1993 et du 25 juillet 1995, où est assumée et signée l’offre des
communautés chimalapas d’accepter comme comuneros les membres des noyaux
agraires d’origine chiapanèque.

NOUS RENDONS RESPONSABLES :

1. Gabino Cué Monteagudo, gouverneur de l’État d’Oaxaca, pour avoir
ordonné la répression qu’aujourd’hui subissent les comuneros de San Miguel
Chimalapa (Oaxaca).

2. Le procureur de Justice de l’État d’Oaxaca, Javier Jiménez Herrera, et
le sous-procureur de justice dans l’isthme de Tehuantepec, José Matus
Cruz, pour être les chefs directs qui ont ordonné l’arrestation des sept
comuneros de San Miguel Chimalapa.

Voix oaxaquègnes construisant l’autonomie et la liberté (VOCAL)
Oaxaca de Juárez (Oaxaca), le 9 novembre 2011.

Demain 10 novembre 2011 : réunion d’information à 18 heures face au Palais
du gouvernement sur la Grand-Place.

[Note du traducteur : ce texte ne dit pas un mot sur les raisons précises
de l’intervention policière ; il s’agissait de "libérer" un chef de file
des éleveurs chiapanèques, "retenu" par les Chimalapas pour obliger à
ouvrir des négociations. À la lointaine époque où il était étudiant, le
futur traducteur a participé pour la même raison à la "rétention" d’un
recteur d’académie, et ne considère donc pas cette méthode comme choquante
dans certaines circonstances. En revanche, il lui semble toujours
contre-productif de ne pas dire TOUTE la vérité...]

Traduit par el Viejo.