Comité de solidarité avec les peuples du Chiapas en lutte

Déclaration du CBG "Corazón Céntrico de los Zapatistas delante del Mundo"

Arrestation arbitraire d’un compa

Conseil de bon gouvernement d’Oventik

jeudi 22 mars 2012

Conseil de bon gouvernement « Cœur central des zapatistes face au monde ».

Snail Tzobombail Yu’un Lekil J’amteletik Ta O’lol Yo’on Zapatista Ta Stuk’il Sat Yelob Sjunul Balumil

16 mars 2012.

À L’OPINION PUBLIQUE

À LA PRESSE NATIONALE ET INTERNATIONALE

À LA SOCIÉTÉ CIVILE NATIONALE ET INTERNATIONALE

AUX ORGANISMES DE DROITS HUMAINS

AUX MÉDIAS ALTERNATIFS

AUX ADHÉRENTS ET ADHÉRENTES DE LA OTRA CAMPAÑA

AUX ADHÉRENTS ET ADHÉRENTES DE LA ZESTA INTERNATIONALE

FRÈRES ET SŒURS,

Le Conseil de bon gouvernement « Cœur central des zapatistes face au monde », dont le siège est à Oventik, caracol II « Résistance et rébellion pour l’humanité », zone Altos de Chiapas, Mexique, dénonce énergiquement les faits survenus au chef-lieu officiel de la commune de Tenejapa, commis par des policiers municipaux et des juges municipaux qui s’appellent Alonso Méndez Guzmán, juge titulaire, Juan Fernando Guzmán López, juge suppléant, Alonso López Hernández, second commandant de la police municipale, et 4 conseillers traditionnels de la commune de Tejenapa, suivis ensuite par les policiers et juges du Ministère public.

ÉNUMÉRATION DES ÉVÉNEMENTS :

Nous dénonçons l’arrestation arbitraire et injuste de notre compañero Francisco Sántiz López, base de soutien zapatiste, le 4 décembre 2011 vers midi. Il a été arrêté par des policiers municipaux à son étal de fruits et légumes au chef-lieu municipal de Tejenapa, faussement accusé de diriger une provocation dans laquelle a été tué M. Pedro Méndez López, membre du Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) de l’ejido [communauté, NdT] de Banavil. Notre compañero Francisco a été détenu environ deux heures au chef-lieu municipal, et ensuite il a été remis à la Police judiciaire à San Cristóbal de Las Casas.

À la police judiciaire, on ne lui a jamais fait savoir la raison de son arrestation. Comme toujours, on lui a montré un visage faussement aimable, en lui disant que « des gens de Banavil venaient pour faire pression », et qu’à cause de cela « nous allons t’enfermer un moment, et ensuite nous te relâcherons quand ceux de Banavil seront repartis ».

Vers 17 heures, les gens du PRI de Mercedes, Santa Rosa et Banavil sont arrivés au Ministère public pour faire pression afin d’emprisonner définitivement Francisco Sántiz López, et ils sont restés 72 heures pour réaliser le caprice des caciques, et aussi du Ministère public, d’emprisonner injustement une personne innocente comme notre compañero. Le Ministère public a dit sans vergogne à Francisco « nous allons t’enfermer un moment pour te protéger de toute agression des priistes de Banavil, Ejido Merced et Santa Rosa », c’est ainsi qu’ils ont enfermé notre compañero, et que jusqu’à présent ils le maintiennent emprisonné. Ils lui ont depuis fabriqué des délits pénaux, dans son dossier pénal n° 177/2011. D’après ce dossier, Francisco Sántiz López se trouvait dans le corridor de la maison d’Antonio López Girón (troisième du nom) en compagnie de Lorenzo López Girón, Pedro López Girón et Alonso López Luna, et chacun d’eux portait une arme à feu.

