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Prisonniers politiques

Chiapas : La grève de la faim s’achève, la lutte continue !

vendredi 25 novembre 2011

Chiapas : La grève de la faim s’achève, la lutte continue !

Le 29 septembre, treize prisonnières et prisonniers du Chiapas au sud-est du Mexique dans trois prisons différentes, appartenant aux organisations « La Voz del Amate », « Solidarios de la Voz del Amate », « Voces innocentes » et à la Communauté de Mitziton, tous et toutes adhérents à l’Autre Campagne, se déclarent soit en jeûne de 12 heures par jour, soit en grève de la faim. Elles et ils exigent, toutes et tous, leurs libérations immédiates.

Qui sont-elles/ils ?

Leurs noms sont : Alberto Patishtán Gómez, Rosario Díaz Méndez, Pedro López Jiménez, Juan Collazo Jiménez, Alejandro Díaz Sántiz, Alfredo López Jiménez, Rosa López Días, Enrique Gómez Hernández, Andrés Núñez Hernández, José Díaz López, Juan Díaz López, Manuel Heredia Jiménez, Juan Jiménez Pérez.

Elles et ils sont toutes et tous indigènes. Elles et ils ont toutes et tous été condamnés à des peines allant de 14 à 60 ans de prison pour des délits fabriqués par les autorités. Elles et ils n’ont pas eu accès à un avocat ni à un traducteur. Elles et ils ont toutes et tous été torturés pour leur faire signer des aveux.

À quelles organisations appartiennent-elles/ils ?

- La Voz del Amate née dans la prison « El Amate » et qui a pour but de dénoncer les conditions carcérales et l’injustice dont font l’objet les détenu-e-s, ainsi que de faire sortir leur voix à l’extérieur. Cette organisation a déjà lancé en 2007 une grève de la faim de 40 jours qui a permis la libération de tous les participant-e-s (près de 50 prisonnier-e-s) sauf celle d’Alberto Pathistan, alors porte-parole du mouvement.

- Los Solidarios de la Voz del Amate qui est plus récente et qui est solidaire de La Voz del Amate. Elle est composée de prisonnier-e-s n’ayant pas participé auparavant à des mouvements ou des luttes.

- Voces innocentes qui est une organisation qui est née après la grève de la faim de 2007. Elle est composée d’ex-détenu-e-s et de leurs familles, pour dénoncer les conditions de détention et l’injustice. Un de ses membres a été réincarcéré sous de fausses accusations de meurtre, quelques mois après sa libération suite à la grève de 2007.

- La Communauté de Mitziton est une communauté indigène membre de l’Autre Campagne qui défend ses terres contre des projets touristiques qui veulent les expulser et dont deux personnes ont été incarcérées. La grève de la faim

Le 29 septembre les prisonnier-e-s annoncent le début de la grève de la faim. Les familles des prisonnier-e-s mettent en place un piquet de protestation permanent sur la place de la Cathédrale de San Cristobal, d’où elles organisent leurs manifestations et la diffusion de l’information et où des émissions radios sont diffusées en direct.

Le 13 octobre, les deux prisonniers de Mitziton, Manuel Heredia Jiménez et Juan Jiménez Pérez, sont libérés. Le gouvernement essaie de diviser les grévistes en diffusant de fausses informations dans la presse. Informations aussitôt démenties par un communiqué de la Communauté de Mitziton apportant sa solidarité aux grévistes et exigeant leurs libérations.

L’administration pénitentiaire (AP) augmente la pression en harcelant les grévistes dans les prisons. Les prisonnier-e-s sont photographiés, jusque dans leurs cellules. Un psychologue harcèle Rosa Lopez et menace de lui enlever son enfant de deux ans qui vit avec elle en prison. Juan Collazo est menacé d’être envoyé au mitard, s’il n’abandonne pas son jeûne, à quoi il répond en se mettant en grève de la faim. Les prisonnières et prisonniers ne cèdent pas aux intimidations et continuent.

Le 20 octobre, Alberto Pathistan Gomez, porte parole des prisonniers et qui était à l’origine de la grève de la faim de 2007, est transféré dans une prison de haute sécurité à plus de 2000Km du Chiapas, il y est enfermé en cellule 23 heures sur 24 et n’a droit qu’à une visite tous les trois mois par une personne de sa famille directe. Le premier contact direct avec lui n’a pu être effectué que le 8 novembre, où sa fille qui l’a visité a fait part de ses conditions de détention et a dénoncé le fait que l’AP lui ait retiré ses médicaments pour son glaucome.

Le 28 octobre, Natanael López López, le premier enfant de Rosa López Días et d’Alfredo López Jiménez agé de 4 ans, meurt car les hôpitaux du Chiapas ont refusé de s’en charger car les grands-parents, qui le gardaient, n’avaient pas de ressources. Natanael était né avec une paralysie cérébrale, suite aux tortures que sa mère Rosa enceinte de quatre mois avait subies lors de son arrestation. Les parents n’ont été avertis du décès que le 2 novembre, les empêchant ainsi d’assister aux funérailles. En réponse à cette injustice, Alfredo s’est déclaré, en plus de sa grève de la faim, en grève de la soif douze heures par jour.

Le 6 novembre vers 20 heures, les prisonnier-e-s arrêtent leur grève de la faim après 39 jours, car leur état de santé ne leur permet plus de continuer, d’autant plus que l’AP refuse depuis plusieurs jours l’accès aux prisons à l’équipe médicale.

La lutte continue !

La grève de la faim est désormais finie. Les autorités, qu’elles soient locales où fédérales, ont fait la sourde oreille durant toute cette grève, en espérant qu’elles et ils crèvent en silence. Mais comme le disent les prisonnier-es : « ...nous continuerons à lutter avec la vie, tant qu’il y a de la vie il y aura des possibilités de continuer la lutte pour la justice et le bien-être de tous, mais nous n’allons pas le faire comme le mauvais système le voudrait. ». Elles et ils ne crèveront pas ! Leurs voix ne seront pas tues ! Elles ont déjà dépassé les frontières du Mexique et sont portées par plusieurs collectifs au niveau international.

Elles et ils continuent leurs luttes depuis l’intérieur de la prison. Comme l’Autre Campagne le dit : « Si nos tocan a un@s, nos tocan a tod@s !  », « Un coup porté contre l’une ou l’un d’entre nous est un coup porté contre toutes et tous ! ». C’est pourquoi la lutte continue et continuera jusqu’à ce qu’elles et ils sortent toutes et tous, que se soit au Chiapas, dans le Guerrero, à Mexico ou à Oaxaca !

No estamos todxs, faltan los presxs !
Nous ne sommes pas toutes et tous là, il manque les prisonnières et les prisonniers !
Presxs Libertad ! Prisonnières et Prisonniers Liberté !

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