Environ à 7 heures 55, d’après Mme Lucía López Ramírez, elle se dirigeait en compagnie de son époux Pedro Méndez López (occis) vers l’école primaire. Selon Lucía, elle a vu que se trouvait là Francisco Sántiz López, et qu’il n’avait pas d’arme, mais que c’était lui qui disait « le voilà, tire-lui dessus ». D’après Mme Lucía, elle a vu Antonio López Girón III lever son arme et viser Pedro Méndez López, celui-ci est tombé par terre, elle a étreint son mari et n’a pas su ce qui s’est passé ensuite, mais elle a entendu plusieurs coups de feu. Un moment après, environ une dizaine de personnes est arrivée sur les lieux ; elles ont été attaquées à coups de feu et certaines ont été blessées. Plus tard est arrivée Ofelia López Girón, la nièce de Lucía, et elle s’est fait aussi tirer dessus au bras gauche. Toutes ces déclarations de Mme Lucía sont fausses. Parce qu’en réalité, ce sont les gens de Banavil, armés de bâtons, de machettes et d’armes à feu qui sont venus attaquer Alonso, Antonio, Lorenzo et Pedro López Girón chez eux.

1) Francisco Sántiz López est base de soutien de l’EZLN, mais les autres personnes mentionnées comme Lorenzo López Girón, Antonio López Girón, etc., ne sont pas zapatistes et d’appartiennent à aucun parti politique.

2) C’est un mensonge que Francisco Sántiz López se soit trouvé dans le corridor de la maison d’Antonio López Girón III, et qu’il ait incité à tirer sur Pedro Méndez López (occis). Car au moment des faits, Francisco était en train de s’occuper de son étal de fruits et légumes au chef-lieu municipal de Tenejapa. Alors que Francisco était en train de sortir de la marchandise de chez lui pour l’emporter à son étal, sont arrivées Petrona et Alicia, filles d’Alonso López Luna ; Anita saignait à cause des coups de bâton et elle a dit à Francisco qu’ils avaient tué leur papa ; ce sont elles qui ont assisté aux faits et qui ont fait une déclaration sur qui sont les agresseurs devant le Ministère public.

3) Francisco a d’autres témoins qui attestent qu’il n’était pas sur le lieu des faits, par exemple les personnes suivantes : Diego Girón Hernández, Rosa Pérez Luna, Daniel Pérez Sántiz et María Girón Jiménez ; ce sont les personnes qui l’ont vu et qui ont bavardé avec lui pendant qu’il travaillait à son étal au chef-lieu, et ces personnes ont fait leur déclaration au Ministère public au Cereso [centre de détention, NdT] n° 5, où elles disaient que Francisco et Lorenzo sont innocents et n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé à Banavil.

De plus, le Centre des droits humains Fray Bartolomé de Las Casas (Frayba) a rassemblé des informations à travers des témoins, des parents des prisonniers, et la déclaration des prisonniers eux-mêmes, qui montrent que notre compañero Francisco Sántiz López, base de soutien, et Lorenzo López Girón sont innocents. En tant qu’organisation de droits humains, il a fait savoir publiquement qui sont les agresseurs et il mentionne les noms dans un de ses communiqués. Mais les mauvais gouvernements de l’État et de la Fédération, les juges du Ministère public et les commissions de droits humains du mauvais gouvernement, inhumains, ont fait la sourde oreille, et on voit clairement leur complicité dans ces faits déplorables ; pour eux, la justice s’achète et se vend, car ils couvrent, protègent et défendent toujours les vrais coupables.

4) Le Ministère public n’a jamais demandé à Francisco Sántiz López de déclaration sur les faits survenus.

Cela démontre la fausseté des accusations contre notre compañero qui jusqu’à présent est toujours prisonnier injustement au Cereso n° 5 dans la commune de San Cristóbal, alors que les caciques de l’ejido Banavil et auteurs intellectuels sont Alonso López Ramírez, Diego Méndez López (premier du nom), Diego Guzmán Méndez, Agustín Méndez Luna, ex-président municipal, Manuel Méndez López, Diego Méndez López II, Alonso Guzmán López et Agustín Guzmán Lopez ; ejido Mercedes : Pablo López Intzin, Antonio López Méndez et Alonso López Méndez ; ejido Santa Rosa : Pedro Méndez López ; ces personnes que nous avons déjà mentionnées savent pertinemment que ce sont elles qui ont ourdi le plan et agi pour agresser et déloger MM. Alonso López Luna, Lorenzo López Girón, Pedro López Girón, et Antonio López Girón, qui auparavant déjà avaient été avec leurs familles l’objet de menaces de mort constantes.

Les caciques de ces trois communautés ont organisé la provocation. D’abord, ils ont envoyé les dames : Antonia Girón Gómez, Antonia López Pérez et Lucía López Ramírez ; toutes les trois sont de Banavil et ont été armées de bâtons et de pierres pour frapper M. Alonso López Luna et sa famille, qui n’appartiennent pas au Parti révolutionnaire institutionnel (PRI) ; derrière ces trois dames venait une cinquantaine d’hommes, armés de bâtons, de pierres et d’armes à feu ; quand ils sont arrivés, ils ont encerclé la maison et sorti Alonso pour le frapper (jusqu’à présent il est porté disparu). Lorenzo, en essayant de défendre son père Alonso, a reçu une première balle du côté droit du torse et ensuite un autre projectile à la hauteur de l’aine.

Dans cette attaque organisée par les caciques a été tué Pedro Méndez López (l’agresseur). Voyant que quelqu’un de chez eux était tombé, les caciques ont commencé à chercher qui accuser. Alors ils ont accusé notre compañero Francisco Sántiz López. Les caciques, eux, organisent des agressions de toute sorte, et pendant ce temps-là ils prennent du bon temps librement chez eux, alors que nos compañeros sont prisonniers injustement.

Toute cette fabrication de délits contre notre compañero montre bien que les différents niveaux de gouvernement et les juges du Ministère public ont l’habitude de fabriquer et encore fabriquer des délits et d’emprisonner injustement des personnes innocentes, comme ils sont en train de le faire avec nos compañeros et compañeras bases de soutien dans le but de détruire et d’arrêter de n’importe quelle façon notre lutte et l’avancée de la construction de notre autonomie.

Nous, Conseil de bon gouvernement, exigeons la liberté immédiate et inconditionnelle de notre compañero Francisco Sántiz López et de don Lorenzo López Girón, arrêtés le 4 décembre 2011 et qui, aujourd’hui 16 mars 2012, sont prisonniers injustement depuis 103 jours.

Pendant ce temps, tout ce que le Ministère public et les juges pénaux ont fait est ce qui suit :

1. Le 22 février 2012, ils ont sorti du Cereso n° 5 le compañero Francisco et Lorenzo enchaînés pour les mener devant le juge où on leur a dit qu’ils pouvaient sortir de prison s’ils payaient 32.000 pesos. Notre compañero Francisco et Lorenzo ont refusé de payer parce que leur arrestation et leur emprisonnement sont injustes. Comme ils ont refusé de payer les 32.000 pesos, on les a renvoyés en prison.

2. Le 24 février, on a sorti à nouveau notre compañero Francisco et Lorenzo menottés, et on leur a demandé encore une fois 32.000 pesos pour pouvoir sortir de prison ; le compañero Francisco a refusé à nouveau pour la même raison : son emprisonnement est injuste.

3. Le 7 mars, le frère de Lorenzo s’est rendu au Ministère public pour demander où en était l’affaire, et le juge lui a répondu que Francisco et Lorenzo peuvent sortir sous caution s’ils paient chacun 32.000 pesos pour l’homicide et 40.000 pesos pour le port d’arme, soit un total de 72.000 pesos chacun.

Nous, Conseil de bon gouvernement, considérons insupportables, inacceptables et inhumaines les attitudes des juges, du Ministère public et des mauvais gouvernements de l’État et de la Fédération, totalement corrompus, malhonnêtes et habitués à fabriquer des délits et à condamner à la prison injustement des personnes innocentes comme ils le font avec notre compañero Francisco Sántiz López.

C’est notre devoir et notre obligation de dénoncer devant l’opinion publique n’importe quel type d’injustice ou de violation des droits humains, ce que fait le Ministère public ; au lieu de rendre la justice ils commettent des injustices, comme le cas de notre compañero Francisco Sántiz López et de M. Lorenzo.

Bien que le Centre de droits humains Frayba soit intervenu plusieurs fois pour résoudre l’affaire, le Ministère public, les gouvernements de la commune, de l’État et de la Fédération ont fait la sourde oreille, ainsi qu’ils le font face aux violations des droits humains qui sont commises tous les jours dans nos communautés zapatistes et partout dans le pays.

Nous voulons dire clairement aux trois niveaux de mauvais gouvernements officiels et aux gens qu’ils paient, contrôlent et manipulent, de ne pas croire qu’ils vont arrêter par des provocations, des menaces, des agressions et des persécutions la lutte des peuples zapatistes, la lutte des peuples originaires de tout le Mexique pour la construction de notre autonomie et pour la libération nationale quel qu’en soit le prix et quoi qu’il arrive. Nous allons poursuivre notre combat, parce que la raison et la justice sont de notre côté.

C’est pourquoi le mauvais gouvernement, à travers beaucoup de propagande, essaie de cacher ses actions injustes. Par les médias, il veut faire croire qu’il est en faveur de la justice, de la démocratie, du respect et du développement, et que tout cela ce sont des faits et non des paroles. Mais en réalité, ce qu’on vit dans nos villages ce sont les agressions, les menaces, les expulsions, les emprisonnements injustes, la violation des droits humains et les persécutions contre nos peuples : cela, ce sont des FAITS et non des paroles.

Nous ne nous tairons pas devant toute menace ou agression contre nos compañeros, nous ne permettrons pas que les mauvais gouvernements, à travers des personnes affiliées à leurs divers partis, continuent à nous menacer et à nous soumettre à leurs caprices, nous, Conseil de bon gouvernement, nous continuerons à dénoncer toutes les provocations violentes contre nos compañeros et compañeras bases de soutien zapatistes. Et nous exigeons le respect.

S’il y a des moments où nous nous taisons, ce n’est pas parce que nous avons peur des provocateurs et de leurs trois niveaux de mauvais gouvernements, mais parce que ça nous désole qu’ils n’arrêtent pas de commettre tant d’injustices contre nos peuples, contre des personnes innocentes, et tant de violations des droits humains.

Ces attaques violentes et absurdes des mauvais gouvernements sont des attaques directes à l’autonomie des communautés et communes autonomes zapatistes, car l’objectif principal de ces actions est de nous détruire et nous empêcher d’exercer nos droits à l’autonomie et à la libre détermination en tant que peuples originaires. Par ces coups, ils essaient d’anéantir notre organisation et la dignité de nos peuples.

Avec ces lâches attaques, les traîtres et les vendeurs de patrie ne pourront pas nous arrêter. Nous continuerons à mener notre lutte pour la démocratie, la liberté et la justice pour tous.

Pour l’instant, c’est tout ce que nous avons à dire. Nous continuerons à dénoncer tout ce qui pourra se faire contre nos compañeros bases de soutien dans n’importe quelle communauté, région ou commune autonome.

Bien à vous.

LE CONSEIL DE BON GOUVERNEMENT « CŒUR CENTRAL DES ZAPATISTES FACE AU MONDE », ZONE ALTOS DE CHIAPAS

Maricela Hernández Núñez

Cecilia López Hernández

Adolfo Hernández Hernández

P.-S.

Traduit par El Viejo

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